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mardi 21 octobre 2025

Chauffer les personnes plutôt que les espaces : et si on passait à la « slow heat » ?

 Source : https://energie-partagee.org/chauffer-les-personnes-plutot-que-les-espaces-et-si-on-passait-a-la-slow-heat

 


La sobriété énergétique ne se limite évidemment pas aux actions individuelles. Elle doit impérativement être prise en compte dans les domaines les plus structurants (aménagement du territoire, bâtiment, transports, …). Mais ces évolutions profondes seront facilitées par le changement des représentations et des pratiques individuelles. Slow Heat, une passionnante initiative de recherche-action lancée en Belgique par un collectif de chercheurs, architectes et citoyens wallons, s’est attelée depuis quelques années, par l’expérimentation, à changer ces représentations et ces pratiques.

Face aux crises énergétiques et climatiques qui nous guettent et menacent notre accès au chauffage tel que nous le connaissons, SlowHeat développe des connaissances et prépare la résilience en explorant et coconstruisant l’idée et la pratique d’une vie basse température, basse énergie.

 

« Dans quelle mesure, et à quelles conditions, peut-on réduire nos demandes de chaleur “externe” et être plus résilients - individuellement et collectivement - grâce à la discussion de notre notion de confort, la transformation de nos pratiques de chauffage et à l’exploration de situations basse température, basse énergie ? »

 

Pour le collectif SlowHeat, vivre avec 16, 15, voir 14°C en intérieur, c’est possible et confortable à certaines conditions que leur projet de recherche s’attache à décrire. Les 4 points clés sont :

  • Réduire la demande de chaleur du corps, par la combinaison de 3 éléments : l’habillement, l’acclimatation et l’activité.
  • Continuer à chauffer les occupants, mais plus le logement grâce à du matériel adéquat.
  • Refaire de la demande de chaleur un acte conscient et maitrisé plutôt qu’automatique.
  • Rediscuter les normes de confort entre les membres d’un logement, et plus largement au sein de la société.

 

« Les craintes courantes de “vivre en doudoune” ne sont en général exprimées que par les personnes qui n’ont pas vraiment essayé : avec des ajustements mineurs et sans conséquence notable sur l’agilité, on atteint facilement des réductions de plusieurs degrés à confort égal. »

Pascal Lenormand, expert en performance énergétique

[Infographie] Les grands principes de la logique SlowHeat


 

mercredi 26 mars 2025

Vers une lutte des classes climatique ?

Source : https://www.blast-info.fr/articles/2025/vers-une-lutte-des-classes-climatique-7i6eEkUKSueZ5--IroKdtA


Les rapports du GIEC se succèdent mais rien n’y fait : le consensus sur le seuil maximal d’un réchauffement planétaire global de +1,5° à ne pas dépasser n’est pas suivi de la réaction espérée. La catastrophe climatique s’annonce. Pour l’avocat Sébastien Mabile, c’est par le droit qu’il faut s’emparer du sujet pour réfléchir à la meilleure manière de répartir un stock maximum de gaz à effet de serre à émettre jusqu’à atteindre la neutralité carbone. Les 10% des plus riches étant aujourd’hui responsables de plus de la moitié des émissions, il en appelle à une nouvelle lutte des classes… climatique.

Avocat au barreau de Paris depuis vingt-cinq ans, Sébastien Mabile s'est imposé comme une figure incontournable du droit pénal de l'environnement. Son engagement dans des procès emblématiques - contre TotalEnergies pour le respect de l'Accord de Paris, le groupe Casino pour son implication dans la déforestation amazonienne ou encore Danone pour son usage abusif du plastique - témoigne d’un combat acharné et militant.

Dans son nouvel ouvrage "Justice Climatique, pour une nouvelle lutte des classes" publié chez Actes Sud, il pointe du doigt la responsabilité particulière des ultra-riches dans la crise climatique. Son constat est sans appel et malheureusement connu de tous : le réchauffement de la planète, causé par les émissions de gaz à effet de serre, s'accélère inexorablement. Si l'accord de Paris sur le climat de 2015 visait à limiter la hausse des températures à 1,5°C d'ici la fin du siècle, cet objectif semble désormais hors d'atteinte, les États échouant à concrétiser leurs engagements.

