Affichage des articles dont le libellé est eau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est eau. Afficher tous les articles

mercredi 15 octobre 2025

Points de bascule climatiques

Source : reporterre.net/Points-de-bascule-climatiques-la-planete-au-bord-d-un-gouffre-imprevisible

 

Points de bascule climatiques : la planète au bord d’un gouffre imprévisible

Reporterre

L’humanité a trop déstabilisé le climat, au point de l’avoir rapproché de « points de bascule » au potentiel cataclysmique, alertent 160 scientifiques dans un nouveau rapport.

Le monde vient d’entrer « dans une nouvelle réalité ». Celle où de nombreuses composantes du système climatique menacent de basculer à tout moment vers un nouvel état qui ferait encourir « des risques catastrophiques à des milliards de personnes ». Telle est l’alerte solennelle lancée par 160 scientifiques de 23 pays, dans le rapport Global Tipping Points, publié le 13 octobre et coordonné par Timothy Lenton, professeur à l’université d’Exeter en Angleterre.

Ces chercheurs figurent parmi les plus grands spécialistes au monde dans l’étude de ce que l’on appelle les points de bascule climatiques. Le terme désigne le seuil critique au-delà duquel un élément clé du climat terrestre (calottes polaires, courants océaniques, forêts tropicales, etc.) peut basculer dans un nouvel état, de manière souvent irréversible.

Le système peut relativement bien résister à un certain degré de déstabilisation (le réchauffement global, la déforestation, etc.), jusqu’à ce qu’un petit changement de trop le fasse basculer. Le point de bascule est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Or, le seuil de 1,5 °C de réchauffement planétaire pourrait bien s’avérer être cette goutte de trop. Nous avons pour la première fois franchi cette température fatidique sur l’année 2024, de manière temporaire. Et nous devrions, selon toute probabilité, la franchir définitivement d’ici quelques années, alertent les chercheurs. Avec le risque d’effets en cascade à travers la planète. Nous entrons ainsi dans l’ère des points de bascule.

On peut expliquer les points de bascule avec l’image d’une bille roulant sur un terrain accidenté. L’altitude de la bille symbolise l’état d’un système : il reste relativement stable même en s’approchant d’un trou. Mais si la bille fait le mouvement de trop, elle franchit le point de bascule, ce qui enclenche sa chute inéluctable dans le trou, d’où il sera bien plus difficile de sortir que d’entrer… (© Reporterre / Antoine Levesque. D’après Steffen et al. 2018)

Deux ans après leur premier rapport, les membres de l’initiative Global Tipping Points soulignent à quel point la situation s’est déjà dégradée. Première mauvaise nouvelle : les points de bascule concernant la biosphère « se rapprochent plus vite qu’on ne le pensait », dit le rapport.

Ainsi des récifs coralliens tropicaux. À l’instar de la Grande Barrière de corail, ils ont connu en 2024-2025 leur pire épisode de blanchissement, provoqué par les chaleurs extrêmes de l’océan. Bien que les situations diffèrent selon les régions du globe, les chercheurs estiment que leur point de bascule moyen se situerait autour de 1,2 °C de réchauffement global. Autrement dit, nous aurions déjà franchi ce premier point de bascule.

Risque de « savanisation » en Amazonie

La situation n’est guère plus enviable pour la forêt amazonienne. Soumise aux nombreux stress provoqués par le réchauffement, dont d’intenses sécheresses, elle doit aussi affronter les ravages de la déforestation. Si trop d’arbres disparaissent, cette forêt tropicale qui a la caractéristique merveilleuse de produire en partie sa propre pluie pourrait entrer dans un cercle vicieux : produire de moins en moins de précipitations et, n’ayant plus assez d’humidité pour survivre, se transformer en savane.

Ce point de bascule serait là aussi plus proche que précédemment estimé, se situant en dessous des 2 °C de réchauffement, selon les auteurs du rapport. Des travaux cités par les chercheurs avancent l’hypothèse qu’une perte de 20 % de la surface actuelle de la forêt amazonienne, combinée à un réchauffement global compris entre 1,5 et 2 °C, pourrait faire franchir un point de bascule aux deux tiers de l’Amazonie.

Les incertitudes sont toutefois importantes. Les scientifiques estiment que le risque de « savanisation » est crédible avec un haut degré de confiance pour certaines zones de l’Amazonie à l’échelle locale, mais avec une confiance seulement faible à l’échelle du continent.

Des océans d’imprévisibilité

La situation est aussi particulièrement critique pour les glaces du globe. Notamment pour les calottes polaires. La calotte glaciaire de l’Antarctique de l’ouest et celle du Groenland sont les deux systèmes glaciaires dont la vulnérabilité est la plus certaine : leur effondrement, une fois enclenché, se poursuivrait sur plusieurs décennies à plusieurs siècles, voire des millénaires, entraînant plusieurs mètres de montée du niveau des mers. Or, ce point de bascule pourrait avoir déjà été déclenché. Il menace de l’être depuis que nous avons franchi la barre de 1 °C de réchauffement.

Les courants océaniques, comme l’Amoc et la gyre subpolaire, sont eux aussi menacés de franchir des points de bascule dès le niveau actuel de réchauffement, bien que la compréhension et l’évolution de ces systèmes soient entourés d’incertitudes importantes, notent les chercheurs.

Basculements en cascade

L’autre point saillant et particulièrement inquiétant du rapport, c’est l’interconnexion qu’il documente entre la plupart des 20 points de bascule qui ont été évalués. Lorsqu’un élément franchit un point de bascule, il est souvent susceptible d’avoir des effets, la plupart du temps déstabilisateurs, sur d’autres composantes du système climatique, menaçant de leur faire à leur tour franchir un point de bascule.

