lundi 25 janvier 2010

Tu critiques ? Gare au procès !


Appel au soutien d’Alain Garrigou, professeur de science politique


Quel est l’objet de cette plainte ?
Une opinion intolérable, invraisemblable, vraiment ! A la suite du rapport de la Cour des comptes publié le 16 juillet 2009 et considérant les listings des sondages de l’Elysée publiés le 6 novembre, Alain Garrigou, professeur de science politique à l’Université Paris-Ouest, spécialiste des sondages, avait eu l’audace de déclarer : « L’Elysée défend le choix d’OpinionWay par Patrick Buisson [directeur de Publifact et conseiller du Président, ndlr] pour la rapidité des études Internet. Or, ils oublient de préciser que les sondages en ligne sont surtout réputés pour être moins chers ! Pourquoi l’Elysée paie beaucoup plus cher en passant par lui au lieu de les acheter à moindre prix directement ? Et pourquoi laisser Buisson se faire une marge de 900 000 euros sur son dos ? Soit c’est un escroc, soit c’est un petit soldat qui constitue un trésor de guerre pour payer des sondages durant la prochaine campagne électorale sans que ce soit visible dans les comptes de campagne du futur candidat Sarkozy. ».

Cette explication, à coup sûr, mérite procès. Comparution immédiate, presque. Rien, certainement, n’est plus grave.

La plainte de P. Buisson vise évidemment à faire un exemple. Récemment, des chercheurs ont été la cible de ce type d’attaques : Olivier Filleule, Vincent Geisser, Isabelle Sommier. Cette fois, l’attaque vient de plus « haut ». Demain, à qui le tour ? Qui doit décider des territoires autorisés aux scientifiques, aux écrivains, aux journalistes ? Qui doit décider des appréciations qu’ils tirent de leurs enquêtes ? Les tribunaux ? Sartre aurait été condamné cent fois, Foucault, cent fois, Bourdieu tout autant.

« Tu enquêtes, tu critiques ? Gare au procès ! ». Collectivement, nous le refusons. Collectivement, nous reprenons à notre compte - au mot près - les propos d’Alain Garrigou.


"Le bon" : Alain Garrigou

"La brute et le truand" : Patrick Buisson

dimanche 24 janvier 2010

District solidaire

Ça se passe à Lyon... bigrement intéressant : Plaquette

En résumé :

Le contexte.
Des problèmes de société connus de tous : Le travail / L’environnement.

Le « capitalisme » est-il responsable ?
La régulation politique du capitalisme ne vient plus.

La genèse du projet.
Le développement des coopératives de salariés est une réponse à bien des problèmes posés par la « répartition du pouvoir capitaliste ».
Pourquoi les coopératives de salariés ne se développent pas plus ?
Où en est le mouvement des coopératives de consommation ? (Une autre branche de la famille coopérative)

… ainsi est apparu le projet de District Solidaire.

Monnaie : mieux comprendre le phénomène

La suite d'un billet précédent sur le même thème de la monnaie.

Monnaie : mieux comprendre le phénomène par Michel PORTAL.
Voyez comme la distribution équitable est en retard sur la production! Comme la production est mal-orientée, toxique, déséquilibrée! Ce n'est pas une fatalité: la monnaie est création humaine.
Lorsque les matières premières sont encore là, lorsque les techniques existent, lorsque les humains qualifiés sont en nombre et ne demandent qu’à travailler, peut-on admettre que seul un “manque d’argent”, un manque de billets en papier, un manque de crédit électronique ralentisse ou arrête l’économie réelle et la distribution des biens et des services?

Ce qu'on appelle "état" ou "souveraineté" (et la "monnaie" qui va avec) peut se manifester à plusieurs échelles: mondiale, européenne, nationale, régionale, locale, familiale... Nous sommes tous impliqués dans des systèmes monétaires afin d’échanger: aucun individu n’est capable d’autarcie. Chaque échange - comme déjà le troc - peut être équitable ou inéquitable. Ainsi la question éthique se pose avant toute monnaie. Elle se pose avec sa création et ne dispararaît pas après.

