samedi 23 mai 2009

Je déballe ma bibliothèque

Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres subversifs.
De ceux là, nous vient l’inspiration.
De ceux-là, nous apprenons à penser.
De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à croire.
De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le délier aussi.
A ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en vie.
Ces livres que nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme dans la forme – par le rapport qu’ils entretiennent à la langue, enracinée dans le vivant –, subversifs.

Ce texte, rédigé à la suite de la perquisition de la bibliothèque de Julien Coupat, a été envoyé à la presse, il est à l'initiative de la Maison des Ecrivains et de la Littérature (MEL). Ainsi, pour dénoncer le délit de lecture dont est accusé Julien Coupat, nous entendons ouvertement déballer nos bibliothèques, à l’instar de Walter Benjamin.

PETITION

Et + :

  • Voir ici le petit livre gris qui fait tant de bruit. A lire (ça décape).
  • Lire ici la pression HONTEUSE mise sur les personnes qui soutiennent Julien Coupat.

Le petit livre gris : l’Insurrection qui vient

Tout le monde en parle. Des gens se font arrêter par la police parce qu'ils l'ont lu (entre autres...).
Rien que pour ça, ça mérite de s'y pencher.

Ce livre est ouvertement insurrectionnel dans sa seconde partie et c'est pour cela qu"on en parle.

Je trouve le début beaucoup plus intéressant dans son analyse de la société.

Et en tant que professionnel de l'insertion, j'ai savouré ce chapitre intitulé "Troisième cercle
«La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi?»"

Extraits

"Là réside le paradoxe actuel : le travail a triomphé sans reste de toutes les autres façons d’exister, dans le temps même où les travailleurs sont devenus superflus."
[...]
"L’ensemble des tâches qui n’ont pu être déléguées à l’automation forment une nébuleuse de postes qui, pour n’être pas occupables par des machines, sont occupables par n’importe quels humains – manutentionnaires, magasiniers, travailleurs à la chaîne, saisonniers, etc. Cette main d’oeuvre flexible, indifférenciée, qui passe d’une tâche à une autre et ne reste jamais longtemps dans une entreprise, ne peut plus s’agréger en une force, n’étant jamais au centre du processus de production mais comme pulvérisée dans une multitude d’interstices, occupée à boucher les trous de ce qui n’a pas été mécanisé. L’intérimaire est la figure de cet ouvrier qui n’en est plus un, qui n’a plus de métier mais des compétences qu’il vend au fil de ses missions, et dont la disponibilité est encore un travail."
[...]
"La menace d’une démobilisation générale est le spectre qui hante le système de production présent. Il y a un risque sérieux que nous finissions par trouver un emploi à notre désoeuvrement."
[...]
" Le grouillement de tout ce petit monde qui attend avec impatience d’être sélectionné en s’entraînant à être naturel relève d’une tentative de sauvetage de l’ordre du travail par une éthique de la mobilisation.Être mobilisé, c’est se rapporter au travail non comme activité, mais comme possibilité. Si le chômeur qui s’enlève ses piercings, va chez le coiffeur et fait des projets» travaille bel et bien «à son employabilité», comme on dit, c’est qu’il témoigne par là de sa mobilisation. La mobilisation, c’est ce léger décollement par rapport à soi, ce minime arrachement à ce qui nous constitue, cette condition d’étrangeté à partir de quoi le Moi peut-être pris comme objet de travail, à partir de quoi il devient possible de se vendre soi et non sa force de travail, de se faire rémunérer non pour ce que l’on fait, mais pour ce que l’on est, pour notre exquise maîtrise des codes sociaux, nos talents relationnels, notre sourire ou notre façon de présenter. C’est la nouvelle norme de socialisation. La mobilisation opère la fusion des deux pôles contradictoires du travail : ici, on participe à son exploitation, et l’on exploite toute participation. On est à soi-même, idéalement, une petite entreprise, son propre patron et son propre produit. Il s’agit, que l’on travaille ou non, d’accumuler les contacts, les compétences, le « réseau », bref : le « capital humain». L’injonction planétaire à se mobiliser au moindre prétexte – le cancer, le «terrorisme», un tremblement de terre, des SDF – résume la détermination des puissances régnantes à maintenir le règne du travail par-delà sa disparition physique.

L’appareil de production présent est donc, d’un côté, cette gigantesque machine à mobiliser psychiquement et physiquement, à pomper l’énergie des humains devenus excédentaires, de l’autre il est cette machine à trier qui alloue la survie aux subjectivités conformes et laisse choir tous les «individus à risque», tous ceux qui incarnent un autre emploi de la vie et, par là, lui résistent. D’un côté, on fait vivre les spectres, de l’autre on laisse mourir les vivants. Telle est la fonction proprement politique de l’appareil de production présent.

