Avec une température moyenne de 24°C
entre juin et août, l’été 2026 pulvérise le précédent record établi en
2003, qui plafonnait à 23,1°C. Selon le bilan de Météo-France,
l’anomalie mesurée cette année atteint +3,6°C par rapport à la normale saisonnière, contre +2,7°C en 2003 et +2,3°C en 2022. Mais
c’est en resituant ces données par rapport à l’ère préindustrielle que
le vertige devient palpable : l’écart grimpe alors à +5°C, dont 2,4°C directement imputables au changement climatique d’origine humaine.
Bilan climatique de l’été 2026 (juin-juillet-août)
L’été 2026 devient l’été le plus chaud depuis 1900 avec une température
moyenne sur 24h de 24,0 °C (+3,6 °C), devant les étés 2003 (+2,7 °C) et
2022 (+2,3 °C). Les températures maximales de l’été 2026 ont souvent
atteint des valeurs inédites et affichent, en moyenne sur la saison, une
anomalie de 4,8 °C (+3,3 °C en 2003).
Les
pires heures de l’été 2026 semblent derrière nous. Mais alors que les
canicules, sécheresses et incendies s’éloignent, il ne faut oublier ni
ces manifestations du changement climatique, ni leurs responsables,
prévient la directrice de la rédaction de Reporterre dans cet éditorial.
Les températures ont baissé, la pluie est revenue, les flammes
des incendies se sont calmées. Sur les chaînes d’information, les
panaches de fumée, les sols craquelés, les hôpitaux bondés ont rendu
l’antenne. La menace d’une énième canicule généralisée s’éloigne à
mesure que la rentrée des classes approche. À l’heure où s’égrainent les
bilans chiffrés d’un été de chaos — au moins 7 500 morts en excès liés aux canicules en France, plus de 300 morts par noyade, 25 000 sinistres causés par les incendies, qui ont généré 500 millions d’euros de dégâts —, un retour à la normale s’esquisse.
Il n’en est rien. Ce que nous venons de vivre n’est pas une parenthèse désagréable. Les personnes mortes dans des HLM
sans volets, les nourrissons hospitalisés pour déshydratation, les
animaux pris au piège par les flammes, les poissons morts par milliers
dans les cours d’eau à sec, les arbres calcinés ou jaunis par la sécheresse et les récoltes perdues ne sont pas des faits divers.
Cet été, l’Europe n’a pas eu le luxe du déni. Elle a vécu dans sa chair les manifestations du péril climatique qui touchent une grande partie du monde et auxquelles le Népal fait face,
de manière encore plus dramatique, aujourd’hui. Après l’été brûlant,
place désormais aux tornades, orages, crues et glissements de terrain.
Faux débats et diversion
Cet été, alors que l’évidence était sous nos yeux, les tentatives de
diversion, souvent grossières, se sont multipliées. La chasse aux
pyromanes, le refrain sur la climatisation, les attaques contre les écologistes : ces faux débats ont saturé l’espace médiatique. Outils d’une stratégie bien huilée de maintien du statu quo, ils sont une insulte à la gravité de ce que nous vivons. Le sujet n’est pas là. Il n’est pas non plus de savoir « comment gérer notre écoanxiété » ainsi que nous y a invités, en plein mois de juillet alors que tout brûlait, une campagne de communication du gouvernement.
Cet été, bien sûr, nous avons eu peur. Pour nous, pour nos proches,
pour la suite... Mais cette peur n’est pas une faiblesse individuelle,
une difficulté à gérer nos émotions. C’est une alerte, un réflexe de
survie qu’il serait dangereux de mettre en sourdine sitôt les pelouses
reverdies. Cette peur est politique, puisque la canicule, les incendies et la sécheresse le sont.
Dans un pays où les services publics s’étiolent après des années
d’attaques, les périls climatiques affectent les plus vulnérables et
exacerbent les inégalités. L’enjeu n’est donc pas de sauver sa peau, de
s’équiper, de s’adapter, puis de passer à autre chose en attendant l’été
suivant. On peut toujours acheter des ventilateurs, climatiser,
déménager : nous gagnerons quelques années, quelques degrés.
