jeudi 15 octobre 2020

Idée lecture : Utopies réelles

 

 Source : https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Utopies_reelles-9782348065484.html

Utopies réelles

Erik Olin WRIGHT

Pourquoi et comment sortir du capitalisme ? Quelles sont les alternatives d’ores et déjà présentes ? Peut-on, doit-on réinventer les socialismes par des réalisations concrètes ? Avec quels outils, quelles formes d’action, quelles institutions ? Telles sont les vastes questions, solidaires les unes des autres, auxquelles répond ce livre original et magistral, synthèse d’une enquête internationale et collective de plusieurs années sur les théories les plus actuelles de l’émancipation ainsi que sur de nombreux projets vivants de transformation radicale, ou plus graduelle, déjà observables dans les domaines social, économique et politique.


Grâce à un regard rigoureux et acéré, appelé à fonder un nouveau programme de recherche sur les expérimentations postcapitalistes contemporaines, se détachent une conception neuve du progrès et de ses instruments potentiels ainsi qu’une vision scientifique des modalités de dépassement du capitalisme. Les utopies réelles ne sont ni pour les idéalistes ni pour les réalistes. Ce sont les expériences vécues, les projections audacieuses qui créent dès maintenant les conditions et les formes d’un avenir meilleur, d’un autre futur possible.


Traité savant, arme au service d’un renouveau nécessaire de l’imagination politique, Utopies réelles figure déjà parmi les classiques de la pensée sociale du XXIe siècle.

vendredi 11 septembre 2020

Ennemi public n°1 : l'idéologie néolibérale

 

 Source : http://www.sans-transition-magazine.info/societe/alain-caille-le-convivialisme-sopposer-sans-se-massacrer

Le néo-libéralisme est l’ennemi déclaré.
Nous en proposons une caractérisation assez précise au début du manifeste qui repose sur six allégations :

  1. la société n’existe pas, seuls existent des individus ; 
  2. la soif du profit est une bonne chose ; 
  3. plus les riches seront riches et mieux ce sera ; 
  4. le seul mode de coordination efficace et légitime entre les humains est le marché financier ; 
  5. il n’y a pas de limite (toujours plus veut dire toujours mieux) ; 
  6. il n’y a pas d’alternative. 

Il s’agit des propositions de Margaret Thatcher. Aucune ne tient debout ni théoriquement ni empiriquement, et pourtant cela forme l’ensemble du discours qui domine le monde depuis plus de trente ans et auquel on ne sait pas s’opposer. 

 




dimanche 6 septembre 2020

Idée lecture : Entropia, Samuel Alexander

 Source : Causette

Editeur : https://libre-solidaire.fr/Entropia


Dans les années 2030, la civilisation industrielle s’effondre ; une communauté insulaire du Pacifique Sud se retrouve alors définitivement isolée du reste du monde. Sans autre choix que de construire une économie autarcique avec des sources d’énergie très limitées, cette communauté se lance dans la création d’un mode de vie plus simple qui pourra s’épanouir jusque dans un lointain avenir. Avant tout déterminés à transcender les valeurs matérialistes de l’Ancien Monde, ses membres s’engagent à mener une existence de simplicité matérielle, convaincus que c’est la voie la plus sûre vers la véritable liberté, la paix et la prospérité durable. Soixante-dix ans plus tard, en l’an 2099, un habitant de l’île décrira les résultats de cette remarquable expérience de vie qu’est Entropia, avec son économie « désindustrielle », ses institutions politiques aux antipodes de la démocratie représentative, l’omniprésence de l’art dans cette société de la simplicité.

L'auteur

Samuel Alexander est enseignant et chercheur à l’université de Melbourne où il donne des cours sur les problèmes environnementaux. Il est codirecteur du Simplicity Institute et intervient au Melbourne Sustainable Society Institute. Il est spécialisé dans l’économie de la décroissance, la consommation durable, les implications sociales dues aux changements climatiques et au pic pétrolier et les stratégies de transition. Il a écrit de nombreux ouvrages et articles en anglais sur ces différents sujets.

Critiques de l’édition originale en anglais…

« Entropia est un travail magistral de l’imagination qui prévoit un monde au-delà de la croissance et du consumérisme. Ceci n’est pas un rêve d’évasion, mais plutôt un rappel pratique et inspirant de ce que nous les humains sommes capables de faire, un appel à l’action. C’est un manifeste littéraire qui inspirera, défiera et donnera l’espoir. »
 
Paul Gilding, The Great Disruption
 
« En se tournant vers le futur, ce livre visionnaire décrit l’apparition d’une culture et d’une
économie basées sur la suffisance matérielle. De cette manière il nous donne l’une des descriptions les plus poussées de la vie écoresponsable. Débordant de perspicacité, admirablement bien écrit, Entropia dévoile les enjeux radicaux qu’entraîne l’abandon des énergies fossiles. Ce livre s’impose comme la véritable définition du mot “durable”. »
 
Richard Heinberg, The End of Growth
 
« D’ordinaire les romans utopiques décrivent un monde d’abondance matérielle, dans lequel la technologie a réduit le travail à un minimum et où tout le monde est riche. Samuel Alexander, dans la lignée d’Henry Thoreau et de William Morris, au contraire a écrit “une utopie de suffisance”, dans laquelle une communauté de fermiers bohèmes rebâtit sa société après l’écroulement de la civilisation. Entropia est à la fois troublant et inspirant, nous donnant la perspective d’un monde beaucoup plus sain et plus satisfaisant. »
 