S’organiser par-delà et contre le travail, déserter collectivement le régime de la mobilisation, manifester l’existence d’une vitalité et d’une discipline dans la démobilisation même est un crime qu’une civilisation aux abois n’est pas près de nous pardonner ; c’est en effet la seule façon de lui survivre."


En intégralité en PDF chez l'éditeur.
La fiche sur le site de l'éditeur : La Fabrique
Lire une analyse sur Article XI
Lire des morceaux choisis sur Libé.fr

jeudi 14 mai 2009

Initiatives autour  du développement local  durable et solidaire - Rencontres de printemps

A voir et à relayer pour les Midi-Pyrénéens.
L'importance méconnue de l'Economie Sociale et Solidaire (représentant 11 % des emplois en Midi Pyrénées), l'engouement pour le développement durable et l'attrait pour la démocratie locale constituent un terrain propice au développement d'expérimentations sociales et écologiques.
Cependant, pour passer de l'innovation à une diffusion plus généralisée, il apparaît primordial de valoriser ces expériences. C'est l'objectif de ces rencontres et de la publication qui en découlera.
  1. Monnaies complémentaires : le cas du SOL
    Mardi 19 mai à 20 h à la Maison de l'EnvironnementMidi Pyrénées (rue de Valenciennes à Toulouse)
    En partenariat avec l'association Sterne
  2. Comment développer la pratique du compostage dans nos communes ?
    Lundi 1 juin à 14 h 30 à la ferme de la Bouzigue (www.fermebouzigue.com) à Montaigut sur Save
  3. Quelles installations agricoles pour des territoires durables et solidaires ?
    Samedi 6 juin à 15 h à la Maison de la Terre (mdlt.over­blog.com) à Poucharramet
    en partenariat avec le FDCIVAM 31
  4. Les pratiques d'autonomisation dans les politiques d'insertion
    Mercredi 10 juin à 19 h à l'Espace Duranti (6 rue du Lieutenant Colonel Pelissier­ Toulouse)
Pour plus d'informations:
Bleue comme une orange: contact[a]beco.fr – 05 61 34 25 21

Signaux moins faibles et liberté d'opinion


Source : Blog J'ai dû louper un épisode

"Ce 28 avril, en début d'après-midi, Tessa Polak circule en voiture dans le 20e arrondissement à Paris avec Benjamin Rosoux, l'un des mis en examen de Tarnac, à ses côtés. "A l'angle de la rue des Pyrénées et de la rue du Jourdain, alors que je ralentissais, une nuée de types a surgi, dit-elle. Ma vitre était ouverte, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe tandis que deux autres me braquaient de face. J'ai cru à un car-jacking." Il s'agit en fait de policiers en civil. Eberluée, elle ne se souvient que de ces mots : "Terroriste ! Terroriste !""

Tessa Polak est membre active d'un comité de soutien aux neuf personnes mises en examen dans l'affaire des sabotages de voies SNCF, elle en connaît quelques-unes, en a croisé d'autres à Tarnac, en Corrèze.

Voir l'article du Monde.
Et sur MediaPart.
Pourquoi l'affaire Coupat nous concerne tous

Pétition en ligne pour l'inscription d'une Charte des Services Publics dans la Constitution

Madame, Monsieur,

Vous serez ce soir plus de 100 000 à avoir signé la pétition en ligne pour l'inscription d'une Charte des Services Publics dans la Constitution.

Je tenais à vous remercier pour cet acte citoyen, pour cet engagement en faveur de nos services publics. Ils sont aujourd'hui malmenés, mais à travers eux, vous l'avez bien compris, c'est la République elle-même qu'on attaque, dès lors que nos services publics sont les instruments de réalisation de ses valeurs : la Liberté, l'Egalité, et la Fraternité.

C'est pour cela qu'il nous faut désormais les inscrire dans le marbre de notre Constitution.

Les 100 000 signatures récoltées en trois semaines sont le signe d'une mobilisation extraordinaire; elle doit continuer, et même s'amplifier.

Continuez à diffuser cette idée, en invitant vos amis, vos proches, vos réseaux, à se rendre sur le site : www.referendum-servicespublics.fr

C'est par une large mobilisation que nous parviendrons à défendre et à protéger notre modèle social et républicain.

Très cordialement,

Michel VAUZELLE
Député des Bouches-du-Rhône
Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

mercredi 13 mai 2009

L'enjeu crucial des élections européennes, par Nicolas Hulot


Source : LeMonde.fr

A lire, Nicolas Hulot qui renie la croissance verte et fait un pas vers les décroissants !

"
[...]

Devant l'inattendu, il faut s'ouvrir à l'inédit et admettre que, en marge de nos modèles et de nos sphères classiques d'expression et de réflexion, il y a des esprits créatifs, inventifs auxquels nous devons nous ouvrir. Au moment où les adeptes de la décroissance voient leur argumentaire conforté par la réalité, y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite, comme l'est la récession actuelle, et la décroissance conduite, pour laquelle j'avoue pour l'heure ne pas voir comment spontanément et démocratiquement elle pourrait être mise en oeuvre ?

