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dimanche 20 octobre 2024
vendredi 15 février 2019
Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes
Par Pierre Ducrozet, écrivain, auteur de «l'Invention des corps» — 14 février 2019
Greta Thunberg, Emma González, Anuna De Wever… Partout, des adolescentes se lèvent, tandis que les derniers feux du vieux monde, de Trump à Bolsonaro, s’accrochent à un sol qui se dérobe sous leurs pieds. Un récit de l’écrivain Pierre Ducrozet.
La voix, c’est d’abord la voix qui les a saisis. Dans un corps de fillette, a priori ça colle pas. Une voix métallique, effilée comme une lame, tremblante, mais pas de stress ou de timidité, non, de rage, d’une rage froide prête à les submerger. Puis ce furent les mots. «Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Jusqu’à ce fardeau-là, vous nous le laissez à nous, enfants. […] Notre civilisation est sacrifiée pour qu’une poignée de personnes puissent continuer à amasser un maximum d’argent.» Remarquable renversement sémantique : vous, adultes, gouvernants, patrons ou consommateurs radieux, êtes les inconscients, les immatures. Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes, puisque vous êtes visiblement incapables de faire quoi que ce soit de neuf avec ce volant. «Le vrai changement arrive, que cela vous plaise ou non.» Elle quitte la scène et disparaît.
Ainsi le monde entier découvrait-il, en décembre dernier, à la COP 24 de Katowice, Greta Thunberg, 15 ans, aujourd’hui 16. Depuis le mois d’août, elle faisait la grève de l’école, tous les vendredis, se postant devant le Parlement suédois avec son carton «Grève pour le climat». Elle était seule le premier jour, ils sont des dizaines de milliers aujourd’hui, écoliers, lycéens et étudiants, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Australie, à se lever chaque jour, ou chaque semaine, pour prendre les rues de leur ville. A Davos, en janvier, devant les patrons du monde entier réunis, Greta Thunberg est remontée sur scène. Son calme, sa puissance, la lucidité de son regard et de son discours ont à nouveau saisi l’assemblée. Pour la première fois, les enfants nés avec le siècle prennent la parole. Et les fils repus du XXe siècle les écoutent, interdits, troublés par le monstre qu’ils ont eux-mêmes engendré. A 16 ans, eux, ils s’amusaient, profitant des ressources infinies d’un monde en expansion. La petite Greta ne rit pas. Elle n’en a pas le loisir.
Pour la première fois, on visualise ce que c’est que la destruction d’un monde : c’est une enfant de 16 ans qui ne voit plus l’intérêt d’aller à l’école puisqu’il n’y a peut-être rien au-delà. Jusque-là, on avait les coraux et les animaux, mais leur cri est trop ténu à nos oreilles. Ah et puis l’été dernier, c’est vrai, on a eu légèrement chaud. Ok. Mais ces enfants, là, qui brûleront vif, regardent leurs parents dans les yeux et leur disent : merci.
La grande césure commence à s’opérer ; partout, des enfants et des adolescents se lèvent, principalement des filles et des jeunes femmes, dans des mouvements qui refusent souvent de porter des leaders ; de l’autre, les derniers feux du vieux monde, toujours plus croulant et hideux, de Trump à Bolsonaro, s’accrochent aux oripeaux de démocratie carbone et à un sol qui se dérobe sous leurs pieds. La vague qui vient contre celle qui se cabre et retient. Même si ce sera lent, le combat finira nécessairement par pencher dans le sens de ce qui est en mouvement.
Les deux révolutions du siècle se rejoignent dans cette vague : ce sont surtout des femmes qui s’emparent de ce combat pour la planète. Ce n’est bien sûr pas un hasard : c’est le monde du pétrole, de la politique à la papa, celui du patriarcat et du capital avançant main dans la main, qui nous a jetés là.
En février 2018, au lendemain de la tuerie de Parkland, les Etats-Unis découvraient, médusés, le crâne rasé d’une fille de 18 ans, Emma González, qui, le poing levé, la voix perçante, hurlait à Trump de modifier le deuxième amendement sur le port d’armes. A ses côtés, toute une génération d’activistes 2.0 s’empare de l’objet politique avec une approche entièrement neuve. En novembre dernier, une nouvelle députée est élue au Congrès : Alexandria Ocasio-Cortez, née il y a vingt-neuf ans dans le Bronx, d’un père américain et d’une mère portoricaine, qui débarque comme un ouragan à Washington. Brillante, radicale, elle bouscule les pratiques politiques et vient de proposer un «Green New Deal», ambitieux programme visant à atteindre 100 % d’énergies propres et renouvelables d’ici à 2035, financé notamment par la taxation des grandes fortunes à 70 %, ce qui pourrait rapporter autour de 70 milliards de dollars chaque année. Au Royaume-Uni, un mouvement de désobéissance civile non-violent, «Extinction Rebellion», né en octobre, prend en quelques semaines une ampleur inattendue jusqu’à devenir un phénomène mondial, porté par ce même désir de changement radical et de rénovation des pratiques. Pendant que l’arrière-garde traîne, renâcle, pendant que les gouvernements du monde entier, dont le français, proposent de petits arrangements avec le système économique et politique qui a pourtant montré l’ampleur de son échec, une nouvelle génération assume le fait qu’il faudra tout changer, et qu’ils devront le faire eux-mêmes. Ils n’attendent plus rien de leurs parents, qui les ont mis au monde en le détruisant.
Et, comme toujours, ce sont aussi les corps qui font scandale. Alexandria Ocasio-Cortez danse avec volupté sur une vidéo retrouvée : scandale, ce n’est pas là le rôle d’une femme politique ; Emma González se rase le crâne, affirme sa bisexualité, crie sa rage, apostrophe le Président : scandale ; Greta Thunberg, autiste Asperger et nattes tressées, parle depuis un autre corps que le sien, elle n’est pas à elle, elle est d’ailleurs sans doute à la botte du marché, et puis elle devrait être à l’école de toute façon. Anuna De Wever, 17 ans, l’une des lycéennes qui mènent la fronde, chaque jour plus massive, en Belgique, refuse d’être cataloguée dans un genre. Les frontières se gomment jusque dans ces corps transnationaux, transgenres, transluttes, à l’intérieur desquels tous les fronts naturellement se rejoignent.