Ted Trainer, Transition to a Sustainable and Just World

« Une des tentatives les plus fascinantes jusqu’à présent pour imaginer un avenir viable bien loin de notre civilisation tombante et décadente. Entropia, de Samuel Alexander, emprunte le style de la littérature utopique pour présenter des visions alternatives de la politique, de la société et de la spiritualité après l’âge industriel. »

John Michael Greer, The Ecotechnic Future



Idée lecture : L'Effondrement de l'empire - Regards croisés

Source : https://www.ruedelechiquier.net/essais/283-leffondrement-de-lempire-humain.html

"COMMENT VIVRE AVEC LA PERSPECTIVE DU BASCULEMENT INÉLUCTABLE DE NOTRE CIVILISATION ?


Documentée par de nombreux travaux et études scientifiques, la réalité de grands bouleversements actuels et à venir s'est imposée dans nos esprits. Et pourtant, la classe politique et le monde économique continuent très majoritairement de s'en remettre aux dieux de la croissance, ignorant les limites physiques de notre planète et les lois naturelles qui garantissent la prospérité du vivant. Il y a urgence à comprendre ce qui se prépare.
C'est de ce constat qu'est née l'initiative d'interroger dix personnalités dont l'engagement, la pratique professionnelle ou la pensée offrent un éclairage original du sujet : Isabelle Attard, Carolyn Baker, Nicolas Casaux, Yves Cochet, Nicolas Hulot, Derrick Jensen, Jean Jouzel, Arthur Keller, Vincent Mignerot et Pablo Servigne.


Manon Commaret et Pierrot Pantel ont passé avec les uns et les autres de longues heures pour recueillir leur vision objective ainsi que leur perception intime de l'effondrement en cours.
Le résultat est passionnant : un livre d'entretiens qui ouvre des champs de réflexions et met en évidence des positions parfois contradictoires suscitées par la situation."

 

 

vendredi 4 septembre 2020

David Graeber

 Source : Reporterre 


Anthropologue brillant, David Graeber était un militant anarchiste, « avec un a minuscule », comme il se plaisait à le rappeler, pour insister sur la dimension pragmatique de son militantisme.

Il avait activement participé aux mobilisations altermondialistes du tournant des années 1990 au début des années 2000 en Amérique du Nord, et avait cofondé le Direct Action Network qui avait largement contribué à renouveler les répertoires d’action, vers plus de confrontation directe, de radicalité et de créativité.

Lire l'article

Il travaillait actuellement à une nouvelle somme, avec l’archéologue David Wengrow, qui devait être la première pierre d’une histoire au long court de l’égalité et de l’horizontalité. D. Wengrow et D. Graeber devaient montrer comment de nombreuses villes antiques, comptant parfois plusieurs dizaines de milliers d’habitants, s’organisaient sur un mode non-hiérarchique : il n’y avait nulle trace de richesse ostentatoire, de palais ou de villas, de quartiers protégés de la plèbe. Les habitant.e.s y vivaient en égalité, sans maîtres ni chef.fe.s. Graeber entendait montrer deux choses fondamentales pour penser l’émancipation aujourd’hui : l’égalité et l’horizontalité étaient possibles dans des sociétés vastes, avant l’invention de l’État. L’idée, très répandue, selon laquelle au-delà d’un certain nombre d’habitant.e.s, l’égalité et l’horizontalité ne seraient plus possibles ne serait ainsi qu’une chimère. La hiérarchie n’est pas la conséquence d’une population importante. Par ailleurs, l’égalité est un défi plus important à mesure que l’on se rapproche du foyer : ces villes étaient certes égalitaires, mais rien n’indique qu’il n’y avait pas de formes de domination et d’oppression à l’intérieur des maisons — se nouant bien sûr autour du genre.

Son regard fin, sa curiosité, son caractère affirmé et son appétence pour les controverses intellectuelles parfois vives vont nous manquer cruellement.

David combinait des analyses minutieuses, un luxe de détails (voir sa somme sur l’action directe, dans laquelle il écrit plusieurs paragraphes sur le type de stylo qu’il utilise) et de fulgurances analytiques incroyables — formant une pensée unique en son genre, rigoureuse, éclairante, stimulante, provocante, et toujours orientée vers l’action — car il se refusait à penser de manière abstraite, coupée des mobilisations sociales. C’est peut-être ce qui le distingue des autres penseurs des sociétés sans État (ou contre l’État), tels Pierre Clastres ou James C. Scott.

Il se disait parfois convaincu que le capitalisme avait déjà pris fin, mais que nous n’en avions pas encore pleinement pris la mesure — à nous de ne pas le faire mentir.


samedi 29 août 2020

Idée lecture : Dominer. Enquête sur la souveraineté de l'État en Occident

 Source : https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Dominer-9782348042140.html

Pierre DARDOT, Christian LAVAL


 
Il est courant de déplorer le déclin de la souveraineté de l’État-nation, qui semble devoir être aujourd’hui supplantée par la puissance du capital mondial. Restaurer la verticalité de l’État et son autorité serait ainsi la seule voie pour contester le globalisme néolibéral. C’est contre cette illusion, encore trop répandue à gauche, que Pierre Dardot et Christian Laval ont entamé ce long parcours dans l’histoire complexe et singulière de l’État occidental moderne, depuis sa naissance à partir du modèle de l’Église médiévale jusqu’à son rôle actuel d’État-stratège dans la concurrence mondiale.