L'année 2023 a parfaitement illustré cette spirale affolante : alors que les catastrophes climatiques se multipliaient, la consommation de gaz et de pétrole atteignait des sommets historiques. La catastrophe climatique semble désormais quasi-inéluctable, avec son lot de conséquences tragiques : élévation du niveau des océans, vastes territoires inhabitables sur tous les continents, extinction massive des espèces... Pourtant, de nouveaux projets d'extraction d’hydrocarbures se développent, le trafic aérien continue sa progression effrénée et l’intelligence artificielle multiplie drastiquement les besoins en énergie, tout ceci accélérant la crise climatique alors qu’il s’agit de la freiner. Face à cette situation critique, l'action politique semble avoir abdiqué.

Le budget carbone de l’humanité

Pour proposer de nouvelles solutions, Sébastien Mabile évoque le principe d’un “budget carbone” restant à l’humanité, qu’il définit comme une estimation théorique des émissions mondiales nettes cumulées de CO², “depuis une date donnée jusqu'au moment où ces émissions deviennent égales à zéro, qui permettraient, avec une certaine probabilité de limiter le réchauffement planétaire à un niveau déterminé”. Le GIEC estime ce budget carbone à 580 milliards de tonnes en équivalent CO² pour ne pas dépasser les +1,5°. Un chiffre qui, au rythme actuel, devrait être atteint dès 2028 alors que la neutralité carbone est visée à l’horizon 2050 selon l’accord de Paris.

Face à l'urgence climatique, la solution s'impose d'elle-même : réduire drastiquement les émissions globales, maintenant. L'ouvrage de Mabile aborde alors une question cruciale : comment répartir équitablement cet effort de réduction ? Le défi est complexe, ce que l’on peut constater à l'échelle individuelle : même en adoptant un mode de vie vertueux - sans voiture ni avion, avec une consommation limitée de viande - nous dépassons encore les seuils recommandés. Selon le cabinet Carbone 4 de Jean-Marc Jancovici, cité par Mabile, les efforts individuels ne permettent en effet de réduire notre empreinte carbone que de 25 à 45%, le reste étant déterminé par l’environnement sociotechnique et politique.

Par ailleurs, 10% de la population mondiale, détenant 52% des richesses, est responsable de plus de la moitié des émissions produites entre 1990 et 2015 ! Plus frappant encore, le 1% des plus fortunés génère à lui seul 15 à 17% des émissions, avec une empreinte moyenne de cent tonnes de CO² par an et par personne - l'équivalent des émissions de 3,8 milliards des individus les plus pauvres. Une élite de super-milliardaires épuise ainsi le budget carbone de l'humanité sans contrainte ni contrôle, tandis que les populations les plus démunies, souvent à l'autre bout du monde, subissent déjà les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique.

Face à ce constat, Mabile plaide pour une réglementation du “budget carbone” considéré comme bien commun, impliquant une régulation du droit d’émettre des gaz à effets de serre. Au-delà des symboles évidents comme les yachts de luxe et les jets privés, il préconise l'instauration d'une véritable justice climatique mondiale.

La “Guerre climatique”

Pour Mabile, la justice climatique doit s'appuyer sur un nouvel arsenal juridique solide, légitimé par le droit à vivre des générations futures. Cette nouvelle approche permettrait d'engager la responsabilité des principaux émetteurs de gaz à effet de serre : compagnies pétrolières, institutions bancaires et États.

Notre système dans son ensemble doit être repensé. La réalité actuelle révèle un système aujourd’hui non seulement profondément inégalitaire mais carrément contraire aux principes énoncés. Par exemple, tandis que le citoyen ordinaire est lourdement taxé sur son carburant, les propriétaires de jets privés bénéficient d'une exemption de taxes sur leur kérosène. De la même manière, les usagers du rail s'acquittent de droits de péages kilométriques qui rendent le train coûteux tandis que le transport aérien prospère grâce à de généreuses subventions publiques. Les propriétaires de yachts de luxe, quant à eux, disposent de multiples échappatoires pour contourner leurs obligations fiscales.

En ciblant prioritairement les 10% les plus fortunés responsables de la moitié des émissions mondiales, la justice climatique créerait par ailleurs les conditions d'une acceptation sociale des efforts demandés au reste de la population : la mobilisation des gilets jaunes a démontré qu’il n’y aura pas d’acceptabilité de mesures en faveur du climat sans répartition juste. Il faut donc selon Mabile “empêcher les riches”, en limitant les émissions de chacun en fonction de son niveau de richesse. Un travail qui semble a priori complexe, mais a déjà été modélisé par plusieurs groupes de chercheurs dans le monde, avec divers scénarios.