Celui qui “bat monnaie” (pièce, billet ou signe électronique) l’émetteur, reconnaît avoir une dette envers celui qui lui a fourni un bien ou un service: il le paye. Si la confiance règne, l’échange est volontiers accepté et il se diffuse. Tant que la confiance dure, l'échange est transmissible à autrui. Le détenteur de monnaie peut alors choisir de rembourser une dette, d'épargner ou de s’approprier quand il le décide une part de la richesse de la communauté délimitée par ceux qui ont librement confiance en cette monnaie.

Une monnaie qui s’étend et veut durer ne supporte pas la malhonnêteté parce que celle-ci détruit la confiance - C’est particulièrement vrai pour une monnaie à ambition planétaire -. Toutes les civilisations ont usé et usent de divers moyens de paiement: objets, pièces, or, argent, matières précieuses, différentes formes de billets en papier et maintenant très majoritairement (+ de 90%) des signes électroniques pouvant circuler à la vitesse de l’électricité d’un compte à un autre. Avec chaque forme de monnaie, la confiance et l'éthique qui va avec, est absolument incontournable. A travers les siècles, l'or a fait illusion et certains y croient encore (voir ses cours)! Cette croyance est seulement la suite de l'histoire du veau d'or: placer sa confiance, son ressenti en une chose! Il faut en sortir (étalon or abandonné en 1974). Les morales religieuses et autres ne suffisent pas (si elles suffisaient cela se serait vu avec le temps) mais nous pouvons établir un contrat social de partage propre à assurer la confiance: des règles monétaires équitables pour tous; sans exclusion. Des travaux, pour certains nobélisés, existent depuis plus de 150 ans au moins.

La monnaie est une création humaine - artificielle comme l’espéranto notez-le - généralisée. Chacun a une mini-part de responsabilité dans l'ensemble, mais certains (souvent anonymes) beaucoup plus que d’autres à cause des flux monétaires qu'ils orientent. La population comprend de plus en plus mal qu’il reste impossible de réviser l'outil monétaire, de le refondre quand celui-ci devient toxique, criminel ou plus banalement usurier par suite de prises d’intérêts excessives par rapport aux services rendus. Il s’agit alors d'argent "non-gagné", de spéculation sans travail, littéralement de "fausse monnaie" qui, sous couleur d’anonymat, vole le travail et l’entreprise d’autrui.
Au-delà du légitime dédommagement de l’inflation (tant qu'elle existe), au-delà d'honoraires rétribuant justement le travail du système bancaire et au-delà de l’augmentation de richesses due au travail des humains (rémunéré ou non car beaucoup d'activités utiles ne sont pas monnayées; par exemple celui des mères au foyer) l’argent ne "fait" de l’argent qu’en le subtilisant à d’autres. Tout intérêt supplémentaire est usure, mensonge et vol.

Pour plier "l’industrie financière" à l’honnêteté nécessaire, nous devons en quelque sorte généraliser, laïciser les valeurs éthiques particulières aux différentes communautés, qu'elles soient ethniques, idéologiques, de classes ou de castes, philosophiques ou religieuses - communautés athées et agnostiques incluses -. Nous devons nous appuyer sur les valeurs universelles véritablement communes présentes au coeur de toutes les morales; celles qui croient au ciel et celles qui n'y croient pas. J'en compte quatre: interdit de l'inceste, interdit de la violence, du mensonge et du vol. L’inceste, je n'insiste pas. Mais pratiquer la violence -qui commence par le mépris-, le mensonge et le vol relèvent d’étroitesses finalement voisines; privatives de liberté, d’égalité et de fraternité. Une monnaie sincère y est allergique avec ou sans Dieu inscrit dessus.