Comprendre les aléas et les détours de cette construction, c’est mettre à nu les ressorts d’une domination sur la société et sur chacun de ses membres qui est fondamentalement de l’ordre de la croyance : les « mystères de l’État », le culte de sa continuité qui oblige ses représentants par-delà leur succession, la sacralité dont ces derniers aiment à s’entourer dans l’exercice de leurs fonctions, autant d’éléments qui ont pu changer de forme, mais qui demeurent au principe de sa puissance. En retraçant cette généalogie, il s’agit pour les auteurs de montrer que l’on ne peut répondre aux défis de la mondialisation capitaliste et du changement climatique sans remettre en cause cet héritage. Car l’invocation de la souveraineté « nationale » est devenue l’alibi de l’inaction climatique et de la perpétration des écocides.


Pour affronter ces enjeux globaux, il est indispensable de s’attaquer à un tel régime d’irresponsabilité politique qui dispense les gouvernants de rendre des comptes aux citoyens. C’est dire qu’il faut ouvrir la voie à un au-delà de la souveraineté étatique.

vendredi 28 août 2020

Dé-formation en économie

 

 

 


Repenser l’agriculture à l’intérieur de ses limites

Petite fille d’agriculteurs née dans un hameau savoyard pour Camille Etienne donner une voix aux paysans est un moyen de renouer avec ses racines.

 

 

 

PODCAST - Le patriarcat contre la planète

Source : https://reporterre.net/PODCAST-Le-patriarcat-contre-la-planete

PODCAST - Le patriarcat contre la planète

Qu’est-ce qui relie le patriarcat et la catastrophe écologique planétaire que nous sommes en train de vivre ? Dans son émission « Les couilles sur la table », la journaliste Victoire Tuaillon a tendu son micro à Jeanne Burgart-Goutal, l’autrice de « Être écoféministe : théories et pratiques ».

 

Présentation de l’émission par son producteur, Binge Audio :

Qu’est-ce qui relie le patriarcat et la catastrophe écologique planétaire que nous sommes en train de vivre ? Il y a-t-il des mécanismes, des causes et des conséquences communes entre la domination masculine et la destruction du vivant ?

Jeanne Burgart-Goutal, agrégée de philosophie et professeure de yoga, est l’autrice de Être écoféministe : théories et pratiques (éd. L’Échappée, 2020)

Elle raconte dans cet épisode une partie de l’histoire et des théories des mouvements écoféministes : comment celles-ci permettent de repenser la masculinité et le patriarcat ? Quelles pistes ouvrent-elles pour repenser la féminité, et donc la masculinité, sans verser dans l’essentialisme ? En quoi les pensées et pratiques écoféministes révèlent-ils l’androcentrisme de notre société, ce monde construit au masculin neutre ?


vendredi 14 août 2020

Vinciane Despret, philosophe : « On doit penser des relations politiques avec les animaux »

Source : https://www.nouvelobs.com/animaux/20200812.OBS32124/vinciane-despret-on-doit-penser-des-relations-politiques-avec-les-animaux.html

Propos recueillis par Arnaud Gonzague

Ils nous défendent, nous nourrissent, nous font peur quelquefois, nous dispensent leur affection, leur sensibilité ou tout simplement leur poésie. Et pourtant, regardons-nous réellement les animaux comme il le faudrait ? La philosophe Vinciane Despret nous éclaire.

Ils sont, pour nous humains, l’autre par excellence, et pourtant, nous les aimons, même si nous ne savons pas exactement pourquoi, ni si nous le faisons toujours de la bonne manière. Comment penser le lien qui nous unit aux chiens, aux chevaux, aux cygnes des jardins publics, aux insectes qui nous font horreur ? Toutes ces questions, la philosophe Vinciane Despret les a longuement mûries et les partage avec sa gourmandise coutumière.

En moins d’un mois, un projet de référendum d’initiative partagée (RIP) sur la condition animale a rassemblé une centaine de signatures de parlementaires et trois quarts des Français s’y disent favorables. Cela a dû interpeller la spécialiste des animaux que vous êtes…

Je note en tout cas qu’un sentiment d’injustice envers les animaux qui, il y a encore quelques années, n’était vécu publiquement que par une minorité, est devenu collectif et consensuel. Jadis, quand on percevait une injustice (ce qui n’était, de loin, pas toujours le cas), on se disait souvent « c’est ainsi ». Le fait que celle-ci devienne intolérable indique que les hiérarchies (et l’idée de l’exceptionnalisme humain) sont en train d’être sérieusement remises en cause. 

Lire la suite

 

 

lundi 10 août 2020

Plancher social et plafond écologique : le donut !

