mardi 26 juillet 2011

La course à la distinction

Source : L'observatoire des inégalités

Une 2ème couche pour cette intéressante analyse...

"Dans une société égalitaire, la quête de reconnaissance mène à une course effrénée aux statuts, aux diplômes et à la consommation de biens de distinction. Une analyse de Jean-François Dortier, extraite du magazine Sciences Humaines."

Lire l'article

Qq extraits :
  • Dès lors qu’ils sont confrontés les uns aux autres, nous dit Rousseau, les hommes éprouvent aussitôt un besoin d’«  estime publique  » ou de «  considération  ». «  Chacun commença à regarder les autres et à vouloir être regardé soi-même, et l’estime publique eut un prix. (…) Et ce fut là le premier pas vers l’inégalité, et vers le vice en même temps ». L’idée est dérangeante. Les premières inégalités ne sont pas imposées de l’extérieur  : elles naissent du désir de chacun de se distinguer. Et les petites différences nées de ces premières inégalités suscitent des émotions très cuisantes  : «  D’un côté la vanité et le mépris, de l’autre la honte et l’envie ».
  • C’est un mécanisme redoutable que décrit là Marx. Il indique que la richesse est toujours relative. Que l’on ne mesure pas sa richesse par rapport aux gens les plus fortunés ou les plus démunis. Les extrêmes sont trop lointains et inaccessibles. C’est par rapport aux proches que l’on mesure sa position.
  • Si les biens de consommation ne visent pas à satisfaire des besoins mais à se démarquer dans le jeu social, alors il est vain d’espérer se satisfaire un jour d’un bien-être matériel suffisant.
  • Conscients de cette course infernale et des frustrations qu’elle suscite, les sages de l’Antiquité invitaient à se tenir à l’écart de la comédie humaine et de ses vaines gloires. Rousseau fut aussi de ceux-là. Comme les sages d’antan et certains tenants actuels de la simplicité volontaire, il aspirait à se retirer du monde et à cultiver ses penchants de rêveur solitaire.
En voilà un (et une) qui courent encore... et s'utilisent mutuellement comme objet et non comme sujet.

Aucun commentaire: