mercredi 29 avril 2009

Féminisme et objection de croissance

Source : La Revue des Ressources.org issu de la revue Silence.

Le 29 avril 2009 par Marie-Pierre Najman

Un beau texte qui mêle plusieurs questions : politique, sociale, de genres, de couple, de parole et de pouvoir... à différents niveaux : quotidien et familial, moyen terme et local, long terme et global.

Comme souvent dans les réflexions autour de l'objection de croissance qui touchent "à l'os" de notre modèle social.

Inter-titres :
  • Autrefois le domestique était davantage public
  • Mais le rapport masculin-féminin a toujours été hiérarchisé
  • Aujourd’hui, le rôle civilisateur des activités domestiques est réduit au minimum nécessaire à l’économie
  • L’éducation et le partage intergénérationnel et interculturel sont entravés
  • Les tâches « féminines » sont prises d’assaut par la publicité
  • Capitalisme et démocratie sont antagoniques
  • Les femmes salariées ressentent plus que les hommes le besoin de « changer le travail »
  • Des pratiques domestiques de non-collaboration seront décisives
  • Vers une industrialisation limitée car démocratique
  • Pour se libérer de la peste publicitaire, les femmes ont besoin des femmes
  • Indispensable parité politique
  • L’égalité des genres : un atout et un objectif pour l’objection de croissance, et réciproquement
  • Refaire communauté, investir les communes
  • Petit panorama revendicatif
  • L’imagination au pouvoir : inventer pour diminuer partout la domination

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vendredi 17 avril 2009

Titanic ou métamorphose ?


Source : Un Séminaire francophone pour une "économie alternative au capitalisme"

Entretien de François Plassard en 12 questions. Par Patrick Jimena.

François Plassard,
Ingénieur en agriculture et docteur en économie (Paris I Sorbonne),
initiateur en tant que senior, chercheur de sens du deuxième peuple de France, de la démarche « jardins d'habitats bioclimatiques groupés sans voiture » ou « éco hameau », alternative aux lotissements dans le SO de la France.
Dans son passé citoyen co initiateur de l'université du « temps choisi » (chèque partage du travail), des jardins de cocagne et des Sel (systèmes d'échange locaux).


Face aux trois crises « sociales, écologiques, financières » : Titanic ou Métamorphose si... la société civile joue son rôle ?

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En vrac, propositions formulées et articulées :
  • re-hiérarchisation : biosphère > société > économie,
  • création d'une monnaie globale utilisée pour restaurer l'écosystème,
  • monnaies locales pour restaurer les échanges (de biens et de temps) et la souveraineté alimentaire,
  • changement de vision du crédit et de la dette,
  • relocalisation de l'économie,
  • circularité de la production,
  • sobriété,
  • valorisation de l'usage plutôt que de la propriété,
  • revenu d'existence,
  • définition de biens et services communs,
  • restauration des solidarités et du vivre ensemble,
  • développement d'outils, de temps, d'expériences de Citoyenneté (locale, régionale, globale).
  • évolution de nos valeurs, de nos bases de reconnaissance sociale (passer de "que fais-tu dans la vie ?" à "que fais-tu de ta vie ?").

Ce qui est frappant, c'est la convergence globale (aussi bien dans l'analyse que dans les propositions) avec :
  • les critiques de l'idéologie libérale, de la financiarisation et de la déconnexion entre économie et besoins (où le marché conduit à des crises surproduction / insolvabilité dans lesquelles "des marchandises sans acheteurs côtoient des hommes sans revenus pour acheter ces marchandises"),
  • les idées (d'une partie) des mouvements pour la décroissance,
  • l'analyse de Yoland Bresson (voir l'article sur le revenu d'existence) à propos de la fin d'une société basée sur l'emploi (au sens de l'échange contractualisé rémunération / travail) et l'arrivée d'une société du participat (avec déconnexion entre revenuS + droits sociaux et activitéS),
  • le MANIFESTE POUR LA MÉTAMORPHOSE DU MONDE par Edgar Morin, Pierre Gonod et Paskua (à lire ici),
  • le MANIFESTE POUR LES PRODUITS DE HAUTE NECESSITE des neufs intellectuels antillais (à lire ici),
  • les expérimentations en cours dans la société civile et l'économie sociale et solidaire (SEL, AMAP, coopératives d'achats, SOL, temps choisi...
  • le ressenti de milliers de personnes ("Les analyses sociologiques qualitatives menées en Amérique et en Europe, identifient environ 20% d'individus appartenant à divers horizons socioprofessionnels, très informés de la crise écologique, travaillant sur eux mêmes (rapport à soi et rapport à l'autre), inventant d'autres modes de vie et d'agir à plusieurs, prêts à « changer de vie, pour changer la vie »").