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Limites_plan%C3%A9taires

Les neuf limites écologiques qu’il ne faudrait pas dépasser pour préserver la stabilité de la planète :

  1. le changement climatique,
  2. l’érosion de la biodiversité,
  3. la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore,
  4. les changements d’utilisation des sols,
  5. l’acidification des océans,
  6. l’utilisation mondiale de l’eau,
  7. l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique,
  8. l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère,
  9. l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère

 





Les 12 dimensions de la vie sociale :

  1. Accès à l'eau
  2. Accès à une alimentation saine et nutritive
  3. Accès à des services de santé
  4. Accès à des services éducatifs/culturels
  5. Accès à un logement
  6. Accès à des revenus et de l'activité
  7. Accès à des réseaux d'information et de transports
  8. Accès à l'énergie
  9. Droit à la paix et à la justice
  10. Droit à l'égalité politique / la citoyenneté (démocratie réelle)
  11. Droit à l'équité sociale
  12. Droit à l'égalité de genre

 

 

Version graduée et dynamique :  www.kateraworth.com/doughnut/

 

Appliquer la grille à l'échelle locale : https://www.kateraworth.com/2020/07/16/so-you-want-to-create-a-city-doughnut/

 

 



vendredi 7 août 2020

Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces autochtones dans la plupart des grands biomes terrestres a diminué en moyenne de 20 %

Source : https://www.fondationbiodiversite.fr/evaluation-mondiale-de-la-biodiversite-et-des-services-ecosystemiques-les-principaux-messages-de-levaluation-ipbes/

Le 7 mai 2019, à l’occasion de la 7e plénière de l’Ipbes, 132 États membres ont approuvé le « Résumé pour décideurs » contenant les messages clés de l’Évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques. Celle-ci est la première du genre, par son caractère intergouvernemental et par la très grande quantité de données recueillies (15 000 références).

Cette évaluation sans précédent a permis de rendre compte des changements qui se sont opérés au cours des 50 dernières années et a fourni un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la biodiversité.

L’Ipbes a appelé à des changements systémiques profonds à l’échelle planétaire pour inverser les tendances et assurer l’avenir de l’humanité.

La FRB propose dans la brochure les principaux messages à retenir ainsi qu’une analyse critique de ce travail unique.

Consulter la brochure

La demande de l'humanité dépasse la bio-capacité de la planète depuis plus de 40 ans.

« Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces autochtones dans la plupart des grands biomes terrestres a diminué en moyenne de 20 %. »

Si le chiffre de 1 million d’espèces en voie d’extinction a marqué les esprits, le rapport a alerté sur d’autres messages tout aussi inquiétants. Ainsi, ces menaces pèsent aussi sur les espèces cultivées ou domestiquées dont la diversité génétique s’est fortement érodée.

Dans les zones cultivées, les sols s’appauvrissent rapidement et perdent leur potentiel agronomique ; les zones humides subissent des régressions rapides et les forêts tropicales continuent à disparaître au profit des cultures et des plantations, alors que plus de la moitié des récifs coralliens ont été perdus depuis un siècle. Les pertes de biodiversité locale font que les communautés biologiques se ressemblent de plus en plus tant dans les systèmes exploités que dans ceux qui ne sont pas gérés.


Lire le rapport sur le site de l'IPBES : https://ipbes.net/global-assessment

Consultez les dépliants sur les précédentes évaluations :

mercredi 5 août 2020

Charbonneau contre l’Etat totalitaire

Source : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1301
Entretien avec Jean Bernard-Maugiron
dimanche 24 mai 2020 par Pièces et main d’œuvre




Les éditions R&N viennent de publier le livre majeur et maudit de Bernard Charbonneau, L’Etat (550 p., 30 €, préface de Daniel Cérézuelle), écrit entre 1943 et 1949, et ayant subi à peu près toutes les avanies que peut subir un chef-d’œuvre méconnu – sauf la disparition définitive.
Jean Bernard-Maugiron, animateur du site La Grande Mue, à qui l’on doit cette parution, présente cet ouvrage et son auteur dans notre entretien à lire ci-après.

Il faut dire que Charbonneau (1910-1996) n’a pas de chance. Parce que son nom compte trois syllabes, on dit toujours « Ellul & Charbonneau », alors que son ami de toute une vie a toujours proclamé sa dette et son admiration envers son génie.
Ce n’est d’ailleurs pas de chance pour nos deux libertaires gascons, apôtres du « sentiment de la nature, force révolutionnaire » (Charbonneau, 1934), que d’entamer leur trajectoire critique au moment où leur aîné, Jean Giono, auteur culte du « retour à la terre », multiplie entre 1929 et 1939 les ouvrages anarcho-pacifistes et anti-industriels. Mais quoi, sans Chateaubriand, pas de Victor Hugo.
La suite, la Seconde Guerre mondiale qui débute avec des charges de cavalerie et se termine par des bombardements atomiques, l’avènement de la machine à gouverner cybernétique, l’expansion économique et la destruction de la nature, relève de notre malheur commun.

Ce qui est singulier, c’est l’irréductible détermination de Charbonneau à vivre contre son temps, petit prof binoclard réfugié dans son coin de campagne, et à nous envoyer coûte que coûte ses messages, qui nous arrivent peu à peu avec un demi-siècle de retard. Circulaires à la machine à écrire photocopiées, auto-éditions invendables, éditions invendues, chroniques dans la presse écologique et de plus en plus, maintenant qu’il est mort depuis 24 ans, de vrais livres chez de vrais éditeurs.