«Je ne veux pas de votre espoir. Je veux que vous paniquiez», souffle la voix.
Ces enfants nés avec le siècle n’ont pas besoin de l’imagination qui a fait défaut à leurs parents pour comprendre l’ampleur du combat qui sera le leur. Ils ne parlent pas contre ou en faveur, ils parlent à la place de tout ce qui tombe.
Ils savent que le simple sauvetage du navire n’intéresse personne. En revanche, réinventer des modes d’existence, refonder une manière d’être au monde, élaborer un nouveau pacte naturel, une nouvelle éthique, n’est-ce pas passionnant ? Si l’on prend la crise écologique comme une planche d’appel et une occasion d’explorer à nouveau les territoires, de réinvestir le monde autrement, alors on transforme la menace en défi, et la peur en quête.
En pleine crispation sur les frontières, les nations, le local, toutes choses qui ont cessé d’être valides, les enfants du siècle pensent mouvement et globalité ; et la maîtrise des outils numériques leur permet d’essaimer leurs actions avec une vitesse et une efficacité nouvelles.
Un monde se refuse toujours, par définition, à mourir. Lorsqu’il le fait finalement, il emporte avec lui ses valeurs, ses beautés, ses défaites. Un autre monde le remplace, ni meilleur, ni pire. Pour la première fois, dans ce parcours chaotique et fougueux de l’Homo sapiens, le monde qui arrive sera pire que le précédent. Notre espèce vient de subir sa plus grande blessure narcissique, peut-être pire encore que celles infligées par Copernic, Darwin ou Freud : la nouvelle, scandaleuse, qu’elle a participé à sa propre destruction et à celle de tout ce qui l’entoure. Elle tarde, à dessein, et comme par protection, à intégrer cette défaite ontologique. Les bras chargés de soutenir ce nouveau monde devront à la fois le modifier entièrement, repenser une manière d’être aux choses et la mettre en œuvre, mais ils devront aussi assimiler cette défaite de l’esprit, de tout ce qui avait porté la modernité : progrès, foi en la raison et dans les capacités de l’être humain. La tâche est immense et complexe. Et pourtant, devant ces corps, cet élan, on suppose qu’ils en seront capables.
Greta Thunberg, Emma González, Anuna De Wever… Partout, des adolescentes se lèvent, tandis que les derniers feux du vieux monde, de Trump à Bolsonaro, s’accrochent à un sol qui se dérobe sous leurs pieds. Un récit de l’écrivain Pierre Ducrozet.
Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes
La voix, c’est d’abord la voix qui les a saisis. Dans un corps de fillette, a priori ça colle pas. Une voix métallique, effilée comme une lame, tremblante, mais pas de stress ou de timidité, non, de rage, d’une rage froide prête à les submerger. Puis ce furent les mots. «Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Jusqu’à ce fardeau-là, vous nous le laissez à nous, enfants. […] Notre civilisation est sacrifiée pour qu’une poignée de personnes puissent continuer à amasser un maximum d’argent.» Remarquable renversement sémantique : vous, adultes, gouvernants, patrons ou consommateurs radieux, êtes les inconscients, les immatures. Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes, puisque vous êtes visiblement incapables de faire quoi que ce soit de neuf avec ce volant. «Le vrai changement arrive, que cela vous plaise ou non.» Elle quitte la scène et disparaît.
Ainsi le monde entier découvrait-il, en décembre dernier, à la COP 24 de Katowice, Greta Thunberg, 15 ans, aujourd’hui 16. Depuis le mois d’août, elle faisait la grève de l’école, tous les vendredis, se postant devant le Parlement suédois avec son carton «Grève pour le climat». Elle était seule le premier jour, ils sont des dizaines de milliers aujourd’hui, écoliers, lycéens et étudiants, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Australie, à se lever chaque jour, ou chaque semaine, pour prendre les rues de leur ville. A Davos, en janvier, devant les patrons du monde entier réunis, Greta Thunberg est remontée sur scène. Son calme, sa puissance, la lucidité de son regard et de son discours ont à nouveau saisi l’assemblée. Pour la première fois, les enfants nés avec le siècle prennent la parole. Et les fils repus du XXe siècle les écoutent, interdits, troublés par le monstre qu’ils ont eux-mêmes engendré. A 16 ans, eux, ils s’amusaient, profitant des ressources infinies d’un monde en expansion. La petite Greta ne rit pas. Elle n’en a pas le loisir.
Pour la première fois, on visualise ce que c’est que la destruction d’un monde : c’est une enfant de 16 ans qui ne voit plus l’intérêt d’aller à l’école puisqu’il n’y a peut-être rien au-delà. Jusque-là, on avait les coraux et les animaux, mais leur cri est trop ténu à nos oreilles. Ah et puis l’été dernier, c’est vrai, on a eu légèrement chaud. Ok. Mais ces enfants, là, qui brûleront vif, regardent leurs parents dans les yeux et leur disent : merci.
La grande césure commence à s’opérer ; partout, des enfants et des adolescents se lèvent, principalement des filles et des jeunes femmes, dans des mouvements qui refusent souvent de porter des leaders ; de l’autre, les derniers feux du vieux monde, toujours plus croulant et hideux, de Trump à Bolsonaro, s’accrochent aux oripeaux de démocratie carbone et à un sol qui se dérobe sous leurs pieds. La vague qui vient contre celle qui se cabre et retient. Même si ce sera lent, le combat finira nécessairement par pencher dans le sens de ce qui est en mouvement.
Les deux révolutions du siècle se rejoignent dans cette vague : ce sont surtout des femmes qui s’emparent de ce combat pour la planète. Ce n’est bien sûr pas un hasard : c’est le monde du pétrole, de la politique à la papa, celui du patriarcat et du capital avançant main dans la main, qui nous a jetés là.