L’exigence éthique est nécessaire à tout échange et, au fond, nous n'avons pu inventer des monnaies que parce qu'un début de confiance régnait. L'éthique est naturelle à notre espèce; voilà la révèlation -Dire cela n’est pas anti-religieux mais élargissement du religieux jusqu'à l'universel- La conscience morale spontanée de notre espèce est au moins aussi forte que l'envie de violenter, de mentir ou de voler très rapidement acquise par la contamination précoce de contre-exemples. Charles Darwin a écrit:" Nous ne pouvons freiner notre sympathie, même sous l'effet de la raison la plus rigoureuse, sans détériorer la part la plus noble de notre nature".
L’exigence éthique est aussi d'ordre esthétique. Elle sera toujours avec nous, décuplée, centuplée monétairement par la rapidité et le nombre des opérations de banque à chaque seconde.
De plus, au vu de nos actuelles capacités de production, il ne faudrait plus crier à l'assistanat mais à la lucidité lorsque des voix s'élèvent pour que chaque humain de tout continent, enfant, adulte ou vieillard, bénéficie d’un revenu d'existence pour assurer son essentiel et sa dignité. Revenu indépendant de tout emploi puisque les techniques sont là, les hommes qualifiés également et que seul manque, non pas le travail, mais le travail rémunéré et les billets électroniques ou de papier qui vont avec. Pour faire formule: chacun a droit en héritage à au moins une pépite du stock mondial d'or.

Les politiciens de tous bords - malgré le recours au suffrage universel depuis des décennies - n’arrivent pas à maîtriser l’argent; sale comme propre. Au contraire c’est souvent lui qui les tient. Pour sortir de cette situation qui mène à l’horreur dans laquelle rien d’écologique (échec de Copenhague) ou de pacifique (G à 20 seulement sur 192 nations) ne peut vraiment avancer, il faut construire un nouveau pouvoir citoyen. En plus des traditionnels (et utiles) pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, nous avons besoin d’un pouvoir monétatif. Les politiques, la banque et le fisc ne vont plus seuls s'occuper d’argent. Ils auront à faire aux citoyens ordinaires -Tout le monde n'a-t-il pas une connaissance expérimentée (et ancestrale) de la monnaie? -
Des citoyens tirés au sort et acceptant cette tâche peuvent ébranler le château de cartes. Des citoyens complètés par des élus des travailleurs de la banque et des contributions pour unir bonne volonté et compétence. Copions et adaptons le système des jurys d'assises qui a relayé le pouvoir des rois afin de rendre justice en démocratie. Ce n'est pas une garantie sans failles mais un progrès mesurable.

La création monétaire n’est ni une affaire privée (situation actuelle), ni un monopole d’état (ex-URSS) mais c’est, sans conteste, une affaire publique. A nous de trouver les voies pour introduire un regard citoyen, non-routinier et informé à la BCE, au FMI, à l’OMC... Tant que la réforme mondiale attendue stagne, nous pouvons créer et utiliser des monnaies locales complémentaires, à condition qu’elles soient suffisamment équitables pour engendrer la confiance sur leur zone et par là éduquer. Depuis 1930 déjà des essais se multiplient: ils vont tous dans le sens d'une honnêteté incorruptible pour réussir. Et quand l'honnêteté est là, curieusement, des pouvoirs publics ont interdit...
Nous pouvons aussi, nous travailleurs, actifs rémunérés ou non, artistes, artisans, commerçants, fonctionnaires et ouvriers diviser le capitalisme. Jouer le capitalisme industriel (celui qui travaille) contre le capitalisme actionnarial (celui qui exploite des rentes avec intérêts sans fin croissants, corrompt avec ses stock-options et provoque avec ses bonus, parachutes dorés et salaires impudents).