Le temps de Charbonneau est venu. Trop tard évidemment. Si une partie du public écologiste et anti-industriel le lit désormais, c’est que sa lucidité enragée et solitaire n’a pu empêcher, ne pouvait empêcher, cette destruction conjointe de la nature et de la liberté que nous subissons maintenant. Quand une pandémie issue du ravage des forêts autorise la Machine étatique à traquer ses machins citoyens par des moyens électroniques, et à les reclure à domicile, chacun peut voir où va le monde. Reste à comprendre comment cela est arrivé, et à démonter avec Charbonneau les ressorts de l’Etat totalitaire.

(Pour lire l’entretien avec Jean Bernard-Maugiron, ouvrir le document

Lire aussi :
- "Lisez Ellul ! Lisez Charbonneau !"
- "Ellul & Charbonneau contre la fabrication de l’homme-machine"

Lire aussi :
https://linactuelle.fr/index.php/2020/06/23/charbonneau-etat-editions-rn/

Mais alors, c’est en personne que nous devrons penser et agir : en cessant d’abandonner l’économie aux économistes et la politique à des politiciens qui ne la pensent qu’en fonction de l’efficacité politique. Nous devrons réapprendre à les confronter, non plus seulement à des mesures mathématiques, mais à toute l’expérience de notre vie concrète : à soumettre leurs chiffres et leurs concepts aussi bien aux réactions de notre corps qu’à l’examen de notre raison et au jugement de notre foi…


vendredi 31 juillet 2020

Humanicide

 
Dans « Humanicide ou la fin d’un règne », Bill McKibben montre que si les changements climatiques réduisent l’espace où notre civilisation peut exister, les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle et la robotique menacent de faire disparaître la diversité humaine.
 

  • Présentation du livre par son éditeur :
Dans son précédent livre La Nature assassinée, Bill McKibben avait été l’un des premiers à alerter sur les changements climatiques.
Trente ans après, le chercheur fait un bilan de la situation et montre que le danger est plus vaste. Dans une première partie (« Un jeu planétaire »), il fait un état des lieux de l’état de la planète et des menaces auxquelles nous sommes confrontés. Chaque thèse se fonde sur des rapports scientifiques et est illustrée de nombreux exemples (la mort des forêts avec les cèdres du Liban agonisant, le drame des énergies fossiles et son combat contre l’oléoduc et l’exploitation des sables bitumeux au Canada, les sécheresses qui réduisent à néant l’économie des pays déjà pauvres comme Porto Rico, etc).
Dans une seconde partie (« Folie technologique »), McKibben s’intéresse, après les menaces environnementales, à celles liées aux progrès techniques. Il s’attache à démontrer que si les changements climatiques réduisent l’espace où notre civilisation peut exister, les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle et la robotique menacent de faire disparaître la diversité humaine.
Cependant loin d’être défaitiste, en s’appuyant sur son expérience au sein de 350.org, l’auteur offre dans une dernière partie (« Une dernière chance ») des pistes pour sauver non seulement notre planète mais aussi la vie humaine.
  • Humanicide ou la fin d’un règne. Quand l’avenir de l’homme a-t-il basculé ? Bill McKibben, Massot éditions, 336 p., 22.90 euros.

mardi 30 juin 2020

Quelle fin absurde

Bon je remets le lien vers ce docu ici (en plus de la grosse playlist de docus publiée ici)
parce que c'est quand même celui qui m'a le plus marqué.
Un peu cheap sur les images, puissant sur le fond : il décortique en profondeur la situation.

Et m'a amené à une prise de conscience dérangeante : la question de la population est minimisée par tout le monde (décroissants, collapso, écolo...).
Si on regarde la grande accélération, on voit que dès le milieu du 19ème quelque chose change, avec une exponentielle ensuite au milieu du 20ème. Tout cela en raison des énergies fossiles, c'est à dire des esclaves énergétiques.
Enlevez les, de gré ou de force.
Je ne crois pas qu'il soit réaliste d'"exoder" toute la population urbaine mondiale dans des "éco-hameaux permaculturels" (ça s'appelle juste des villages dans les autres cultures !). Toute la terre serait occupée.
Mon intuition est que même avec un mode de vie sobre (c'est à dire sans énergie fossile ni énergie renouvelable permise par les énergies fossiles (terres rares, matériaux, transports), c'est à dire correspondant à celui d'un humain de 1850), la capacité de charge donc l'équilibre avec le système terre et les autres formes de vie n'est pas tenable si la population humaine dépasse 2 milliards. Soit 5 milliards "en trop". Ce qui correspond à l'ordre de grandeur de la population urbaine actuelle (avec les rurbains).
Si ça fait trop peur, admettons 4 milliards... Nous sommes 7 695 262 700. +200 000 humain.e.s chaque jour...
C'est choquant. Indicible. Inaudible.
Dans ce cadre : à quoi ressemble l'humanisme aujourd'hui ? Comment prendre soin du plus grand nombre d'êtres humains, présents et à venir ? Comment permettre la viabilité de la biosphère pour d'autres humains et pour les autres formes de vie, à moyen terme ?
En faisant un plan de descente énergétique (la décroissance) ET de descente démographique (la dépopulation) ? De manière coordonnée à l'échelle planétaire ? Avec des transferts de population "jeune" vers les zones vivables (tempérées, avec de l'eau, des forêts...) ?
Et/ou le chaos ?
C'est choquant. Indicible. Inaudible.
Notre mode de vie a déjà du mal à se négocier, collectivement. Alors la vie ! Les élans de la vie ! Faire des enfants. Anthropologiquement, ça me semble inatteignable.
?