En février 2018, au lendemain de la tuerie de Parkland, les Etats-Unis découvraient, médusés, le crâne rasé d’une fille de 18 ans, Emma González, qui, le poing levé, la voix perçante, hurlait à Trump de modifier le deuxième amendement sur le port d’armes. A ses côtés, toute une génération d’activistes 2.0 s’empare de l’objet politique avec une approche entièrement neuve. En novembre dernier, une nouvelle députée est élue au Congrès : Alexandria Ocasio-Cortez, née il y a vingt-neuf ans dans le Bronx, d’un père américain et d’une mère portoricaine, qui débarque comme un ouragan à Washington. Brillante, radicale, elle bouscule les pratiques politiques et vient de proposer un «Green New Deal», ambitieux programme visant à atteindre 100 % d’énergies propres et renouvelables d’ici à 2035, financé notamment par la taxation des grandes fortunes à 70 %, ce qui pourrait rapporter autour de 70 milliards de dollars chaque année. Au Royaume-Uni, un mouvement de désobéissance civile non-violent, «Extinction Rebellion», né en octobre, prend en quelques semaines une ampleur inattendue jusqu’à devenir un phénomène mondial, porté par ce même désir de changement radical et de rénovation des pratiques. Pendant que l’arrière-garde traîne, renâcle, pendant que les gouvernements du monde entier, dont le français, proposent de petits arrangements avec le système économique et politique qui a pourtant montré l’ampleur de son échec, une nouvelle génération assume le fait qu’il faudra tout changer, et qu’ils devront le faire eux-mêmes. Ils n’attendent plus rien de leurs parents, qui les ont mis au monde en le détruisant.
Et, comme toujours, ce sont aussi les corps qui font scandale. Alexandria Ocasio-Cortez danse avec volupté sur une vidéo retrouvée : scandale, ce n’est pas là le rôle d’une femme politique ; Emma González se rase le crâne, affirme sa bisexualité, crie sa rage, apostrophe le Président : scandale ; Greta Thunberg, autiste Asperger et nattes tressées, parle depuis un autre corps que le sien, elle n’est pas à elle, elle est d’ailleurs sans doute à la botte du marché, et puis elle devrait être à l’école de toute façon. Anuna De Wever, 17 ans, l’une des lycéennes qui mènent la fronde, chaque jour plus massive, en Belgique, refuse d’être cataloguée dans un genre. Les frontières se gomment jusque dans ces corps transnationaux, transgenres, transluttes, à l’intérieur desquels tous les fronts naturellement se rejoignent.
«Je ne veux pas de votre espoir. Je veux que vous paniquiez», souffle la voix.
Ces enfants nés avec le siècle n’ont pas besoin de l’imagination qui a fait défaut à leurs parents pour comprendre l’ampleur du combat qui sera le leur. Ils ne parlent pas contre ou en faveur, ils parlent à la place de tout ce qui tombe.
Ils savent que le simple sauvetage du navire n’intéresse personne. En revanche, réinventer des modes d’existence, refonder une manière d’être au monde, élaborer un nouveau pacte naturel, une nouvelle éthique, n’est-ce pas passionnant ? Si l’on prend la crise écologique comme une planche d’appel et une occasion d’explorer à nouveau les territoires, de réinvestir le monde autrement, alors on transforme la menace en défi, et la peur en quête.
En pleine crispation sur les frontières, les nations, le local, toutes choses qui ont cessé d’être valides, les enfants du siècle pensent mouvement et globalité ; et la maîtrise des outils numériques leur permet d’essaimer leurs actions avec une vitesse et une efficacité nouvelles.
Un monde se refuse toujours, par définition, à mourir. Lorsqu’il le fait finalement, il emporte avec lui ses valeurs, ses beautés, ses défaites. Un autre monde le remplace, ni meilleur, ni pire. Pour la première fois, dans ce parcours chaotique et fougueux de l’Homo sapiens, le monde qui arrive sera pire que le précédent. Notre espèce vient de subir sa plus grande blessure narcissique, peut-être pire encore que celles infligées par Copernic, Darwin ou Freud : la nouvelle, scandaleuse, qu’elle a participé à sa propre destruction et à celle de tout ce qui l’entoure. Elle tarde, à dessein, et comme par protection, à intégrer cette défaite ontologique. Les bras chargés de soutenir ce nouveau monde devront à la fois le modifier entièrement, repenser une manière d’être aux choses et la mettre en œuvre, mais ils devront aussi assimiler cette défaite de l’esprit, de tout ce qui avait porté la modernité : progrès, foi en la raison et dans les capacités de l’être humain. La tâche est immense et complexe. Et pourtant, devant ces corps, cet élan, on suppose qu’ils en seront capables.
mardi 28 mars 2017
samedi 28 mai 2016
Alimentation et agriculture : nos sénateurs à l'heure des choix
Ils ont été "élus" pour faire des choix : lesquels ?
En démocratie, ça s'appelle la reddition : Le concept et le terme de la reddition des comptes (accountability) sont intimement liés à ceux de la responsabilité politique de celles et ceux qui exercent des fonctions d’autorité publique, en d’autres termes celles et ceux qui prennent des décisions contraignantes pour une collectivité donnée.
Source : http://www.participation-et-democratie.fr/es/dico/reddition-de-comptes
Ci-joint et ci-dessous 2 exemples concrets qui orientent notre modèle alimentaire et agricole et singulièrement notre avenir
Les sénaTUEURS d'abeilles ont encore frappé !
http://www.agirpourlenvironnement.org/communiques-presse/les-senatueurs-d-abeilles-ont-encore-frappe-neonicotinoides-loibiodiversit-3972
20% de bio en restauration collective: Les Sénateurs disent "non" !
http://www.agirpourlenvironnement.org/communiques-presse/20-de-bio-en-restauration-collective-les-senateurs-disent-non-3974
En démocratie, ça s'appelle la reddition : Le concept et le terme de la reddition des comptes (accountability) sont intimement liés à ceux de la responsabilité politique de celles et ceux qui exercent des fonctions d’autorité publique, en d’autres termes celles et ceux qui prennent des décisions contraignantes pour une collectivité donnée.