Remettre en cause les dogmes

Comme le souligne Mabile, le principe de justice climatique n'est pas nouveau dans les relations internationales puisque les accords majeurs sur le climat - le protocole de Kyoto et l'accord de Paris notamment - reconnaissent déjà la responsabilité accrue des pays occidentaux dans la réduction des émissions, comparée à celle des pays en développement, et leur donne en conséquence des obligations plus importantes. Etrangement, cette logique n'a jamais été transposée à l'échelle individuelle.

Pour l'auteur, il faudra pour avancer remettre en question deux dogmes contemporains : le mythe de la croissance infinie et la sacralisation absolue des libertés individuelles, notamment celles de l’entrepreneur. Ces "totems", comme il les nomme, ne peuvent plus servir d'arguments pour bloquer l'action climatique. Mabile rappelle que sur de multiples sujets nos démocraties imposent déjà des limites aux libertés individuelles : la santé publique justifie par exemple la lutte contre le tabagisme, de même que la sécurité routière légitime les limitations de vitesse imposées aux conducteurs. Rien n’interdit donc au nom des droits fondamentaux des générations futures de limiter les émissions de chacun selon ses moyens.

La thèse de Mabile se démarque des discours habituels culpabilisant l'humanité dans son ensemble. La responsabilité dans l’action incombe selon lui clairement à une élite privilégiée qu'il décrit comme prisonnière d'une "vision narcissique de la liberté” dénuée de conscience et oublieuse de ses responsabilités. Cette même élite, consciente qu'elle seule disposera des moyens de s'adapter aux bouleversements climatiques à venir, perpétue un système profondément inégalitaire qu’il invite à combattre. L'auteur appelle ainsi à une nouvelle forme de lutte des classes, dont l'enjeu n'est autre que la survie de notre espèce.

Justice Climatique. Pour une nouvelle lutte des classes, Sébastien Mabile (Actes Sud, 176 pages,15 €)


vendredi 3 janvier 2025

Une BD de Philippe Bihouix et Vincent Perriot : "Ressources : Un défi pour l'humanité"

Source : https://bedetheque.com/BD-Ressources-Un-defi-pour-l-humanite-505568.html

Ressources : Un défi pour l'humanité
Une BD de Philippe Bihouix et Vincent Perriot chez Casterman - 2024

À en croire les milliardaires de la Silicon Valley, notre destin passerait inéluctablement par les métavers, l'intelligence artificielle, les robots autonomes et la conquête spatiale, tandis que les énergies renouvelables et les voitures électriques nous permettraient de maintenir notre « niveau de vie » tout en poursuivant la croissance économique et en « sauvant » la planète au passage. Mais les limites planétaires se rapprochent dangereusement : changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, pollutions globales... Alors peut-on croître indéfiniment ? Et si la contrainte sur les ressources matérielles à disposition, sur la planète et même dans le système solaire, mettait fin à cette course en avant effrénée ? Ressources dresse un état des lieux sans concession, mais ouvre des pistes concrètes vers un avenir durable. Un dossier complète l'album avec 12 pages d'informations complémentaires, de glossaire et de sources.

LE MONDE RÊVÉ DE MUSK N'EXISTERA PAS - Philippe Bihouix | LIMIT



Entretien avec Philippe Bihouix, auteur de la BD Ressources


vendredi 5 janvier 2024

samedi 2 décembre 2023

Faut-il en finir avec les locations immobilières ?

Source : https://mrmondialisation.org/finir-locations-immobilieres/

Symbole de la société capitaliste de classes, la location immobilière permet à une minorité d’individus de s’enrichir en exploitant le travail de millions de citoyens. À l’heure où le logement représente une part de plus en plus conséquente du portefeuille des foyers, la question du droit à la propriété et la limitation des locations se pose très sérieusement.

Lire la suite

 

 


 



jeudi 2 novembre 2023

George Monbiot : « Derrière chaque mouvement fasciste, il y a un milliardaire »

Source : https://reporterre.net/George-Monbiot-Derriere-chaque-mouvement-fasciste-il-y-a-un-milliardaire

Nourrir le monde... sans dévorer la planète, de George Monbiot, aux éditions Les liens qui libèrent, octobre 2023, 368 p., 24 euros.