Quelle fin absurde

Tim Bennett
Au fil du documentaire, Bennett évolue vers la pleine conscience du cauchemar environnemental planétaire : climat, pénurie de ressources, dégradation des écosystèmes, explosion démographique. Il remet en question l’hypothèse qui a conduit à cette crise : que les êtres humains étaient destinés à dominer le reste du règne du vivant. Dérangeant, le film nous met au défi d'inventer de nouvelles voies.

mardi 23 juin 2020

Désobéir pour le vivant

Source : https://lareleveetlapeste.fr/livre-journal-numero-4/

Après lecture de l'excellent texte "Désobéir pour le vivant",
de Manuel Cervera-Marzal dans ce livre de 'La relève et la peste"






+ de Manuel en vidéo


+ de Manuel en radio

Les Chemins de la philosophie par Adèle Van Reeth
En ces temps électoraux, la Désobéissance civile de Thoreau est un texte qui pose de nombreuses questions intensément actuelles. Nous y répondons aujourd'hui avec Manuel Cervera-Marzal.
Écouter l'émission


Playlist

Un florilège de docus... s'il n'en fallait qu'un : sur le fond, celui de Tim Bennett, qui embrasse au plus large, au plus profond.

L'appel de la terre

Lucas Taffin
En Colombie, la guerre se fait pour la terre, on la protège où on la détruit. Pour les peuples premiers, le territoire est source de vie, mais pour le gouvernement, les multinationales et les groupes armés, il est une ressource qui doit être exploitée. Plongez dans l’histoire de celles et ceux qui vivent et meurent pour la défense de leurs terres, notre terre, et devenez vous-même ambassadeur d’un message d’unité et d’un appel à la protection de la Mère Terre.


L'homme a mangé la Terre

Jean-Robert Viallet
Depuis le début de l’ère industrielle, l’intelligence déployée par l’espèce humaine est immense. Aujourd’hui, la crise environnementale est elle aussi immense. Que s’est-il passé ? Avec des archives issues du monde entier, Jean-Robert Viallet nous entraîne dans un grand récit qui se déroule sur deux siècles, de l’ère du charbon à celle du Big Data. ll raconte une autre histoire du progrès, une histoire pour comprendre comment nous en sommes arrivés là...



Quelle fin absurde

Tim Bennett
Au fil du documentaire, Bennett évolue vers la pleine conscience du cauchemar environnemental planétaire : climat, pénurie de ressources, dégradation des écosystèmes, explosion démographique. Il remet en question l’hypothèse qui a conduit à cette crise : que les êtres humains étaient destinés à dominer le reste du règne du vivant. Dérangeant, le film nous met au défi d'inventer de nouvelles voies.

End:civ

Franklin Lopez
Toutes les civilisations ont dévasté l’environnement dont elles dépendaient, et se sont ainsi autodétruites. Tandis que nous écrivons ces mots, la civilisation industrielle mondialisée reproduit ce même processus en détruisant de manière systématique le monde naturel. Cela devrait être une évidence. De la sixième extinction de masse des espèces au réchauffement climatique, en passant par les nombreuses pollutions de tous les milieux, le constat est flagrant.

Planète des humains

Jeff Gibbs et Michael Moore
Un film iconoclaste qui met le doigt là où ça fait mal en dénonçant les limites, voire la supercherie des énergies vertes, et de certaines grandes organisations écologistes et de leurs figures de proue. Un film rare qui met au premier plan l'idée même de décroissance et tend à promouvoir une perspective biocentriste, en considérant la vie sur Terre non pas comme un ensemble de ressources à exploiter durablement mais comme ce qu’il nous faut respecter et préserver en premier lieu, pour elle-même.

Christiana

JBach
Il existe au Danemark un exemple atypique d'organisation communautaire. Tout commence en 1971, quand un groupe de jeunes décide d'investir une ancienne base militaire désaffectée située au coeur de Copenhague. Petit à petit la vie s'organise et une collectivité prend forme. Christiana vient de naître. Ses habitants y expérimentent une nouvelle façon de vivre, démocratique et respectueuse de l'environnement. Ce film raconte leur histoire, faite de réussites et de difficultés.