Source : http://www.participation-et-democratie.fr/es/dico/reddition-de-comptes
Ci-joint et ci-dessous 2 exemples concrets qui orientent notre modèle alimentaire et agricole et singulièrement notre avenir
Les sénaTUEURS d'abeilles ont encore frappé !
http://www.agirpourlenvironnement.org/communiques-presse/les-senatueurs-d-abeilles-ont-encore-frappe-neonicotinoides-loibiodiversit-3972
20% de bio en restauration collective: Les Sénateurs disent "non" !
http://www.agirpourlenvironnement.org/communiques-presse/20-de-bio-en-restauration-collective-les-senateurs-disent-non-3974
samedi 27 décembre 2014
Adultisme
Source : Colibris
L’Adultisme
le
Nous pouvons aussi opter pour une démarche écologique et nous vivre un quotidien respectueux de l’environnement, pour le bien-être de nos enfants et des générations futures. Ceci est affaire de choix délibérés.
Pourtant, le plus souvent, les parents ne cherchent guère à comprendre l’impact de l’environnement social et culturel qui contribue à former un point de vue sur les enfants, sur l’enfance et sur le rôle des parents.
Le courant de pensée dominant sur l’éducation est basé sur le contrôle et la domination. Les écoles, les lieux culturels, religieux et même l’autorité parentale sont utilisés pour légitimer une négation des droits élémentaires des enfants à être traités avec respect et confiance.
Cette conception du rôle des parents et de la place des enfants dans notre culture a pour origine l’adultisme, une tare qui intoxique les relations parents-enfants.
Qu’est-ce que l’adultisme ?
Le professeur Barry Checkoway de l’Université de Ann Arbor dans le Michigan voit dans l’adultisme « Tous les comportements et les attitudes qui partent du postulat que les adultes sont meilleurs que les jeunes, et qu’ils sont autorisés à se comporter avec eux de n’importe quelle manière, sans leur demander leur avis. »Pour lui, hormis les prisonniers et quelques autres groupes sous la coupe de diverses institutions, la vie des jeunes en société est sans doute la plus contrôlée. Parce qu’ils considèrent parfois que leur comportement est bénéfique, certains adultes se réservent le droit d’abuser de leur autorité sur les jeunes.
Lorsqu’un groupe d’adultes est traité de la sorte, on appelle cela de l’oppression. Si nous n’envisageons pas l’adultisme ainsi c’est parce que les générations précédentes ont été éduquées de cette façon et que nous avons intériorisé cette attitude.
Le fondement de l’adultisme repose sur une mésestime des jeunes et sur la confusion entre éducation et oppression.
Pour s’émanciper de cette situation sclérosée, les jeunes vont avoir besoin de la participation active des adultes. La prise de conscience de notre propre tendance à l’adultisme constitue une première étape pour évoluer.
Les médias portent leur part de responsabilité : Tout au long de notre vie, nous sommes bombardés d’informations sur l’histoire, les coutumes et les traditions, avec souvent un manque de recul favorisant la diffusion des discriminations, des stéréotypes et des préjugés sur certains groupes d’individus, parmi lesquels les enfants, dont le manque de maturité a trop souvent tendance à être considéré comme une déficience.
J’ai travaillé plus de vingt ans dans l’enseignement supérieur sur la question de l’égalité des chances dans la société. Il m’a pourtant fallu cinq ans, après être devenue parent, pour réaliser que l’oppression que je combattais à l’extérieur de chez moi était fermement établie dans ma propre maison, dans les relations que j’entretenais avec mon premier enfant. J’ai d’abord cru – parce que j’avais des valeurs et convictions peu courantes (comme privilégier la naissance naturelle, pratiquer l’allaitement prolongé, le co-dodo, et ne pas utiliser de châtiments corporels) – qu’user d’autorité sur mes enfants était acceptable dans la mesure où j’avais rejeté les valeurs éducatives dominantes. Et je me suis fourvoyée : j’ai réalisé que l’usage de mon pouvoir et de mon contrôle sur eux semait les graines de l’oppression et de la domination qui allaient se propager à travers eux une fois adulte.
Lorsque j’ai commencé à travailler à l’université pour aider les étudiants à comprendre comment le racisme, le sexisme, l’homophobie ou le rejet des handicapés fonctionnaient dans notre société, ils avaient déjà expérimenté 20 ans de domination et de contrôle et ils considéraient ce principe comme une norme. C’est à cette époque que j’ai fait le lien entre l’adultisme et les autres formes d’oppression.
Même si nous combattons le racisme, même si nous luttons pour un monde pacifiste, plus respectueux de l’environnement, si nous abusons de notre pouvoir sur nos enfants, alors nous perpétuons une forme d’oppression. Il serait nécessaire de rééquilibrer cette tutelle nécessaire en attribuant à l’enfant une plus grande part de libre-arbitre.
Un changement social de grande envergure passe par le rejet de l’adultisme et par une remise en cause de notre propre autorité, pas uniquement celle des grandes institutions parfois corrompues.
Chaque jour il est nécessaire d’interroger nos plus intimes convictions, de les soumettre au doute, de ne pas laisser s’établir le moindre abus. Cette évolution passe par une modification de notre comportement envers nos enfants afin de permettre à une nouvelle génération de voir le jour, une génération plus confiante.
Toute relation devrait être guidée par l’écoute, le respect et l’équilibre.