« L’autocongratulation d’Emmanuel Macron ne trompe personne »
Le moment est donc venu de tout repenser. De désigner les coupables, de les empêcher de poursuivre leur business as usual
et de les faire payer. De rappeler qu’atténuer l’ampleur du désastre
est toujours possible. Que cet enchaînement de canicules débuté en mai,
que ces centaines de milliers de personnes déplacées par l’incendie en
Gironde, que cette sécheresse dont l’agriculture pourrait ne pas se relever... sont le fruit de décennies de politiques climaticides.
L’autocongratulation d’Emmanuel Macron, satisfait d’avoir mené « un très gros travail » en matière de lutte contre le changement climatique, ne trompe personne. Pas plus que le ton goguenard d’un Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, qui ne se sent « aucune responsabilité », se félicite « d’apporter des solutions » et, dans sa grande bonté, offre le carburant aux pompiers.
Enrayer la terrible machine
Rien de tout cela ne nous fait oublier que TotalEnergies, comme
ExxonMobil avant lui, a mené un intense lobbying depuis plus d’un
demi-siècle pour maintenir et décupler les activités à l’origine de ce
que nous avons vécu cet été. Ce sont ces décennies de propagande et de fabrique du doute qui leur permettent, aujourd’hui encore, d’afficher des profits hors normes. Car le lien entre combustion des énergies fossiles et réchauffement climatique est connu depuis près d’un siècle. Les effets dévastateurs de nos économies capitalistes ne sont plus à prouver. Et pourtant, on s’acharne à construire des autoroutes et l’on annonce bétonner des terres agricoles pour de nouveaux parcs d’attractions.
Qu’attendons-nous pour faire cesser ces destructions ? À Reporterre, nous savons que les luttes peuvent être victorieuses, que des alternatives existent, qu’agir collectivement permet de tromper la peur
et le découragement, et que des grains de sable, pourvu qu’ils soient
nombreux, peuvent enrayer la terrible machine capitaliste.
Alors, tandis que dirigeants et capitaines d’industrie s’enfonceront
dans le déni pour maintenir un ordre social qui les préserve des ravages
qu’ils ont eux-mêmes créés, des centaines de milliers de personnes
pourraient bien rivaliser d’imagination pour ne plus les laisser nous
nuire en toute impunité.
Depuis fin mai, le manque d’eau et les canicules à répétition ont profondément bouleversé l’ensemble de l’agriculture française, avec des impacts différents selon les filières et les régions.
Vert a compilé les chiffres remontés par les filières et les services de l’État pour dresser le panorama de cet été désastreux.
«
J’aimerais que cette idée demeure : la communauté scientifique n’a pas
exagéré. Cela invite à regarder sérieusement ce qu’elle prévoit pour
cinq, dix ou quinze ans, et qui n’est pas réjouissant. »
Le
climat n’a pas soudainement franchi une frontière lors de cet été 2026
caniculaire en France, il se transforme depuis des décennies, et « chacune d’elles est désormais plus chaude que la précédente »,
rappelle le climatologue. Socialement et politiquement, en revanche, la
possibilité d’une bascule reste présente. Si, enfin, le changement
climatique cessait d’être une politique sectorielle pour devenir la
contrainte à partir de laquelle toutes les autres politiques seraient
pensées. Sinon, 2026 rejoindra la collection de nos étés « historiques ». Jusqu’au prochain.
Points de bascule climatiques : la planète au bord d’un gouffre imprévisible
Reporterre
9–12 minutes
L’humanité a trop déstabilisé le climat, au point de l’avoir rapproché de « points de bascule » au potentiel cataclysmique, alertent 160 scientifiques dans un nouveau rapport.
Le monde vient d’entrer « dans une nouvelle réalité ».
Celle où de nombreuses composantes du système climatique menacent de
basculer à tout moment vers un nouvel état qui ferait encourir « des risques catastrophiques à des milliards de personnes ». Telle est l’alerte solennelle lancée par 160 scientifiques de 23 pays, dans le rapport Global Tipping Points, publié le 13 octobre et coordonné par Timothy Lenton, professeur à l’université d’Exeter en Angleterre.
Ces chercheurs figurent parmi les plus grands spécialistes au monde dans l’étude de ce que l’on appelle les points de bascule climatiques.