Dernier appel

Léa Desbourdes et Thibaut Ribet
A la fin de l'été 2018, durant six mois, Léa Desbourdes et Thibaut Ribet ont enquêté sur l'Appel pour une Constitution écologique et solidaire lancé par quatre associations écologistes de jeunes (CliMates, Notre Affaire à Tous, le REFEDD et le WARN!). Ils en ont fait ce documentaire qui permet de comprendre les motivations de ces quatre associations et les enjeux d'une telle démarche pour soutenir les mouvements citoyens vers une prise en compte du risque climatique par nos politiques.



dimanche 21 juin 2020

Transformer ou démanteler les infrastructures du ravage

Source : https://www.bastamag.net/Livre-Ecologie-sans-transition-Desobeissance-Ecolo-Bonnes-feuilles



Devant l’ampleur planétaire du désastre, un nouveau mouvement écologiste a émergé au fil des marches pour le climat, des grèves de la jeunesse et des actions de désobéissance. Pour Désobéissance Écolo Paris, collectif à l’origine des grèves scolaires dans la capitale, on a déjà perdu trop de temps à demander aux pyromanes d’éteindre l’incendie. Le collectif publie l’ouvrage collectif Écologie sans transition.

Extrait.

Il y a une écologie qui est un art d’habiter et de défendre les milieux vivants, et une écologie qui se présente comme un gouvernement de la nature et des sociétés. Elles ne sont pas compatibles. Ce livre vise à rouvrir le champ de bataille qu’est la définition de l’écologie. Il part du constat que cette définition est trop souvent laissée aux forces sociales dominantes qui ont partie liée avec le ravage que nous vivons. Il nous faut assumer maintenant de briser l’unité sacrée qu’on tente de construire autour de la question écologique. Au moment où les forêts brûlent sur tous les écrans et où un virus force les gouvernements à mettre à l’arrêt l’économie, il est temps de choisir son camp, et de prendre acte des lignes de fracture.
Nous qui sommes de la génération formée à l’écologie par la vulgarisation des rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), par les experts médiatiques et par la petite discipline quotidienne, nous voulons renouer avec la longue histoire des résistances écologiques, depuis les luttes pour les communaux jusqu’aux ZAD (zones à défendre). Nous ne voulons plus d’une écologie qui ne se reconnaît pas d’ennemis et serre la main à tout le monde. Nous ne voulons plus participer à cette grande comédie des écogestes insignifiants, des petits pas et des grandes marches, pendant que le monde continue de s’effondrer autour de nous.

« Notre écologie n’est pas comptable et n’établit pas ses priorités en fonction des seuls indicateurs scientifiques »

Nous posons donc que notre écologie défend des milieux vivants, combat un ravage, et cela sans transition. À la fin du 19ème siècle, quand le concept d’écologie s’est formé pour désigner une économie de la nature, il était en concurrence avec le concept de « mésologie », qui signifie littéralement : science des milieux. Si nous préférons revenir à la notion de milieu pour définir notre écologie, c’est parce que l’environnement et la nature ne définissent que des objets à administrer. L’environnement est une chose distante, étrangère et distincte des sujets qui l’habitent ; la nature est toujours considérée comme inhumaine, vide, inhabitée. La nature et l’environnement : au mieux on les gère, mais jamais on y vit.
Le milieu, lui, ne sépare pas ce qui est lié : il est l’intrication des êtres qui l’habitent et l’élaborent. Ce qui définit un milieu comme vivant, c’est la qualité de la vie, des attachements, des dépendances et aussi des conflits qui s’y déploient. Cette qualité de vie ne se mesure pas à l’empreinte carbone, mais elle s’éprouve dans l’expérience d’habiter un milieu, qu’il s’agisse d’un foyer animé, d’une zone humide, d’un quartier, d’une forêt ou d’une contrée. C’est pourquoi notre écologie n’est pas comptable et n’établit pas ses priorités en fonction des seuls indicateurs scientifiques. Il n’y a aucun intérêt à vivre sur une planète décarbonée et riche en biodiversité si c’est pour être privé·es de ses libertés, surveillé·es et rationné·es. Une écologie des milieux vivants combat tout ce qui rend le monde inhabitable et inhospitalier, et donc en premier lieu la morale écologique par quoi on entend nous rendre inoffensif·ves.

« Transformer ou démanteler les infrastructures du ravage »

S’il est question de luttes offensives, c’est parce qu’un ravage écologique est en cours. Une crise est temporaire. Un effondrement, une catastrophe, un désastre, sont des événements impersonnels, qui ont l’air de nous tomber dessus sans cause humaine identifiable et hors de notre portée. En revanche, un ravage est un processus, actif, agressif, mené par un sujet identifiable. C’est pour souligner ce lien entre une activité ravageuse, celle de l’économie capitaliste, et ses effets destructeurs sur les milieux vivants, que nous préférons ce terme à tous les autres.
Contrairement aux écologistes qui attendent une catastrophe dans l’avenir, nous plaçons l’essentiel du ravage dans le passé. Sa progression à la surface du globe se mesure à l’artificialisation d’étendues toujours plus grandes : autoroutes, ports et aéroports géants, zones industrielles et commerciales, barrages, centrales nucléaires, réseaux énergétiques, monocultures, étalement urbain. Un milieu singulièrement hostile à la vie mais extrêmement profitable à la valorisation.
Au moment où nous terminons ce livre, ce milieu, celui de l’économie mondialisée, est le vecteur de propagation du Covid-19. On sait que les pandémies se multiplient ces dernières années en raison de la destruction des habitats naturels, de l’homogénéité génétique des animaux d’élevage, et de la mondialisation de l’économie. C’est pourquoi la vulnérabilité de nos sociétés aux pandémies qui se manifeste aujourd’hui n’est pas tant à attribuer au virus qu’à des causes humaines. Depuis plusieurs décennies, les gouvernements ont mené des politiques d’austérité, ont intensifié l’extraction des « ressources naturelles », ont amélioré leurs technologies de surveillance et leurs forces de police. Tout cela, pour maintenir à flot une économie qui ravage les milieux vivants. La ligne de fracture est donc nette. Cette période d’effroi et d’isolement montre à quel point il est urgent d’enquêter sur les moyens de transformer ou de démanteler les infrastructures du ravage, pour pouvoir élaborer des conditions d’existence nouvelles.