 

George Monbiot est le chroniqueur écologiste le plus en vue dans le monde anglo-saxon. Sa colonne régulière dans The Guardian — un journal en accès libre et ne dépendant que de ses lecteurs, comme Reporterre — pourfend les destructeurs de la planète. De passage à Paris pour présenter la traduction de son dernier livre Nourrir le monde (Les liens qui libèrent), il a répondu à Reporterre sans mâcher ses mots.


mardi 24 octobre 2023

Inégalités : millier, million et milliard...

 

Et si les un peu riches, les riches, les très riches et les super riches ne faisaient pas partie de la même classe ?

Appréhender la différence

Pour compter jusqu'à 100 000, il faut un peu plus de 12 heures...
Pour compter jusqu'à 1 million, il faut 11 jours...
Pour compter jusqu'à 1 milliard, il faut 31 ans.


Rapport sur les riches en France, édition 2022

 

La seconde édition du Rapport sur les riches en France dresse un portrait social des privilégiés, à travers les données les plus récentes sur les revenus et sur le patrimoine. Elle présente aussi deux éclairages inédits sur le rôle de l’héritage d’une part, et sur les conditions de vie des riches d’autre part.



dimanche 18 septembre 2022

Déconstruire nos croyances sur l’économie du don

Source : https://mrmondialisation.org/deconstruire-nos-croyances-sur-leconomie-du-don

Définition du don et du potlatch

Le don semble se référer à une prestation volontaire, libre, gratuite et désintéressée. Or, malgré les apparences, les analyses du sociologue montrent que les échanges sous forme de don sont en réalité obligatoirement faits et rendus, contraints et intéressés.

Le potlatch repose sur trois obligations qui constituent son essence : celle de donner, de recevoir et enfin de rendre.

« Il a fallu la victoire du rationalisme et du mercantilisme pour que soient mises en vigueur, et élevées à la hauteur de principes, les notions de profit et d’individu».

Relation fusionnelle entre personnes et objets

Contrairement aux sociétés qui nous ont précédées, les sociétés modernes distinguent nettement droits personnels et droits réels, de même que les personnes et les choses, ainsi que l’obligation ou la prestation non gratuite et le don. 

Sa définition de la relation personnes-objets des sociétés antérieures

« il y a mélange de liens spirituels entre les choses qui sont à quelque degré de l’âme et les individus et les groupes qui se traitent à quelque degré comme des choses ».  

La morale du don toujours en vigueur

« une partie considérable de notre morale et de notre vie elle-même stationne toujours dans cette même atmosphère du don, de l’obligation et de la liberté mêlés. »

Nous accordons par ailleurs toujours une attache sentimentale aux objets malgré la morale marchande qui domine nos comportements.

Le neveu d’Émile Durkheim voit ainsi dans nos sociétés se mettre en place plusieurs principes socialistes de résistance à la froideur absolue des échanges entre individus, telle que la législation de l’assurance sociale

Retour à la morale des autres sociétés

En effet, le partage du travail dans la société du don a un sens profondément social, contrairement au néolibéralisme qui isole l’individu et le dissocie de son travail qui sert de profits à autrui. Or l’économie de l’échange et du don n’entre pas dans les cadres économiques de l’utilitarisme.

Autrefois, le don entrait dans le cadre d’une notion hybride selon l’anthropologue, à l’intersection entre des prestations libres, gratuites et des échanges intéressés, utiles.

la morale moderne et utilitariste centrée sur l’individu et le profit, est profondément inégalitaire et surtout socialement regrettable pour les êtres humains.

 

Références bibliographiques :

  1. Sociologie-Ethnologie. Auteurs et textes fondateurs. (ss dir) d’Alain Gras. Publications de la Sorbonne, 2003. Via https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Mauss
  2. Mauss, Marcel. Sociologie et anthropologie. Presses Universitaires de France, 2004.
  3. Sahlins Marshall. Philosophie politique de l’ « Essai sur le don ». In: L’Homme, 1968, tome 8 n°4. pp. 5-17.