Outre son analyse, il donne 3 citations que je trouve savoureuses
:

Aristote (il y a 6 siècles !) :
Il y a 2 types d'activités humaines :
  • celles qui accroissent le bien-être de soi-même et de ses proches,
  • celles qui ont pour finalité le profit.
Lorsque le 2nd type de richesse l'emportera sur le premier, il n'y aura plus de limites à l'accaparement du pouvoir et de la richesse.

Ghandi :
"S’il y a assez de richesse sur la planète pour satisfaire les besoins de tous les hommes, il n’y en a pas assez pour satisfaire leur cupidité".


Et enfin, à l'autre bout de l'échelle des valeurs, mais néanmoins très franc et lucide,
Adam Smith :
"la richesse n'est pas ce qui assure notre bien-être matériel, une vie frugale y pourvoirait, c'est ce qui est désiré par celui dont nous cherchons le regard sur nous, notre spectateur".

Jacques Séguela doit l'avoir gravée sur la fesse, celle-là !

jeudi 16 avril 2009

Management, santé physique / psychique, performance

Source : Basta


Un texte long et très fouillé mais qui vaut son pesant de cacahuètes.

Auteur : François Daniellou, professeur d’ergonomie à l’Institut de Cognitique de l’Institut Polytechnique de Bordeaux.

Intro

"La crise, c’est aussi celle de l’organisation du travail qui prévaut depuis les années 70 et le déferlement de l’offensive libérale. Une organisation basée sur des ratios, des tableaux, des indicateurs tous plus fictifs les uns que les autres et un discours managérial lénifiant déconnecté de la réalité des ateliers, des bureaux, des universités ou des hôpitaux. François Daniellou, professeur en ergonomie (l’étude de la relation entre l’homme et ses moyens, méthodes et milieux de travail) propose de repenser totalement la notion de « performance » dans l’entreprise : une performance qui serait basée sur l’écoute, le dialogue et la capacité créative des travailleurs et des collectifs. Une remise en cause du sens même du travail alors que stress et souffrances psychiques s’accentuent."

Conclusion

Les questions de travail et de santé au travail ne sont pas un luxe qui devrait être laissé de côté par temps de crise. De la crise, toutes les entreprises ne se sortiront pas, de nombreux salariés ont déjà perdu ou perdront bientôt leur emploi. Certaines entreprises croient que le chemin de la survie passe par l’accentuation, supposée provisoire, de la prescription descendante, du contrôle et, dans certaines d’entre elles, du mépris. Nous pourrions être tentés de faire le gros dos et d’attendre que la crise passe. La crise industrielle est une crise de la perte de contact avec la réalité du travail et des objets du travail, une crise du tout top down, d’un fonctionnement où seules valent les informations descendantes, une crise du monde de cristal alimenté par des visions et des ratios déconnectés de la réalité, une crise des modes de gouvernance basés sur la toute-puissance du calcul anticipateur, le mépris de l’intelligence et de la capacité créative des travailleurs et des collectifs. (…)

Améliorer la performance, ce n’est pas augmenter les cadences, ni trouver une zone dans le monde où les salariés sont un moindre coût, améliorer la performance c’est plutôt prendre conscience du gigantesque bazar que sont la plupart des outils productifs, de la futilité des indicateurs de gestion, du temps de travail plus souvent consacré à rendre compte du fait que « tout va comme prévu, chef » qu’à s’affronter à la réalité qui résiste. Améliorer la performance suppose de prendre conscience du caractère artificiel des messages managériaux dominateurs et de la nécessité de les rendre humbles. Améliorer la performance, c’est d’abord s’approcher plus près de la réalisation quotidienne, en ouvrant les yeux et en tendant l’oreille. (…)"