Le terme désigne le seuil critique au-delà duquel un élément clé du
climat terrestre (calottes polaires, courants océaniques, forêts
tropicales, etc.) peut basculer dans un nouvel état, de manière souvent
irréversible.
Le système peut relativement bien résister à un certain degré de
déstabilisation (le réchauffement global, la déforestation, etc.),
jusqu’à ce qu’un petit changement de trop le fasse basculer. Le point de
bascule est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Or, le seuil de 1,5 °C de réchauffement planétaire pourrait bien
s’avérer être cette goutte de trop. Nous avons pour la première fois franchi cette température fatidique sur l’année 2024,
de manière temporaire. Et nous devrions, selon toute probabilité, la
franchir définitivement d’ici quelques années, alertent les chercheurs.
Avec le risque d’effets en cascade à travers la planète. Nous entrons
ainsi dans l’ère des points de bascule.
Deux ans après leur premier rapport, les membres de l’initiative
Global Tipping Points soulignent à quel point la situation s’est déjà
dégradée. Première mauvaise nouvelle : les points de bascule concernant
la biosphère « se rapprochent plus vite qu’on ne le pensait », dit le rapport.
Ainsi des récifs coralliens tropicaux. À l’instar de la Grande Barrière de corail, ils ont connu en 2024-2025 leur pire épisode de blanchissement,
provoqué par les chaleurs extrêmes de l’océan. Bien que les situations
diffèrent selon les régions du globe, les chercheurs estiment que leur
point de bascule moyen se situerait autour de 1,2 °C de réchauffement
global. Autrement dit, nous aurions déjà franchi ce premier point de
bascule.
Risque de « savanisation » en Amazonie
La situation n’est guère plus enviable pour la forêt amazonienne.
Soumise aux nombreux stress provoqués par le réchauffement, dont
d’intenses sécheresses, elle doit aussi affronter les ravages de la
déforestation. Si trop d’arbres disparaissent, cette forêt tropicale qui
a la caractéristique merveilleuse de produire en partie sa propre pluie
pourrait entrer dans un cercle vicieux : produire de moins en moins de précipitations et, n’ayant plus assez d’humidité pour survivre, se transformer en savane.
Ce point de bascule serait là aussi plus proche que précédemment
estimé, se situant en dessous des 2 °C de réchauffement, selon les
auteurs du rapport. Des travaux cités par les chercheurs avancent
l’hypothèse qu’une perte de 20 % de la surface actuelle
de la forêt amazonienne, combinée à un réchauffement global compris
entre 1,5 et 2 °C, pourrait faire franchir un point de bascule aux deux
tiers de l’Amazonie.
Les incertitudes sont toutefois importantes. Les scientifiques estiment que le risque de « savanisation »
est crédible avec un haut degré de confiance pour certaines zones de
l’Amazonie à l’échelle locale, mais avec une confiance seulement faible à
l’échelle du continent.
Des océans d’imprévisibilité
La situation est aussi particulièrement critique pour les glaces du
globe. Notamment pour les calottes polaires. La calotte glaciaire de
l’Antarctique de l’ouest et celle du Groenland sont les deux systèmes
glaciaires dont la vulnérabilité est la plus certaine : leur
effondrement, une fois enclenché, se poursuivrait sur plusieurs
décennies à plusieurs siècles, voire des millénaires, entraînant
plusieurs mètres de montée du niveau des mers. Or, ce point de bascule
pourrait avoir déjà été déclenché. Il menace de l’être depuis que nous
avons franchi la barre de 1 °C de réchauffement.
Les courants océaniques, comme l’Amoc
et la gyre subpolaire, sont eux aussi menacés de franchir des points de
bascule dès le niveau actuel de réchauffement, bien que la
compréhension et l’évolution de ces systèmes soient entourés
d’incertitudes importantes, notent les chercheurs.
Basculements en cascade
L’autre point saillant et particulièrement inquiétant du rapport,
c’est l’interconnexion qu’il documente entre la plupart des 20 points de
bascule qui ont été évalués. Lorsqu’un élément franchit un point de
bascule, il est souvent susceptible d’avoir des effets, la plupart du
temps déstabilisateurs, sur d’autres composantes du système climatique,
menaçant de leur faire à leur tour franchir un point de bascule.