 

lundi 27 septembre 2021

Sexisme et argent

 Source : https://www.slate.fr/audio/rends-largent/

Podcast - Rends l'argent - Titiou LECOQ

Vous avez sans doute déjà été en couple. Qui payait quoi? Est-ce qu'il y avait un maître ou une maîtresse de l'argent? Vous êtes-vous déjà installés à une table pour parler fric? Qui passe une soirée entière à faire des comptes pour savoir combien... 

 

L'argent, le dernier tabou des couples

Comment faites-vous les comptes? Tous les combien? Si vous êtes en couple, avez-vous un compte commun? Quelle est la répartition des dépenses? Qui s'occupe de l'administratif? Et des impôts comme la taxe d'habitation?

Comme beaucoup, vous ne vous êtes probablement jamais installés à une table pour parler fric. Qui passerait une soirée entière à faire des comptes pour savoir combien chacun versera? Car parler d'argent dans le couple, c'est délicat, voire tabou. Dans ce premier épisode de Rends l'argent, Titiou Lecoq va à la rencontre de couples pour poser les questions qui fâchent. Et enquêter sur la place des finances dans les histoires d'amour.

Pourquoi il faut mettre en place un impôt féministe

https://www.slate.fr/audio/rends-largent/pourquoi-il-faut-mettre-en-place-un-impot-feministe

Surprise: quand il s'agit d'impôts, un certain nombre de femmes se font arnaquer. Il y a un véritable enjeu à la fois féministe et de justice sociale, car le système actuel est profondément injuste: en France, on pratique ce qu'on appelle la conjugalisation des impôts –le fait que l'État oblige les couples mariés ou pacsés à faire une déclaration commune. Cette conjugalisation favorise les hommes, ou plutôt les plus gros revenus, donc en général les hommes.

Ils sont comme récompensés d'avoir une épouse qui gagne peu ou qui ne travaille pas à temps complet, puisque cela fait baisser leurs impôts. Et si en plus on factorise la répartition des tâches ménagères... Considérant le travail ménager comme un travail non rémunéré, non seulement la plupart des femmes effectuent un travail gratuit, mais en plus leurs maris en tirent un avantage fiscal. C'est comme si l'ensemble de la société payait pour décharger les hommes mariés.

Dans ce quatrième épisode de Rends l'argent, Titiou Lecoq va à la rencontre d'Héloïse Bolle, gestionnaire de fortune au sein de l'agence Oseille, de Christine Delphy, sociologue spécialiste des études féministes, et d'Arièle Bonte, journaliste, ancienne rédactrice en chef de la newsletter économique et féministe #5novembre16h47.


RFI - Les femmes et l’argent : une relation en or ?

https://savoirs.rfi.fr/fr/comprendre-enrichir/societe/les-femmes-et-largent-une-relation-en-or

Les femmes représentent à peu près 50 % de l'humanité mais ne détiennent qu'1 % des richesses mondiales. Un lien peut-il être fait entre cette différence frappante et un lien des femmes avec l'argent qui serait différent de celui de leurs homologues masculins ?

49'30" - Première diffusion le 25 mars 2015

invités :
- Marianne Rubinstein, économiste, maître de conférences à l'Université Denis Diderot Paris 7.
- Marie-Françoise Hans, romancière, essayiste  auteur de 33 histoires de femmes et d’argent, éditions L’âge d’homme.
- Patrick Avrane, psychanalyste, auteur de Petite psychanalyse de l’argent , Éditions PUF.



dimanche 27 juin 2021

L'iceberg des économies capitalistes et patriarcales

Source : livre "Nous ne sommes pas seuls"

Lire des mécanismes communs au patriarcat et au capitalisme, le second semblant bien découler du premier si l'on regarde le régime relationnel à l’œuvre :

  1. invisibilisation
  2. appropriation
  3. exploitation 

Ah et bien voilà une image qui montre tout cela très bien !

Capitalisme < classisme < sexisme < colonialisme < naturalisme
traduire par  

  • exploitation du capital (faire du profit grâce à l'argent des autres) 
  • < exploitation du travail (faire du profit avec le travail des autres et sur les inégalités sociales) 
  • < exploitation des femmes (faire du profit "ménager, sexuel, reproductif, émotionnel, relationnel, de parole..." avec les femmes et sur les inégalités de genre) 
  • <  exploitation des autres pays/cultures (faire du profit avec les ressources et le travail des autres et sur les inégalités historiques de puissance politique et économique)
  • < exploitation du vivant (faire du profit avec la vie des autres qu'humains et sur les inégalités biologiques)



lundi 10 août 2020

Plancher social et plafond écologique : le donut !