1. Barry Checkoway, Adults as Allies, W.J. Kellogg Foundation, (July 5, 2010) 13.
Par Teresa Graham-Brett, traduction Béatrice Mera
mercredi 26 novembre 2014
Une poubelle, des élèves, des bouts de papier et une belle leçon de vie
Source : mrmondialisation.org
Voici un enseignement simplifié, destiné aux jeunes et proposé par l’équipe buzfeed. Situation : un professeur de lycée veut enseigner une leçon simple et puissante à sa classe, sur le privilège et la mobilité sociale.
Lire en détail
Voici un enseignement simplifié, destiné aux jeunes et proposé par l’équipe buzfeed. Situation : un professeur de lycée veut enseigner une leçon simple et puissante à sa classe, sur le privilège et la mobilité sociale.
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dimanche 22 juin 2014
HappyAttention et la pleine conscience à l'école
Source : Printemps de l'éducation
C’est une révolution, un nouveau « savoir-être » à l’école afin de créer un lien plus riche entre élèves et enseignants, afin de créer de nouvelles connexions avec soi-même et les autres en devenant explorateur de soi-même grâce à l’observation. Avec douceur, empathie et compassion. Car notre monde est interconnecté, interdépendant et la pleine conscience apporte ce souffle de connexion dont chacun a besoin dans sa vie. Créer une présence à soi, aux autres et au monde qui nous entoure.
Lire l'article
C’est une révolution, un nouveau « savoir-être » à l’école afin de créer un lien plus riche entre élèves et enseignants, afin de créer de nouvelles connexions avec soi-même et les autres en devenant explorateur de soi-même grâce à l’observation. Avec douceur, empathie et compassion. Car notre monde est interconnecté, interdépendant et la pleine conscience apporte ce souffle de connexion dont chacun a besoin dans sa vie. Créer une présence à soi, aux autres et au monde qui nous entoure.
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Le documentaire « Etre et Devenir »
Source : Printemps de l'éducation
Site du film
Etre et devenir propose, pour la première fois sur grand écran, des récits d’expériences et des rencontres qui explorent le choix de ne pas scolariser ses enfants, de leur faire confiance et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne.
Le chemin de découverte de la réalisatrice nous emmène à travers quatre pays, les Etats-Unis, l'Allemagne (où il est illégal de ne pas aller l'école), la France et l'Angleterre. Ce film est une quête de vérité sur le désir inné d'apprendre. (99 minutes)
Etre et devenir BA from pourquoi pas productions on Vimeo.
Site du film
Etre et devenir propose, pour la première fois sur grand écran, des récits d’expériences et des rencontres qui explorent le choix de ne pas scolariser ses enfants, de leur faire confiance et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne.
Le chemin de découverte de la réalisatrice nous emmène à travers quatre pays, les Etats-Unis, l'Allemagne (où il est illégal de ne pas aller l'école), la France et l'Angleterre. Ce film est une quête de vérité sur le désir inné d'apprendre. (99 minutes)
Etre et devenir BA from pourquoi pas productions on Vimeo.
Dérives et conséquences néfastes du programme PISA
Source : Printemps de l'éducation
Il y a plus d’un mois environ, le quotidien anglais The Guardian, publiait une lettre adressée à l’OCDE, à propos des dérives et des conséquences néfastes du programme PISA sur les systèmes éducatifs des pays concernés par cette évaluation. Cette lettre était signée par d’éminents professeurs, enseignants et chercheurs en Sciences de l’éducation du monde académique anglo-saxon, en majorité américains et anglais. Il nous semble particulièrement pertinent et approprié dans l’actuel débat sur l’éducation en France, de faire connaître cette lettre également au public français et francophone.
Nous en souscrivons entièrement l’analyse et les propositions formulées par ses auteurs, et nous signons aussi !
Antonella Verdiani, Présidente du Printemps de l’éducation
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Il y a plus d’un mois environ, le quotidien anglais The Guardian, publiait une lettre adressée à l’OCDE, à propos des dérives et des conséquences néfastes du programme PISA sur les systèmes éducatifs des pays concernés par cette évaluation. Cette lettre était signée par d’éminents professeurs, enseignants et chercheurs en Sciences de l’éducation du monde académique anglo-saxon, en majorité américains et anglais. Il nous semble particulièrement pertinent et approprié dans l’actuel débat sur l’éducation en France, de faire connaître cette lettre également au public français et francophone.
Nous en souscrivons entièrement l’analyse et les propositions formulées par ses auteurs, et nous signons aussi !
Antonella Verdiani, Présidente du Printemps de l’éducation
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mardi 11 février 2014
La connaissance de soi dans l'éducation
Source : http://www.la-parole-vivante.com
(Merci Sabine ;-)
En complément d'une chouette lecture de cet été :
"Au coeur des émotions de l´enfant", de Isabelle Filliozat, (Merci Laure ;-)
que je conseille à touTEs...
http://www.filliozat.net/isabelle-filliozat/index13.php
Et dans la suite, un propos aussi sur l'éducation :
(Merci Sabine ;-)
En complément d'une chouette lecture de cet été :
"Au coeur des émotions de l´enfant", de Isabelle Filliozat, (Merci Laure ;-)
que je conseille à touTEs...
http://www.filliozat.net/isabelle-filliozat/index13.php
Et dans la suite, un propos aussi sur l'éducation :
- Apprendre à être est un fondement du devenir humain : si je ne sais pas ce que je suis, je ne sais pas ce que je fais.
- Laisser exister les émotions (apparaître et disparaître).
- Y être attentif, les reconnaître, les nommer pour soi, les verbaliser.
- En prendre la responsabilité.
- Décloisonner entre la famille et l'école.
- Décloisonner l'apprentissage des savoirs.
- Décloisonner l'apprentissage des savoir-être.
vendredi 15 novembre 2013
Ecole... ou pas !
Source : Colibris
Et je ne suis jamais allé à l'école
Groupe (R)évolutionnons l'éducation
Racontez-nous votre Rêve d'école ! En 30 secondes, répondez à la question : "Pour vous, ce serait comment une école idéale, une école qui donne envie ?"
À vous de jouer !