Ce texte reprend des extraits de l’introduction de François Daniellou prononcée le 19 mars 2009 lors des 16e Journées de Bordeaux sur la Pratique de l’Ergonomie. Vous pouvez le lire dans son intégralité sur le site de la Société d’ergonomie de langue française.

mercredi 15 avril 2009

Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise


Source : J'ai dû louper un épisode...

Les interviews de Pascale Fourier : Samir Amin,
Economiste et président du Forum Mondial des Alternatives,
Interview du 9 Mars 2009
[...]
On comprend bien que les pouvoirs établis, les capitalistes et les gouvernements cherchent seulement à sortir de la crise du capitalisme, qu'ils appellent ça « refonder le capitalisme » ou autre chose ne change pas grand-chose à l'affaire.
Par contre, il serait déplorable que les victimes du capitalisme qui sont quand même un peu plus nombreux que les milliardaires qui en sont les bénéficiaires acceptent eux aussi, ou s'inscrivent dans une stratégie de sortie de la crise du capitalisme et non pas de sortie du capitalisme en crise.

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Appel de Grenoble : exigeons une autre politique

Crise écologique, crise financière, crise économique, crise sociale, crise politique, crise anthropologique... crise de civilisation.

Qu'on le veuille ou non, c'est un rapport de forceS.

Alors il faut choisir un côté de la corde et forcer.

APPEL DE GRENOBLE : CONSTRUISONS LA GRÈVE GÉNÉRALE RECONDUCTIBLE POUR EXIGER UNE AUTRE POLITIQUE :
  • INSTAURATION DE NOUVELLES RÈGLES DU JEU ÉCONOMIQUE, INTÉGRANT DES EXIGENCES SOCIALES ET ENVIRONNEMENTALES.
  • DEVELOPPEMENT DES SERVICES PUBLICS (ÉDUCATION, SANTÉ, RETRAITE, ÉNERGIE, TRANSPORTS, RECHERCHE, etc.).
  • REDISTRIBUTION ÉQUITABLE DES RICHESSES MATERIELLES ET NATURELLES.

Signez la pétition et faites circuler (ce n'est pas une chaîne du bonheur ni un méchant virus, mais ça peut plus probablement vous apporter du bon ou du moins bon) :

http://www.pour-construire-la-greve-generale-reconductible.org

Travail en cours : schéma d'explication

Appel à contributions :
En vue d'élaborer des documents pédagogiques (affiches, panneaux...) pour diverses manifestations, j'essaie de schématiser un certain nombre de points autour de la crise actuelle et des solutions de sortie que constituent la décroissance et consorts...

Des commentaires, des propositions ?
Merci à tous.





dimanche 12 avril 2009

Blague d'actualité


Deux économistes se rencontrent. L'un demande à l'autre : "tu comprends ce qui se passe ?"

Et l'autre de répondre : "Attends, je vais t'expliquer, alors..."

"Non, non, reprend le premier, expliquer ce n'est pas difficile, moi aussi je suis économiste.
Non, CE que je te demande c'est : est-ce que tu comprends ?"


Source : L'insurrection qui vient, Comité invisible, La fabrique éditions

vendredi 10 avril 2009

Alerte ! On peut voir et entendre des propos intéressants et développés à la télé

Je vais peut être racheter une télé... non je blague !

A voir : un échange savoureux entre Jacques Généreux, Hervé Kempf et Nicolas Ridoux sur les limites de la croissance et les alternatives. La journaliste est sidérée par l'évidence des propos qu'elle anime !
Souriez, c'est bien filmé.

jeudi 9 avril 2009

Tranche de vie autour de la simplicité volontaire

Source : Blog Les émois de Zelda

Un blog sensible et sincère, à suivre...