L’Amoc est le meilleur exemple de ces multiples effets en cascade
possibles. L’affaiblissement de ce courant atlantique, au rôle crucial
dans les échanges de chaleur entre l’océan et l’atmosphère, pourrait par
exemple aggraver la déstabilisation des glaces de l’Antarctique de
l’ouest. Ou encore déstabiliser le phénomène El Nino dans le Pacifique,
qui à son tour affaiblirait encore davantage la forêt amazonienne.
Les effets en cascade ne s’arrêtent pas aux systèmes climatiques :
les catastrophes climatiques provoquées menaceraient de faire courir des
risques majeurs à des éléments clés de la stabilité de nos sociétés, « comme
la sécurité alimentaire, les infrastructures énergétiques, la stabilité
économique et la cohésion sociale, affectant des milliards de personne à
travers le monde », écrivent les auteurs.
« Les dégâts causés par les points de bascule seront très différents des dégâts classiques du changement climatique. Nous ne sommes pas prêts pour ça ! Nos décideurs ne comprennent pas ce que signifient les points de bascule », appuie Manjana Milkoreit, chercheuse à l’université d’Oslo et co-autrice du rapport.
Grosses incertitudes
Ce concept de points de bascule est d’autant plus difficile à faire
émerger à l’agenda politique que la survenue de ces phénomènes reste
entourée de beaucoup plus d’incertitudes que d’autres catastrophes
climatiques à venir.
Au sein même de la communauté scientifique, tout le monde n’est pas
d’accord sur l’opportunité de communiquer trop fortement sur ces points
de bascule. Certains craignent que ces mécanismes complexes et encore
mal compris ne détournent l’attention. Alors même que les efforts
d’adaptation aux effets beaucoup plus directs et étayés du changement
climatique, comme l’intensification des sécheresses, des tempêtes, des
inondations et autres, sont déjà largement insuffisants.
« Les points de bascule sont un sujet extrêmement
important, mais on n’est pas sûr de savoir où sont les seuils. Il y a
des estimations sur la bascule de l’Amazonie, mais ça peut advenir à
1,5 °C comme à 3 °C, on n’a pas de certitude », dit
Freddy Bouchet, directeur du Laboratoire de météorologie dynamique et
l’un des coordinateurs de ClimTip, l’un des deux grands projets
européens sur les points de bascule.
« C’est une question de gestion des risques :
est-ce qu’il faut s’adapter en urgence aux risques davantage certains,
présentés dans les rapports du Giec, ou bien anticiper les risques
potentiellement encore bien plus graves mais plus incertains ? Personnellement, je pense qu’il faut tout faire à la fois », ajoute-t-il.
Des « points de bascule positifs »
C’est bien l’avis des auteurs de rapport Global Tipping Points, qui
rappellent une caractéristique essentielle de ces phénomènes
irréversibles : une fois franchis, il sera trop tard pour agir.
La bonne nouvelle (il y en a), c’est qu’en termes d’atténuation, il
n’y a pas à choisir. Que l’on cible les points de bascule ou les effets
plus classiques du changement climatique, les changements structurels et
radicaux auxquels appellent les climatologues restent les mêmes, pour
réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, atteindre
la neutralité carbone en 2050 et tout faire pour limiter au maximum le
réchauffement global.
L’autre avantage du concept de points de bascule, c’est qu’il peut
aussi être appelé à la rescousse pour entretenir l’espoir et mobiliser
la société. Le rapport évoque ainsi les possibilités de franchir des « points de bascule positifs ». Transports en commun, agriculture et alimentation durables, écosystèmes... Ceux-ci sont également nombreux.
À l’image de la baisse fulgurante récente du coût des panneaux
photovoltaïques, le développement de solutions ne suit pas une
trajectoire linéaire. Mieux : un petit effort supplémentaire pourrait
parfois suffire à entraîner le basculement technologique ou sociétal qui
paraissait, l’instant d’avant, n’être qu’une utopie lointaine.
Un village du Vaucluse imagine comment garantir l’accès à une nourriture de qualité pour tous. Une proposition de loi pour élargir l’expérience a été déposée.