Plein de vidéos
Et je ne suis jamais allé à l'école
Groupe (R)évolutionnons l'éducation
Racontez-nous votre Rêve d'école ! En 30 secondes, répondez à la question : "Pour vous, ce serait comment une école idéale, une école qui donne envie ?"
À vous de jouer !
Plein de vidéos
mercredi 5 septembre 2012
Vive l'ignorance
Source : contrebande.org
Par Elisée Personne (pseudo)
J'élargirai le propos au-delà de la jeunesse...
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Extraits
Par Elisée Personne (pseudo)
J'élargirai le propos au-delà de la jeunesse...
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Extraits
- Dans Le meilleur des mondes, Huxley expliquait que le bonheur vient facilement : il suffit d’être conditionné.
- Les Américains sont, selon lui, déjà en train d’opérer cet accouplement monstrueux du réel et de l’illusion, qui les empêche de simplement penser leur propre existence.
- Nous appelons « vivre » toute traversée de l’existence par la consommation et pour la consommation ; ainsi soit-il.
- Mais la situation actuelle est bien plus préoccupante que du temps de Huxley ou d’Orwell : ces deux-là avaient écrit des romans, alors que nous, nous vivons désormais dans leurs romans !
- Jusqu’aux années 1970, la contestation était au moins reconnue comme la mouche du coche, l’aiguillon essentiel et indispensable à la réflexion, aux nécessaires remises en cause, et au progrès. Pour que la contestation puisse s’exercer, il n’était besoin que de s’exprimer, et le reste fonctionnait : tout le monde comprenait les enjeux et se faisait son opinion.
- Le système n’est sans doute pas aux abois. Après tout, la chute de Rome a duré quatre longs siècles.
- Contre la répression, nous ne connaissons, dans l’histoire récente de l’humanité, qu’un seul antidote qui permette de dépasser la bêtise, le triomphe de la force, de la violence, des armées, des mercenaires : la culture et la connaissance.
- Qu’avons-nous tenté contre cette évolution ? À l’école, nous nous sommes satisfaits d’un ersatz de culture politique à ronger, l’éducation civique, devenue au fil du temps un enseignement apolitique pour ne pas dire antipolitique, car comment ne pas être dégoûté de la politique lorsqu’on se rend compte, au fil des leçons, que les lois ne sont faites que pour être transgressées par les puissants et pour réprimer les faibles à plein tarif ? Nous n’avons rien fait pour hâter la prise de conscience politique des jeunes, ce qui n’avait rien à voir avec l’adhésion à un parti. Nous avons tous, de l’extrême droite à l’extrême gauche, laissé la jeunesse en déshérence, l’avons privée de politique pour ne surtout pas risquer une prise de conscience trop précoce. Résultat : il n’y a de prise de conscience que des grandes idées (l’antiracisme, la fraternité…), ce qui est très bien, mais jamais des moyens divers à mettre en œuvre pour les réaliser.
- Autant dire que l’impuissance politique a été organisée. Car on peut réclamer à cor et à cri l’égalité, la liberté et la fraternité, mais si l’on n’a aucune idée concrète de la manière de les réaliser ou même de la façon de mener le combat, alors non seulement « on a dans la bouche un cadavre », selon l’expression des années 1960, mais surtout on enterre l’idée même de mener un combat politique, pour le remplacer par de l’humanisme creux, de l’associationnisme ou de la militance dans le cadre de la société civile.
- L’apolitisme et le culte de l’efficacité pavent le chemin de l’enfer dictatorial des bonnes intentions de la société civile.
- Repolitiser la jeunesse, cela signifie lui donner de la pensée politique à débattre, de la réflexion à décortiquer, des idées à faire circuler. Ce n’est pas faire adhérer à telle ou telle doctrine. Au contraire, le meilleur moyen pour éviter l’endoctrinement sectaire est de montrer l’éventail des idées et de les soumettre à la discussion et à la critique
mercredi 1 août 2012
Introduire la coopération dans la pédagogie
Source : Colibris
Invariant n° 27 de la méthode Freinet: "On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l'École. Un régime autoritaire à l'École ne saurait être formateur de citoyens démocrates."
Échange de stratégies mentales
Débats philosophiques
Développer des activités de partage, de solidarité, de dialogues
Allier savoirs, savoir-faire et savoir-être
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Invariant n° 27 de la méthode Freinet: "On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l'École. Un régime autoritaire à l'École ne saurait être formateur de citoyens démocrates."
- Sérénité des éducateurs: Accompagner avec bienveillance et donner du sens
- Communication Non-Violente & Résolution pacifiste des conflits
- Stimuler le travail d'équipe - Pédagogie coopérative
Échange de stratégies mentales
Débats philosophiques
Développer des activités de partage, de solidarité, de dialogues
Allier savoirs, savoir-faire et savoir-être
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mercredi 18 janvier 2012
Lycée expérimental de Saint-Nazaire, 30 ans de pédagogie active
Lycée expérimental de Saint-Nazaire, 30 ans de pédagogie active
Notre anniversaire se déroulera les 12 et 13 mai 2012 au Lycée Expérimental de Saint-Nazaire
et sera l'occasion de réfléchir, débattre et bien sûr faire la fête ensemble.
table ronde "Quelle autre école construire ici et maintenant?" M. Benasayag et A. Del Rey
table ronde sur le thème de l'évaluation à l'école avec Charlotte Nordmann
http://30ansdulyceexp.eklablog.com
voici un lien vers le site du lycée
Lettre ouverte du Lycée expérimental de Saint Nazaire 30 ans après
Nous ne sommes plus dans une époque où l'adresse d'un citoyen aux salutations libertaires à un camarade Ministre
est possible. Nous ne sommes plus dans une époque où l'adresse à une
personnalité politique renvoie à son engagement, à ses valeurs.
Aussi, cette lettre ouverte vous est adressée, à
vous, personnes de bonne volonté qui pensez que l'éducation n'a pas
vocation à former des exécutants, des
officiants obéissants plus ou moins élevés dans l'échelle sociale. Vous
qui pensez que l’éducation vise à faire découvrir à travers la
compréhension de la complexité du monde, sa propre capacité à créer sa vie. A inventer avec autrui des perspectives de société.