« Une écologie sans transition est une écologie de rupture »

Dès maintenant, c’est-à-dire : sans transition. Par ces mots, nous ne voulons pas dire immédiatement, comme s’il s’agissait d’un caprice. Nous savons bien que le chemin sera long, difficile et miné. Mais il nous semble urgent de se défaire de certaines idées paralysantes, au premier rang desquelles celle d’une transition écologique qui serait à attendre de la part des décideurs économiques et politiques. Les dirigeants ont conscience des dangers écologiques depuis une cinquantaine d’années, mais ils n’ont rien fait. Cela devrait suffire à montrer que le problème n’est pas un manque de « prise de décision courageuse » ou de « bonne volonté » politique. Les gouvernements et les grandes entreprises sont tout aussi coincés que nous, parce qu’ils font partie du problème.
Mais nous, nous ne sommes pas coincé·es de la même manière qu’eux : nous sommes coincé·es à travers leur monde, à travers l’économie et les systèmes sociaux qu’ils ont mis en place autour des énergies fossiles, de la voiture, et maintenant du numérique, un monde dont nous sommes aujourd’hui dépendant·es. Nous avons pourtant une marge de manœuvre, dans la mesure où nous parvenons collectivement à amoindrir notre dépendance à ce qui ravage la planète. C’est pourquoi une écologie sans transition est une écologie de rupture : il s’agit de rompre avec nos dépendances les plus destructrices, mais de rompre par des actes collectifs, solidaires, et de révolte. Rompre pour bloquer les avancées du ravage le plus vite possible, et rompre pour avoir les mains libres et pouvoir configurer nos propres usages du monde.

« Construire une écologie sensible, populaire et offensive »

Les mains qui ont écrit ce livre sont lisses ou rugueuses, fines ou épaisses, divergent en teint, en taille, et sont marquées d’expériences différentes. Voilà pourquoi notre texte ne présente pas une unité parfaite de style et de ton. Nous revendiquons cette diversité collectivement. Que cela soit l’occasion de prouver que la multiplication des perspectives n’empêche pas l’élaboration d’une direction commune. Désobéissance Écolo Paris est un collectif qui rassemble des membres d’horizons variés, provenant d’un large spectre de sensibilités écologiques. Il s’est constitué à l’hiver 2018, après la démission du ministre de l’Écologie Nicolas Hulot, puis a été initiateur des grèves étudiantes pour le climat à Paris. Au fil des marches, des lectures, des grèves, des occupations, des discussions publiques et privées, nous avons composé ces quelques réflexions que nous jetons là pour contribuer au débat stratégique.
Dans ce livre, nous commençons par tenter de nous dépêtrer de la morale écologique qui pèse sur nos épaules, qui masque les rapports de force, les asymétries sociales et la violence de ce monde. C’est sous la forme de cette morale que l’écologie nous apparaît quotidiennement, chaque fois que l’on exige de nous des petits gestes ou que le gouvernement se gargarise de petits pas, chaque fois qu’on individualise la faute et qu’on célèbre les héros du renoncement et de la science. Construire une écologie sensible, populaire et offensive qui puisse non seulement convaincre mais faire envie nécessite de se débarrasser de cette morale, pour élaborer une stratégie politique large. C’est pourquoi notre seconde étape consiste à identifier les forces ennemies qui instrumentalisent l’écologie, et les alliances possibles contre différentes formes du ravage : capitaliste, coloniale et patriarcale. En dernier lieu arrivent quelques propositions et prospections. Nous tirons les implications stratégiques de notre propos, et nous suggérons des pistes réelles et rêvées pour raviver le désir de vivre au présent avec un horizon commun. Nous n’attendons plus rien que de nous-mêmes, de ces « nous » qui sauront se constituer dans les initiatives et les combats écologiques.

Écologie sans transition, Désobéissance Ecolo Paris, Éditions Divergences, 14 euros.

samedi 20 juin 2020

Marchandisation (capitalisme), machinisation (technologie), totalitarismes (banalité du mal), exponentielles (accélération et croissance) et effondrements

En 41min, c'est l'exposé le plus clair que j'ai pu entendre qui embrasse à la fois une analyse historique-politique-sociale-économique-philosophique-écologique.
De la part de quelqu'un qui a une pratique spirituelle ;-)
Aïe ! Ca pique quand même... de ré-entendre encore la profondeur de l'abysse dans laquelle nous nous sommes mis.


Gilles de Beaupte, professeur de philosophie, présente l'effondrement à venir du système technico-capitaliste. Conférence donnée lors de l'université d'été 2018 d'Academia Christiana : "Rebâtir la Cité".