Créer une monnaie honnête n’est pas tout. Crédit à qui et pour quoi faire? Les citoyens ordinaires ont là des initiatives à prendre pour construire un crédit social au moyen de conseils citoyens auprès des institutions financières. Peut-être en commençant par négocier non plus seulement individuellement, mais collectivement nos contrats de prêts, d’épargne et de crédits auprès des banquiers. Faisons pression pacifiquement mais fermement, sans oublier qu'une partie croissante d’entre eux, consciente mais démoralisée par la goinfrerie ambiante, est prête à coopérer avec nous. Nous devons gagner notre place d’acteurs économique et financier. Rappeler que l’argent déposé sur nos comptes et celui qui circule (et les nourrit) sont notre propriété ou notre location (souvent trop chèrement payée). Qu’elles doivent a minima se mettre d’accord avec nous pour en définir l’usage. La démocratie du bulletin de vote appelle la démocratie économique et monétaire.

mercredi 13 janvier 2010

L'école du « désapprendre », pour une culture de la critique de soi

L'école du « désapprendre », pour une culture de la critique de soi
Rue89 | Par Nestor Romero | Ancien enseignant | 12/01/2010
"L'avenir de l'école est dans le « désapprendre ». Telle est l'hypothétique perspective que je voudrais proposer au débat en ce début d'une nouvelle année où l'on sent bien que les choses, dans l'institution éducative, ne peuvent aller durablement ainsi."

Lire la suite

[...]

"Car, nous raconte encore Foucault, s'inspirant donc de Sénèque, « [… ] Il s'agit non pas de frapper de grands coups mais de jeter dans l'âme des petites semences […] », il s'agit « de la nécessité, par conséquent, de s'adapter à celui à qui l'on parle, d'attendre le bon moment où la germination pourra avoir lieu. » (Lettres à Lucilius 38 et 29, « L'herméneutique du sujet »)

[...]

Il s'agit donc maintenant de travailler à la construction de cette autre école, sachant cependant que le désapprendre, comme la décroissance, peut faire l'objet de sarcasmes suscités par ce préfixe commun qui ordinairement signale un mouvement régressif.

Mais tout cela n'est que faux-semblant car on peut, en effet, faire semblant d'ignorer que le partage des richesses fonde absolument la décroissance comme le partage des savoirs fonde absolument le désapprendre. On peut toujours feindre de ne pas comprendre quand on ne veut pas entendre ce mot : partage."

jeudi 7 janvier 2010

Le robuste carcan monétaire


Encore une révolution copernicienne à faire dans nos représentations : la monnaie, qu'est ce que c'est, d'où ça vient, comment ça marche ?

Ressources :

Je suis les échanges de ces empêcheurs de penser en rond depuis qq mois et je peux vous assurer qu'ils pensent droit ! Et qu'en plus, ils savent débattre en se respectant.

Un précédent billet sur la question, avec plein de liens... 

Copenhague : le syndrome de la table rase

Copenhague : le syndrome de la table rase

La dette écologique du Nord envers le Sud s'est avérée ineffaçable à Copenhague. Là où on attendait la mise en question d'un système qui met en péril l'habitabilité du monde, la COP 15 a été un sommet de ressentiment qui inaugure une ère de compétition sans fard et sans entraves entre les grands prédateurs planétaires.

28/12/2009 -
Lire l'actu

© Actu-Environnement


Aïe ça fait mal : 

"Vue depuis le Sud et les pays dits émergents, la compensation de la dette écologique du Nord est un préalable à tout dialogue."

"il ne suffit pas de poser le principe d'une convergence per capita des émissions. Seul le principe d'une convergence des émissions cumulées per capita serait de nature à prendre en considération la responsabilité des pollueurs historiques que sont les Occidentaux. Mais si l'allocation de carbone prenait acte de cette règle de la dette cumulée per capita dans le temps, cela mettrait les pollueurs historiques devant une réalité intenable : ils ont, de fait et définitivement, déjà entièrement consommé leur allocation de carbone."