Le 12 décembre 2024, The Shift Project et The Shifters présentaient les résultats de la Grande Consultation des Agriculteurs.
Cette grande consultation est composée d'étude qualitative suivie d’une enquête quantitative ayant recueilli l’avis de 7 711 agriculteurs et agricultrices sur l’avenir de leur secteur.
La Grande Consultation des Agriculteurs révèle que la grande majorité des agriculteurs sont prêts à accélérer la transition environnementale de leur secteur : plus de 80 % des répondants souhaitent adopter des pratiques agronomiques plus durables, et seulement 7 % déclarent ne pas souhaiter s’engager ou accélérer la transition de leur exploitation.
Ressources : Un défi pour l'humanité Une BD de Philippe Bihouix et Vincent Perriot chez Casterman - 2024
À en croire les milliardaires de la Silicon Valley, notre destin passerait inéluctablement par les métavers, l'intelligence artificielle, les robots autonomes et la conquête spatiale, tandis que les énergies renouvelables et les voitures électriques nous permettraient de maintenir notre « niveau de vie » tout en poursuivant la croissance économique et en « sauvant » la planète au passage. Mais les limites planétaires se rapprochent dangereusement : changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, pollutions globales... Alors peut-on croître indéfiniment ? Et si la contrainte sur les ressources matérielles à disposition, sur la planète et même dans le système solaire, mettait fin à cette course en avant effrénée ? Ressources dresse un état des lieux sans concession, mais ouvre des pistes concrètes vers un avenir durable. Un dossier complète l'album avec 12 pages d'informations complémentaires, de glossaire et de sources.
LE MONDE RÊVÉ DE MUSK N'EXISTERA PAS - Philippe Bihouix | LIMIT
Entretien avec Philippe Bihouix, auteur de la BD Ressources
Ça me détend tellement que des scientifiques disent à la fois les faits scientifiques et partagent leurs émotions... empathie empathie empathie...
00:00 : Introduction 02:34 : Que racontent les inondations en Espagne ? 06:27 : Le sentiment d’impuissance et la colère des scientifiques 12:56 : Comment le dérèglement climatique intensifie les orages 16:56 : Des inondations aggravées par une urbanisation brutale 24:48 : Les conséquences du climatoscepticisme au pouvoir / l’impréparation 29:05 : « Les valeurs du RN sont incompatibles avec la transition » L’extrême droite et l’écologie 42:05 : Le traumatisme des victimes de catastrophes climatiques 44:32 : S’adapter à une France à +4°C ? 51:13 : Comment s’adapter ? Nous avons les solutions 55:35 : Conclusion
De Paloma Moritz avec Christophe Cassou, climatologue et Magali Reghezza, géographe.
Face au changement climatique , des citoyens et citoyennes, des agriculteurs de différents secteurs, accordent leurs voix pour décider ensemble des transformations justes de l’usage de leurs terres. Une expérience scientifique a été réalisée dans le cadre du programme européen “Just Scapes" pour des paysages justes dans la vallée de l’Arac, en Ariège. Ce documentaire raconte cette histoire.
En 2023, l’année la plus chaude jamais enregistrée, la quantité de carbone absorbée par les terres s’est temporairement effondrée, selon les conclusions préliminaires d’une équipe internationale de chercheurs rapportées par The Guardian, le 14 octobre.
Cette année-là, à cause des sécheresses et des incendies, les forêts, les plantes et les sols n’ont pratiquement pas absorbé de carbone. En fondant plus vite que prévu, les glaciers du Groenland et les calottes glaciaires de l’Arctique ont perturbé le courant océanique Gulf Stream et les mouvements naturels du zooplancton, ralentissant de ce fait la vitesse à laquelle les océans absorbent le carbone.
L’effondrement des puits de carbone en 2023 pourrait être temporaire. Mais l’enjeu est de taille : ces écosystèmes — vastes forêts, prairies, tourbières et océans — sont indispensables pour absorber une partie des 37,4 milliards de tonnes de carbone émises dans le monde en 2023, un volume record. En outre, la possibilité d’un effondrement rapide n’a pas été prise en compte dans la plupart des modèles climatiques ; si ce phénomène perdure, il soulève la perspective d’un réchauffement rapide de la planète, au-delà des prévisions de ces modèles.