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Limites_plan%C3%A9taires

Les neuf limites écologiques qu’il ne faudrait pas dépasser pour préserver la stabilité de la planète :

  1. le changement climatique,
  2. l’érosion de la biodiversité,
  3. la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore,
  4. les changements d’utilisation des sols,
  5. l’acidification des océans,
  6. l’utilisation mondiale de l’eau,
  7. l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique,
  8. l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère,
  9. l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère

 





Les 12 dimensions de la vie sociale :

  1. Accès à l'eau
  2. Accès à une alimentation saine et nutritive
  3. Accès à des services de santé
  4. Accès à des services éducatifs/culturels
  5. Accès à un logement
  6. Accès à des revenus et de l'activité
  7. Accès à des réseaux d'information et de transports
  8. Accès à l'énergie
  9. Droit à la paix et à la justice
  10. Droit à l'égalité politique / la citoyenneté (démocratie réelle)
  11. Droit à l'équité sociale
  12. Droit à l'égalité de genre

 

 

Version graduée et dynamique :  www.kateraworth.com/doughnut/

 

Appliquer la grille à l'échelle locale : https://www.kateraworth.com/2020/07/16/so-you-want-to-create-a-city-doughnut/

 

 



jeudi 27 février 2014

Perturbateurs endocriniens: comment l’industrie a saboté la réglementation européenne