Il y a trente ans, Gabriel Cohn-Bendit écrivait une lettre ouverte au camarade Ministre.
Il y a trente ans, profitant des cent jours de grâce
d'un nouveau gouvernement au programme commun de gauche, les tribunaux
d'exception étaient fermés, la peine de mort abolie, la cinquième
semaine de congés payés accordée, les radios libérées, l'adresse de
Gabriel Cohn-Bendit au camarade Ministre entendue.
Il y a trente ans, le lycée expérimental de Saint Nazaire voyait le jour.
Son projet ? Accueillir les jeunes en âge d'aller au
lycée désirant chercher et inventer, avec une équipe enseignante
volontaire, un autre chemin pour apprendre. Un projet éducatif plongeant
ses racines dans les pensées de Rabelais, Erasme, Coménius, Rousseau,
Freinet, Decroly, Korczak, Rogers etc... Tous ceux, nombreux, qui
placèrent la liberté, le respect mutuel et l'humain comme les
incontournables d'un rapport aux autres et aux savoirs.
Ce projet exprimait un besoin de jeunes en devenir et
d'enseignants en recherches qui dressaient le constat lucide de l'école
au tout début des années 1980. Constat terrible d'exclusion, d'ennui,
d'uniformisation hiérarchisée.
Ce projet est-il désuet?
L'école a-t-elle changé depuis le début des années 1980?
Oui ! La
hiérarchie, le contrôle, l'évaluation, l'autorité y ont été renforcés
pour garder l'illusion d'une construction solide alors que tout
s'écroule à l'intérieur de l'édifice.
Le projet du Lycée Expérimental a donc de plus en plus de raisons d'être.
Depuis 1982, il a continué à se construire sur les
principes de cogestion, c'est-à-dire, un lycée où les élèves et les
enseignants s'organisent seuls en partageant le pouvoir et en
choisissant ensemble les savoirs à travailler.
Pendant trente ans, alors que partout ailleurs la
compétitivité, l'efficacité, les données statistiques, le fichage
l'emportaient sur toute velléité d'éducation émancipatrice, au lycée,
nous avons continué à vivre au quotidien des valeurs telles que la
coopération, la confiance, le partage, la responsabilité.
Nous avons continué à lutter contre toute vision
simplificatrice du monde et donc de la vie de chacun. Nous avons
continué à faire confiance, à parler de confiance. Nous avons continué à
prendre en compte les paroles singulières même quand elles sont
minoritaires. Nous avons continué à penser que le travail est
émancipateur et jubilatoire pour peu qu'on ait la liberté de le choisir.
Nous avons continué à faire ensemble même si tout pousse ailleurs à
l'individualisme et à la compétition. Nous avons continué à poser
l'exigence comme moteur de nos actions. Nous avons continué à inventer
des possibles, plutôt que de rester inertes sous le poids des
impossibilités qu'on nous ânonne continuellement.
Nous avons continué à ne pas avoir peur.
Nous avons continué parce que, depuis trente ans, des
parents trouvent ici une réponse à leurs recherches, parce que chaque
année, de nouveaux jeunes veulent prendre leur vie en main, participer et
intégrer ce projet, parce que de nombreux enseignants de France et
d'ailleurs viennent échanger avec nous sur d'autres façons de faire et
repartent plein de projets qui se heurtent à la frilosité politique
actuelle.
Nous allons continuer parce que nous avons des réponses aux questionnements récurrents qui se posent aujourd'hui sur l'école.
Nous avons des réponses à la violence, à la
déshumanisation, à la barbarie, à l'échec, à l'anonymat, à la solitude, à
l'infantilisation, à la dé-responsabilisation, au manque d'appétence
pour les savoirs, à la mercantilisation des savoirs.
Nous allons fêter notre trentième anniversaire les 12 et 13 Mai 2012. Vous
à qui cette lettre s'adresse : jeunes, parents, retraité(e)s
employé(e)s, paysan(ne)s, cadres, cadres supérieur(e)s, enseignant(e)s,
chômeurs(ses), journalistes, ouvriers(ères), hommes et femmes politiques
etc..., vous êtes les bienvenu(e)s pour découvrir nos pratiques,
réfléchir à notre école et donc à notre société.
Ensemble, nous pouvons résister aux sirènes
alarmistes qui nous entourent. Nous pouvons défendre une école qui
rejette les valeurs que nous impose un modèle social et économique en
pleine déroute. Nous pouvons décider que la richesse de chacun ne peut
se hiérarchiser à l'aune d'une société marchande. Nous pouvons décider
de regarder l'autre comme une singularité en devenir.
Nous pouvons être libres, égaux, fraternels.
L'équipe éducative du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire
Liens relatifs à des extraits d'un reportage réalisé par France 2 :
Lycée expérimental de Saint-Nazaire 1
Lycée expérimental de Saint-Nazaire 2
Lycée expérimental de Saint-Nazaire 3
mardi 29 novembre 2011
L’utilité sociale des humanités
Source : LaViedesIdées via Blog Etienne Chouard
A propos du livre de Martha Nussbaum : Les émotions démocratiques : Comment former le citoyen du XXIe siècle ?
Lire l'article
"L’enseignement des humanités est-il un luxe que nos sociétés ne peuvent plus se permettre ? Martha Nussbaum répond qu’au contraire, dans un monde de concurrence économique mondialisée, les humanités ont un intérêt social et politique."
Martha Nussbaum mobilise la méthode et les valeurs de Socrate pour former des citoyens actifs, critiques, curieux, capables de résister à l'autorité et à la pression des pairs.