On craint de plus en
plus que la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique
(AMOC) ne s’effondre au cours de ce siècle, avec un impact sociétal
perturbateur sur de grandes parties du monde.
Les estimations
préliminaires de la probabilité d’un tel effondrement de l’AMOC étaient
jusqu’à présent basées sur des modèles conceptuels et des analyses
statistiques de données indirectes. Nous fournissons ici des estimations
basées sur l’observation de ces probabilités à partir de données de
réanalyse. Nous identifions d’abord les régions d’observation optimales
d’un effondrement de l’AMOC à partir d’une récente simulation d’un
modèle climatique mondial. Les données de salinité près de la limite sud
de l'Atlantique s'avèrent optimales pour fournir des estimations du
moment de l'effondrement de l'AMOC dans ce modèle. Sur la base des
produits de réanalyse, nous déterminons ensuite les fonctions de densité
de probabilité du temps d'effondrement de l'AMOC. Le temps
d'effondrement est estimé entre 2037 et 2064 (IC 10-90 %) avec une
moyenne de 2050 et la probabilité d'un effondrement de l'AMOC avant 2050
est estimée à .
[...]
Notre travail conduit donc à deux conclusions majeures.
Les observations à la limite sud de l'Atlantique semblent cruciales pour l'alerte précoce d'un AMOC
effondrement. En conséquence, il est important que les mesures SAMBA se poursuivent au cours des prochaines décennies.
Deuxièmement, la probabilité d’un effondrement de l’AMOC avant 2100 est très probablement sous-estimée.
GIEC-AR6 et doit être reconsidéré dans le GIEC-AR7.
Reporterre vous propose chaque premier samedi du mois une nouvelle de science-fiction inédite. Nous avons donné carte blanche à des autrices et auteurs pour écrire des textes qui nous transportent vers des futurs écologiques désirables.
Les impacts du changement climatique sont déjà visibles en France et dans le monde, et continueront de s’accroître. Pour pouvoir s’y préparer, il est essentiel de mieux se représenter ces conséquences.
À travers ces courtes histoires thématiques, mêlant ressources scientifiques et fiction, projetez-vous dans les chamboulements de la vie quotidienne induits par un réchauffement climatique à +2°C.
Un outil libre et gratuit au service de la transition agricole et alimentaire dans les territoires, né du rapprochement de CRATer et PARCEL.
Raconter les enjeux des territoires
Changement climatique, agriculture, alimentation... sont des sujets complexes. Territoires Fertiles vous aide à comprendre ces enjeux à différentes échelles : commune, PNR, EPCI, département...
Encourager le passage à l’action
Nous racontons et valorisons des histoires de transition qui émergent des territoires, pour inspirer les porteurs de projet et favoriser les échanges d’expérience.
Outiller les porteurs de projet
Diagnostic, argumentaire, méthodologie… Territoires Fertiles met à disposition des ressources et des données territorialisées pour vous faire gagner du temps.
Créateur de la première boulangerie solaire, Arnaud Crétot milite pour un accès intermittent à l’énergie. Dans cette tribune, il donne les clés pour adopter cette méthode au « potentiel colossal ».
Arnaud Crétot est le créateur de la boulangerie solaire NeoLoco. Il est artisan ingénieur et auteur du livre La boulangerie solaire — Un exemple pour un futur radieux (Terre vivante).
Rencontres Nationales TEPOS (Territoires à Énergie Positive) intervention Olivier Hamant - mercredi 27 septembre 2023
Intervention
du biologiste Olivier Hamant lors de la 13e édition des Rencontres
nationales des Territoires à énergie positive organisée par le
CLER-Réseau pour la transition énergétique et la Communauté de communes
des Monts du Lyonnais.
Il
invite à sortir du monde optimisé dans lequel nous vivons. Sa
démonstration propose d’arrêter le culte de la performance, c'est-à-dire
l’atteinte d’un objectif avec le moins de moyens possibles pour lui
préférer la recherche de la robustesse. Il présente cette dernière comme
la seule solution pour que notre société puisse faire face aux
multiples fluctuations et perturbations prévues par les scientifiques.