Source : JDLE

C’est à une bataille d’influence homérique, et pour l’heure payante, que se livre l’industrie des produits chimiques, pour que l’Union européenne n’adopte pas -ou en tout cas, pas trop rapidement- de réglementation sur les perturbateurs endocriniens (PE). C’est ce que décrit le député écologiste français Jean-Louis Roumégas dans un rapport d’information sur la stratégie européenne en matière de PE, ces substances qui, par centaines, agissent sur le système hormonal des humains comme des animaux. Ce rapport vient d’être adopté à l’unanimité par la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale.
Pourtant, la prise de conscience au plan communautaire avait l’air bien lancée quand en 1999 –soit 8 ans seulement après les premières alertes scientifiques sur le sujet- la Commission européenne adopte une communication stratégique ambitieuse, qui combinait études scientifiques, information de la population et action politique. «Depuis, rien n’a été fait», constate Jean-Louis Roumégas. Ou presque[1]. Certes, le critère de puissance (potency) n’a pas été retenu pour définir les PE, et le Parlement européen a adopté en mars 2013 une résolution offensive sur le sujet. Mais le bilan se révèle maigre.
LOBBYING À LA COMMISSION
C’est que l’essentiel se joue à l’ombre des couloirs bruxellois. «Les lobbies industriels, amenés par leurs intérêts particuliers à rejeter l’idée d’une réglementation plus sévère (…) cherchent d’abord à empêcher toute nouvelle mesure puis, lorsqu’une nouvelle réglementation apparaît inévitable, ils s’efforcent de limiter sa portée et de retarder son adoption», écrit sans fard Jean-Louis Roumégas.
TOXIQUE INCERTITUDE
Leur mode d’action? S’adresser directement «à des fonctionnaires et contractuels des directions générales de la Commission européenne, ainsi qu’[aux] membres de leurs groupes d’experts». Une offensive rendue d’autant plus nécessaire que les critères pour définir les PE commencent à prendre forme, grâce au travail du professeur en toxicologie humaine Andreas Kortenkamp. A la demande de la direction générale de la santé de la Commission, il a en effet rendu un rapport en décembre 2011 qui clarifie les fondements méthodologiques sur lesquels asseoir une définition. En mai 2013, la déclaration dite de Berlaymont, signée par 89 scientifiques phares dans le domaine, somme la Commission d’être ambitieuse et que «l’incertitude scientifique ne [retarde pas] la mise en place d’une réglementation». C’est pourtant très exactement ce qui va se produire.
CONTRE-FEU SCIENTIFIQUE
A l’été 2013, 18 scientifiques publient un même éditorial dans 14 revues scientifiques différentes. Leur objectif: décrédibiliser la position scientifique de la DG Environnement, basée sur le principe de précaution. 41 scientifiques ripostent et publient une critique des auteurs et de leurs positions, peu ou mal étayées. En apparence technique, cette controverse donne l’occasion de voir à l’œuvre une opération de lobbying d’une part, mais aussi les liens parfois troubles que la science peut entretenir avec le secteur privé. Car, comme le démontre la journaliste Stéphane Horel au terme d’une enquête fouillée sur les conflits d’intérêts, la quasi-totalité des cosignataires du premier éditorial nourrissent des liens forts avec les industries dont leur texte défend les intérêts. Ce «contre-feu bien organisé»débouche sur une réunion de consensus en octobre 2013 à l’initiative de la Commission, et «la controverse se dégonfle». Officiellement, les deux parties repartent d’accord sur un certain nombre de points (définition des PE, effets de seuil, effets non monotones, essais).
LA COMMISSION BAT EN RETRAITE
Sauf que le poison du doute a fait son œuvre: alors que les critères de définition et une nouvelle stratégie communautaire devaient être publiés en décembre 2013, la Commission annonce le lancement d’une consultation publique pour janvier 2014 (qui devrait durer trois mois et dont la date reste pour l’heure inconnue) et une évaluation d’impact sur le sujet pour mars 2014 (mais qui n’a connu aucun développement pour l’instant), au motif qu’il y aurait «une absence de consensus international sur la pertinence des effets dits à faible dose», dénonce le député européen socialiste Gilles Pargneaux dans un communiqué. Une tactique éculée, selon le député de Montpellier, puisque«le principe des études d’impact a été clairement suscité, naguère, par l’industrie du tabac, avec pour dessein de faire entrer dans les mœurs institutionnelles ce nouvel outil afin de contrecarrer la régulation sanitaire et environnementale».
UNE ÉVALUATION PUREMENT ÉCONOMIQUE
Cette évaluation des impacts, au passage, n’a aucune visée scientifique: elle doit examiner les conséquences socioéconomiques des différentes options réglementaires envisageables, «c’est-à-dire une démarche contradictoire avec le principe de précaution, qui exige de se conformer aux dangers sanitaires et environnementaux mis en évidence par les travaux scientifiques. L’étude d’impact risque de préconiser l’assujettissement de l’exclusion d’une molécule à la disponibilité, sur le marché, d’une substance active substituable, et donc d’entériner définitivement des impasses techniques sans se donner les moyens de les dépasser», écrit Jean-Louis Roumégas[2].
INDUSTRIE 1- EUROPE 0
En conclusion sur le pan européen du dossier, le député constate avec amertume que «le dossier des PE s’est donc enlisé, au point que rien de concret ne sera acté avant les élections au Parlement européen et le renouvellement de la Commission européenne qui s’en suivra (…) Les lobbies industriels résistants à la réglementation ont donc atteint leur meilleur objectif possible au vu du consensus scientifique récemment acté: reporter l’échéance au-delà d’un scrutin qui, espèrent-ils, verra se renforcer les effectifs des députés eurosceptiques, opposés par principe aux réglementations communautaires contraignantes».
LA FRANCE EN PANNE
L’espoir pourrait-il venir de la France, pays pionnier? C’est elle qui a interdit le bisphénol A (BPA) dans les biberons en 2011, qui a voté l’étiquetage obligatoire en 2015 pour les contenants alimentaires constitués de ce même BPA et qui a, de façon inédite dans l’espace européen, lancé en février 2013 une stratégie nationale sur les perturbateurs endocrinien (SNPE). En résumé, la réponse est… non.
UNE SNPE PARALYSÉE
Même si l’agence sanitaire hexagonale se montre volontariste sur le sujet –avec notamment unrapport publié en avril 2013 sur les substituts au BPA- la volonté politique d’avancer sur ce dossier de santé publique semble à l’arrêt. En témoigne la réaction des associations parties prenantes à la SNPE, qui lançaient en juin 2013 un appel critique intitulé «Perturbateurs endocriniens: le temps de l’action». Depuis plus de 6 mois, rien ne s’est passé: Jean-Louis Roumégas s’étonne d’ailleurs «de l’enlisement en cours [de la SNPE] dans les méandres des arbitrages interministériels. Je crains que cette phase d’arbitrage n’expurge le rapport des élément les plus exigeants». C’est d’ailleurs un secret de Polichinelle: quand l’hôtel de Roquelaure pousse pour l’adoption de mesures concrètes, le ministère de la santé est décrit comme «fossilisé» dans des approches inadaptées au changement de paradigme qu’imposent les PE. «Ils les considèrent comme un supplément d’âme, sans en faire un axe principal de politique de santé publique», déplore Jean-Louis Roumégas.
LEADERSHIP EN BERNE
Pas étonnant, dans ce contexte, que la France «ne [tienne] pas son rôle dans les négociations européennes», comme il est écrit dans le rapport, puisque c’est le ministère de Marisol Touraine qui est compétent pour siéger au Conseil européen ad hoc. «La France attend que la Commission fasse des propositions au lieu d’être elle-même moteur», confirme Danielle Auroi, la présidente de la commission des affaires européennes de l’Assemblée. Pas certain, dans ces conditions, que l’appel lancé par le réseau Environnement-Santé soit suivi d’effets. Le réseau souhaite en effet que la France «[intervienne de toute urgence pour que les blocages résultant de l’action de lobbying des groupes de pression industriels soient levés au plus vite et qu’une définition protectrice des PE soit enfin prise dans l’Union».
RECOMMANDATIONS
Le sénateur de l’Hérault achève son rapport sur plusieurs recommandations. Il enjoint la Commission de publier «sans délai» une nouvelle communication stratégique d’ensemble et une définition unique des PE, «fondée sur le critère de danger intrinsèque, incluant substances avérées et substances suspectées, afin d’en faire une classe distincte des autres produits chimiques toxiques». Dans l’attente de l’interdiction absolue d’un perturbateur endocrinien avéré ou suspecté, sa présence dans tout produit, article ou emballage «doit être précisée dans un avertissement sanitaire bien visible sur l’étiquette, mettant particulièrement en garde les publics sensibles», en parallèle d’une information de la population et du renforcement de la recherche scientifique. Il invite également la Commission, le Parlement européen et les Etats à développer des instruments de responsabilité élargie des producteurs et utilisateurs de PE, «afin de pénaliser la poursuite de leur usage, d’inciter à l’innovation et de financer des efforts collectifs de recherche et de développement en éco-conception». Enfin, il enjoint les représentations nationales des 28 à se saisir du dossier.