Histoire, géographie, philosophie, langes étrangères sont des enseignements essentiels. Il faut développer l'imagination narrative des élèves, c'est-à-dire apprendre aux enfants à imaginer ce que ça fait d'être à la place d'un autre. Le jeu de rôle et les arts aident à cultiver l'empathie chez les enfants et à les protéger du machisme et de la xénophobie. Chanter, danser, lire de la poésie n'est pas superflu mais vital pour le développement d'individus capables d'empathie.
A propos du livre de Martha Nussbaum : Les émotions démocratiques : Comment former le citoyen du XXIe siècle ?
Lire l'article
"L’enseignement des humanités est-il un luxe que nos sociétés ne peuvent plus se permettre ? Martha Nussbaum répond qu’au contraire, dans un monde de concurrence économique mondialisée, les humanités ont un intérêt social et politique."
Martha Nussbaum mobilise la méthode et les valeurs de Socrate pour former des citoyens actifs, critiques, curieux, capables de résister à l'autorité et à la pression des pairs.
Histoire, géographie, philosophie, langes étrangères sont des enseignements essentiels. Il faut développer l'imagination narrative des élèves, c'est-à-dire apprendre aux enfants à imaginer ce que ça fait d'être à la place d'un autre. Le jeu de rôle et les arts aident à cultiver l'empathie chez les enfants et à les protéger du machisme et de la xénophobie. Chanter, danser, lire de la poésie n'est pas superflu mais vital pour le développement d'individus capables d'empathie.
vendredi 18 novembre 2011
Apprendre ?
Source : CREA-Apprendre la vie (Cercle de Réflexion pour une Éducation Authentique)
L'école, la famille, les médias, structurés implicitement autour de la comparaison, conditionnent à la fragmentation, au manque, à la conformation -- ce qui génère blessures, peurs et souffrances.
Que serait et comment mettre en place une 'éducation' véritablement libératrice, qui préparerait à vivre harmonieusement, dans toutes les circonstances de la vie ?
L'école, la famille, les médias, structurés implicitement autour de la comparaison, conditionnent à la fragmentation, au manque, à la conformation -- ce qui génère blessures, peurs et souffrances.
Que serait et comment mettre en place une 'éducation' véritablement libératrice, qui préparerait à vivre harmonieusement, dans toutes les circonstances de la vie ?
dimanche 11 septembre 2011
Esther Duflo. Une méthode pour l'expérimentation sociale ?
Source : TED.com
Esther Duflo
Une méthode pour l'expérimentation sociale ?
Une petite dose de ça, sans tomber dans le réductionnisme...
Esther Duflo
Une méthode pour l'expérimentation sociale ?
Une petite dose de ça, sans tomber dans le réductionnisme...
dimanche 31 juillet 2011
Les humains, c'est comme les lapins...
... ça s'attrape par les oreilles. (Mirabeau)
Il y a eu les films américains, Brando, Taxi, Cars 2... etc. Bref, tout un imaginaire et des histoires autour de la bagnole.
Il faut en inventer d'autres pour nous faire rêver à autre chose.
Par exemple, une très jolie, autour du vélo :
Lifecycle from Pedro Sousa | visuals on Vimeo.
Il y a eu les films américains, Brando, Taxi, Cars 2... etc. Bref, tout un imaginaire et des histoires autour de la bagnole.
Il faut en inventer d'autres pour nous faire rêver à autre chose.
Par exemple, une très jolie, autour du vélo :
Lifecycle from Pedro Sousa | visuals on Vimeo.
vendredi 23 avril 2010
Qui retourne à la bougie ?
De la petite enfance à l'université, dans les investissements et les enjeux éducatifs, la France manque d'ambition pour sa jeunesse. Un mauvais calcul pour l'avenir.
Source : Alternatives Economiques

Source : Alternatives Economiques

Et une proposition assez... différente !
http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2010/04/14/Aidons-nos-enfants-a-devenir-eux-memesmercredi 13 janvier 2010
L'école du « désapprendre », pour une culture de la critique de soi
L'école du « désapprendre », pour une culture de la critique de soi
Rue89 | Par Nestor Romero | Ancien enseignant | 12/01/2010
"L'avenir de l'école est dans le « désapprendre ». Telle est l'hypothétique perspective que je voudrais proposer au débat en ce début d'une nouvelle année où l'on sent bien que les choses, dans l'institution éducative, ne peuvent aller durablement ainsi."
Lire la suite

[...]
"Car, nous raconte encore Foucault, s'inspirant donc de Sénèque, « [… ] Il s'agit non pas de frapper de grands coups mais de jeter dans l'âme des petites semences […] », il s'agit « de la nécessité, par conséquent, de s'adapter à celui à qui l'on parle, d'attendre le bon moment où la germination pourra avoir lieu. » (Lettres à Lucilius 38 et 29, « L'herméneutique du sujet »)
[...]
Rue89 | Par Nestor Romero | Ancien enseignant | 12/01/2010
"L'avenir de l'école est dans le « désapprendre ». Telle est l'hypothétique perspective que je voudrais proposer au débat en ce début d'une nouvelle année où l'on sent bien que les choses, dans l'institution éducative, ne peuvent aller durablement ainsi."Lire la suite

[...]
"Car, nous raconte encore Foucault, s'inspirant donc de Sénèque, « [… ] Il s'agit non pas de frapper de grands coups mais de jeter dans l'âme des petites semences […] », il s'agit « de la nécessité, par conséquent, de s'adapter à celui à qui l'on parle, d'attendre le bon moment où la germination pourra avoir lieu. » (Lettres à Lucilius 38 et 29, « L'herméneutique du sujet »)
[...]
Il s'agit donc maintenant de travailler à la construction de cette autre école, sachant cependant que le désapprendre, comme la décroissance, peut faire l'objet de sarcasmes suscités par ce préfixe commun qui ordinairement signale un mouvement régressif.
Mais tout cela n'est que faux-semblant car on peut, en effet, faire semblant d'ignorer que le partage des richesses fonde absolument la décroissance comme le partage des savoirs fonde absolument le désapprendre. On peut toujours feindre de ne pas comprendre quand on ne veut pas entendre ce mot : partage."
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