Peut-être la croissance sélective doublée d'une décroissance choisie est-elle l'ultime voie. Un nouveau chemin où l'on procède individuellement et collectivement à des renoncements et à des acquiescements. Un tri rigoureux pour nous mobiliser sur l'essentiel et passer du maximum à l'optimum.

Une sélection en fonction des critères environnementaux et énergétiques (le facteur de charge de la planète) croisés avec une vision renouvelée du progrès qui place le bien-être de tous les hommes comme critère premier. Un arbitrage humaniste qui peut redonner à la politique sa dimension complète et qui agrégera les énergies dispersées.

[...] "

dimanche 10 mai 2009

Signaux faibles, démocratie, liberté d'opinion

Rappelez-vous l'appel d'offre du Ministère de l'Education Nationale pour suivre les opinions des enseignants sur le Net.
Et bien sûr, ce n'est pas une question de personne, prise individuellement, c'est le système et ses rouages qui prennent forme...

Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8
souhaite diffuser largement ce message.
"Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l'Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l'Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j'ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l'origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j¹enseigne depuis 20 ans), dans l'espace du Jardin des Plantes (Muséum
National d'Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce «?cours hors les murs?», de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d'être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j'ai eu la surprise de me voir interpeller dés l'entrée franchie par le chef du service de sécurité, tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...

- « Monsieur Vadrot ?
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l'accès du Jardin des Plantes vous est interdit.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas à vous donner d'explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum.
- Il ne s'agit pas d'une manifestation, mais d'un cours en plein air, sans la moindre pancarte.
- C¹est non ! »

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l'entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l'entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l'histoire du Muséum, l'histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m'interdisent à nouveau l'entrée.

Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D'abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commence à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D'autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs, Alain Bué et Christian Weiss, insistent et menacent d'un scandale. Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeurdu Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j'ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique?:

" Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants "

Je promets et, évidemment, ne tiendrai pas cette promesse, tant le propos est absurde. J'entre donc avec l'horrible certitude que, d'ordre du directeur et probablement du ministère de l'Education Nationale, je viens de faire l'objet d'une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.

Je n'ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d'un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j'ai eu peur, très peur..."

jeudi 7 mai 2009

Appel pour le revenu de vie


Appel pour le revenu de vie

“Au delà des clivages sociaux, des corporations, des écoles de pensée,
nous, signataires du présent appel, voulons contribuer à provoquer dès
maintenant une transformation réaliste et constructive de la société:
celle du revenu de vie.

Qu’est-ce que le revenu de vie?

L’idée est soutenue de longue date par de nombreuses personnalités, de
tous horizons politiques, de toutes confessions et de toutes nationalités.
Elle est connue sous des appellations diverses: allocation universelle,
revenu d’existence, revenu citoyen, revenu universel, revenu social
garanti, etc.

Suite et Appel à signer ici : http://appelpourlerevenudevie.org/

Les initiateurs de l’appel pour le revenu de vie et ses signataires
forment un collectif de citoyens indépendants de tous les partis
politiques ou groupes d’opinion.

Ce collectif n’a pas d’autre objet que de soutenir cet appel et
d’amplifier les voix de tous ceux, experts, militants isolés ou membres
d’associations ou de partis, qui oeuvrent de longue date, en France ou
dans le monde , pour l’instauration d’une forme ou une autre de revenu de
vie.

Le texte de l’appel a été rédigé en français de manière collective sur le
site co-ment en tentant d’intégrer toutes les contributions de ces
personnes. Il est publié sous couvert de la Licence Art Libre. Avec cette
licence, l’autorisation est donnée de copier, de diffuser et de
transformer librement le texte dans le respect des droits des auteurs (le
collectif des citoyens pour le revenu de vie).

Le collectif des citoyens pour le revenu de vie n’a pas de représentant
particulier. Chaque signataire de l’appel est fondé à en être le porte
parole.

Merci de signer cet appel et de le diffuser à vos connaissances par mail
et/ou sur vos sites web, blogs, forums, etc …

Objection de croissance et politique


2 interviews à lire sur le sujet.

  • Vincent Liegey porte-parole du PPLD, interviewé par Sabrina Rodrigues & Phillipe Dupuis de Alternative fm le 2 avril 2009 à propos du projet politique de Décroissance.
    Source : Parti pour la Décroissance
  • Interview de Paul Ariès, politologue et écrivain, directeur de la publication Le Sarkophage. Elle est parue samedi 2 mai dans le journal, à l'occasion du Contre-Grenelle de l'environnement, organisé à Lyon.
    Source : blog Six pieds sur Terre