[1] Quatre rapports d’évaluation ont bien été réalisés, une liste prioritaire de substances a été édictée et des programmes de recherche sont en cours.
[2] Qui consacre par ailleurs une partie de son rapport aux avantages compétitifs qu’engendrerait une réglementation stricte.

mercredi 13 février 2013

Pourquoi le gouvernement renonce à réformer les impôts

Source : Observatoire des inégalités


La réforme fiscale n’aura pas lieu. Essayer de comprendre le renoncement du gouvernement permet d’analyser les difficultés de la gauche à rendre l’impôt plus juste et plus efficace. Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.



samedi 24 novembre 2012

Les outils existants de financement coopératif

 Les outils existants de financement coopératif :

  • Logement : Bati-Cités
    http://www.bati-cites.fr/bati-cites/infographie
  • Terres agricoles : Terre de liens
    http://www.terredeliens.org/spip.php?page=accueil
  • Energie : Energie Partagée
     http://energie-partagee.org
  • Création et développement d'activités solidaires
     http://www.ies.coop
     http://www.cigales.asso.fr
  • Société de capital-risque dédiée à la reprise d’entreprises par les salariés : Transméa
     http://www.transmea.coop
  • Autres projets : La Nef
     http://www.lanef.com
  • Et bien sûr, à venir les fonds de dotation de tous les projets de monnaies locales et complémentaires...


vendredi 16 novembre 2012

Halte aux privilèges, à bas les dépassements d’honoraires !

Source : Pratiques, Les cahiers de la médecine utopique

La revue Pratiques est profondément choquée par l’annonce de l’accord intervenu entre la sécurité sociale et les syndicats de médecins libéraux. Elle vous invite à partager la révolte de soignants et citoyens qui rejettent tout dépassement d’honoraires par les médecins ou autres professionnels de santé. Les soins ne sont pas une marchandise, les tarifs doivent être encadrés comme toute activité financée par la solidarité. Il en va de l’avenir de notre sécurité sociale
Pour l’abolition des privilèges, pour un débat public sur la santé ouvert à l’ensemble des citoyens, signez la pétition !