Elle parle de simplicité volontaire, de l'intérieur.

"A la fin de mes divagations, je me rends compte que ce que m’apporte la pratique de la SV a beaucoup à voir avec la liberté, celle de me déprendre des normes et des chemins tous tracés."

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mercredi 8 avril 2009

Tranche de vie pour montrer la différence entre développement durable (ou croissance verte) et décroissance


Source : Blog Six pieds sur Terre, Laure Noualhat

Ce weekend, l'amateur -averti ou non- d'écologie a pu apprécier trois types de discours environnementaux. Celui, éthique, scientifique et familial du festival Sciences Frontières, celui plus grenellisé de la consommation durable et du salon Planète durable, et pour finir, celui, diamétralement opposé de l'objection de croissance. Voyage au coeur du vortex environnemental actuel.
[...]

S'il s'agit de se contenter de repeindre en vert un système défaillant, où est l'intérêt? Où se trouve la "destinée commune" qu'appelle Edgar Morin? Consommer bio, vert, équitable, ..., ne nous conduira -semble-t-il- pas très loin. Se décoloniser, s'affranchir des chaînes de la consommation, du travail, ..., voilà une des idées les plus excitantes à explorer aujourd'hui. Cela suppose de faire appel à notre capacité de résilience, d'imagination et de création.

Ce weekend, j'ai eu l'impression d'être une enfant dont les parents divorçaient. Et d'avoir choisi mon camp. Tout en souhaitant continuer à apprendre de l'autre parent. Bref, d'être déchirée. Comme l'époque.

Le peuple est en train de divorcer de ses élites : même les sociologues des instituts de sondage le disent !

Source : Les Echos

[...]

Les réactions aux conséquences sociales de la crise changent progressivement de nature. On assiste en ce moment à une radicalisation sporadique de la révolte. S'ils n'approuvent pas les séquestrations de patrons, beaucoup de Français, y compris de droite, disent comprendre ces gestes désespérés. Certains voient dans cette violence une réponse à la « violence institutionnelle » que subissent chaque jour les salariés au travail : stress, cadences, écarts de rémunération, etc.

[...]

Nicolas Sarkozy a négligé le besoin de sens que la crise révèle, l'aspiration des citoyens à introduire de la mesure, de la sobriété et de la responsabilité dans les comportements. Pour les Français, nos récentes études le montrent, le développement durable forme un véritable programme de sortie de crise. Il faut donner du sens à la crise en conjuguant économie et écologie, en investissant dans le lien social, devenu une ressource rare à protéger autant que la planète. Cela dit, le PS n'a pas fait mieux, avec son contre-plan de relance, qui n'est, lui aussi, qu'une réponse quantitative et qui n'est pas davantage à la hauteur du changement de paradigme qu'appellent de leurs voeux les Français.

PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANE DUPONT, Les Echos

jeudi 2 avril 2009

Niveau et évolution du salaire des patrons

Source : Observatoire des inégalités

Les patrons les mieux rémunérés de France touchent entre trois siècles et 1 200 ans de SMIC… par an
[...]
Pour la moitié des salariés français qui touchent un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels, même si les inégalités sont largement acceptées, ces niveaux sont difficilement concevables. Ils sont hors normes : ils vont bien au-delà de ce qu’un individu peut dépenser au cours d’une vie pour sa satisfaction personnelle, même en accumulant les palaces, les yachts ou les grosses voitures. Ils garantissent surtout un niveau de vie hors du commun du reste de la société de génération en génération, et permettent de se lancer dans des stratégies d’investissement personnelles (entreprises, collections artistiques, fondations, etc.).

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Comment évoluent les salaires des patrons ?

Les salaires des dirigeants d’entreprise ont augmenté de 28 % entre 1998 et 2006, inflation prise en compte.

Ces données constituent des moyennes. Elles cachent d’énormes inégalités entre les patrons, selon les secteurs et la taille de l’entreprise. Les salaires des dirigeants de sociétés de plus de 250 salariés sont cinq fois plus élevés que ceux des entreprises de moins de 10 salariés.

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