"La question de Copenhague était : comment effacer l'ardoise du passé et repartir tous ensemble vers un horizon décarboné ? La solution aurait pu être financière."

"500 milliards de dollars par an, soit un pour cent du PIB mondial, auraient dû être mobilisés à Copenhague pour financer ce qui s'apparente à rien moins que l'équivalent d'un Plan Marshall de transformation du système énergétique mondial. La commisération affichée par les gouvernements des pays du Nord et l'aumône de 30 milliards de dollars accordée du bout des lèvres pour 2010-2012 dans la déclaration finale, ont été reçues comme autant d'insultes par le G 77."

mardi 5 janvier 2010

Ca cause...

Richard Heinberg : « Pic général » – Une récession temporaire… ou la fin de la croissance ? : Voltairenet.org
Journaliste états-unien spécialiste des questions énergétiques. Chercheur résident au Post Carbon Institute (Californie). Éditeur de la Museletter. Dernier ouvrage publié en français : Pétrole : la fête est finie !.

Un essai tout à fait synthétique et lumineux...

"La survenue de cet élan croissance-contraction ne signifie pas nécessairement la fin du monde, mais cela implique effectivement la fin d’une certaine forme d’économie. D’une façon ou d’une autre, l’humanité doit revenir à un mode plus normal d’existence se caractérisant par son appui sur l’afflux solaire immédiat (par les cultures, le vent ou la conversion directe du rayonnement solaire en électricité) plutôt que sur une ancienne énergie solaire stockée.

Il ne s’agit pas d’affirmer que le reste du XXIe siècle doive consister en un effondrement de l’industrie, une disparition de l’essentiel de la population humaine et un retour des survivants à un mode de vie pratiquement identique à celui des paysans du XVIe siècle ou des chasseurs-cueilleurs primitifs. Il est possible en revanche d’imaginer des façons acceptables et même attirantes pour l’humanité de s’adapter aux limites écologiques tout en développant plus encore sa richesse culturelle, sa compréhension scientifique et sa qualité de vie (voir ci-dessous).

Mais peu importe comment elle est amenée, la transition sera synonyme de fin de la croissance économique au sens conventionnel. Et il semble que cette transition ait démarré."


Emission France Culture "Du grain à moudre" : Décroissance et Emploi :
Jean Gadrey. Professeur d’économie à l’Université de Lille
Jean Paul Fitoussi. Directeur de l’OFCE
Philippe Jurgensen. Président de l'ACAM

Toujours les mêmes raccourcis des croissantistes : criminel, vous voulez faire décroitre les pauvres / décroissance = malthusianisme et retour à la bougie / croissance = progrès / oui oui cette fois, avec la croissance verte on va mieux redistribuer... bref les décroissants sont de dangereux utopistes, alors que penser une croissance durable dans un monde fini et sans plus de démocratie serait réaliste. De même, grâce à la croissance, tous les habitants des pays dits riches et développés nagent dans le bonheur et ont atteint le nirvana de l'épanouissement humain sur Terre, continuons comme ça, ça va être encore mieux après (et je n'ai pas dit que le petit Éthiopien qui meurt de faim était plus heureux, mais entre les 2 il y a de la marge, cf la métaphore de l'escargot) !

MP3

Vous avez dit anticapitaliste ? le terme en débat : MédiaPart

Un article nuancé qui montre les pièges des caricatures et effleure l'idée, pour moi centrale, de pluralité des solutions (cf l'article de J Zin sur l'économie plurielle) pour une pluralité de cultures et d'êtres humains à l'intérieur de ces cultures.

"On le voit bien l'anticapitalisme ne peut se résumer à la suppression de la propriété privée (à part peut-être pour les anticapitalistes archidurs), c'est une notion complexe qui me semble regrouper une nébuleuse de citoyens ne considérant pas leur époque comme "la fin de l'histoire" mais comme un chantier toujours ouvert, laissant la place à plus de solidarité et à plus d'égalité."