L’Amoc est le meilleur exemple de ces multiples effets en cascade possibles. L’affaiblissement de ce courant atlantique, au rôle crucial dans les échanges de chaleur entre l’océan et l’atmosphère, pourrait par exemple aggraver la déstabilisation des glaces de l’Antarctique de l’ouest. Ou encore déstabiliser le phénomène El Nino dans le Pacifique, qui à son tour affaiblirait encore davantage la forêt amazonienne.

Ce schéma, simplifié par rapport à l’original, montre une partie des 20 points de bascule évalués par les chercheurs. Dans un cercle vicieux, le déclenchement de certains d’entre eux peut venir en déstabiliser d’autres ou, plus rarement, contribuer à les stabiliser. La majorité de ces points de bascule aurait, en outre, un effet aggravant sur le réchauffement global, alimentant encore la réaction en cascade. (© Reporterre / Antoine Levesque. Source : Rapport Global Tipping Points 2025.)

Les effets en cascade ne s’arrêtent pas aux systèmes climatiques : les catastrophes climatiques provoquées menaceraient de faire courir des risques majeurs à des éléments clés de la stabilité de nos sociétés, « comme la sécurité alimentaire, les infrastructures énergétiques, la stabilité économique et la cohésion sociale, affectant des milliards de personne à travers le monde », écrivent les auteurs.

« Les dégâts causés par les points de bascule seront très différents des dégâts classiques du changement climatique. Nous ne sommes pas prêts pour ça ! Nos décideurs ne comprennent pas ce que signifient les points de bascule », appuie Manjana Milkoreit, chercheuse à l’université d’Oslo et co-autrice du rapport.

Grosses incertitudes

Ce concept de points de bascule est d’autant plus difficile à faire émerger à l’agenda politique que la survenue de ces phénomènes reste entourée de beaucoup plus d’incertitudes que d’autres catastrophes climatiques à venir.

Au sein même de la communauté scientifique, tout le monde n’est pas d’accord sur l’opportunité de communiquer trop fortement sur ces points de bascule. Certains craignent que ces mécanismes complexes et encore mal compris ne détournent l’attention. Alors même que les efforts d’adaptation aux effets beaucoup plus directs et étayés du changement climatique, comme l’intensification des sécheresses, des tempêtes, des inondations et autres, sont déjà largement insuffisants.

« Les points de bascule sont un sujet extrêmement important, mais on n’est pas sûr de savoir où sont les seuils. Il y a des estimations sur la bascule de l’Amazonie, mais ça peut advenir à 1,5 °C comme à 3 °C, on n’a pas de certitude », dit Freddy Bouchet, directeur du Laboratoire de météorologie dynamique et l’un des coordinateurs de ClimTip, l’un des deux grands projets européens sur les points de bascule.

« C’est une question de gestion des risques : est-ce qu’il faut s’adapter en urgence aux risques davantage certains, présentés dans les rapports du Giec, ou bien anticiper les risques potentiellement encore bien plus graves mais plus incertains ? Personnellement, je pense qu’il faut tout faire à la fois », ajoute-t-il.

Des « points de bascule positifs »

C’est bien l’avis des auteurs de rapport Global Tipping Points, qui rappellent une caractéristique essentielle de ces phénomènes irréversibles : une fois franchis, il sera trop tard pour agir.

La bonne nouvelle (il y en a), c’est qu’en termes d’atténuation, il n’y a pas à choisir. Que l’on cible les points de bascule ou les effets plus classiques du changement climatique, les changements structurels et radicaux auxquels appellent les climatologues restent les mêmes, pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, atteindre la neutralité carbone en 2050 et tout faire pour limiter au maximum le réchauffement global.

L’autre avantage du concept de points de bascule, c’est qu’il peut aussi être appelé à la rescousse pour entretenir l’espoir et mobiliser la société. Le rapport évoque ainsi les possibilités de franchir des « points de bascule positifs ». Transports en commun, agriculture et alimentation durables, écosystèmes... Ceux-ci sont également nombreux.

À l’image de la baisse fulgurante récente du coût des panneaux photovoltaïques, le développement de solutions ne suit pas une trajectoire linéaire. Mieux : un petit effort supplémentaire pourrait parfois suffire à entraîner le basculement technologique ou sociétal qui paraissait, l’instant d’avant, n’être qu’une utopie lointaine.

vendredi 15 novembre 2024

Inondations en Espagne : 2 scientifiques (climatologue et géographe) s'expriment sur les faits, les causes... et expriment leurs émotions !!!

 Source : https://www.youtube.com/watch?v=fqioyjOkf1c

Ça me détend tellement que des scientifiques disent à la fois les faits scientifiques et partagent leurs émotions... empathie empathie empathie...


00:00 : Introduction 02:34 : Que racontent les inondations en Espagne ? 06:27 : Le sentiment d’impuissance et la colère des scientifiques 12:56 : Comment le dérèglement climatique intensifie les orages 16:56 : Des inondations aggravées par une urbanisation brutale 24:48 : Les conséquences du climatoscepticisme au pouvoir / l’impréparation 29:05 : « Les valeurs du RN sont incompatibles avec la transition » L’extrême droite et l’écologie 42:05 : Le traumatisme des victimes de catastrophes climatiques 44:32 : S’adapter à une France à +4°C ? 51:13 : Comment s’adapter ? Nous avons les solutions 55:35 : Conclusion

De Paloma Moritz avec Christophe Cassou, climatologue et Magali Reghezza, géographe. 



mercredi 9 octobre 2024

Série documentaire: "Vers la résilience alimentaire", d'après le guide rédigé par Les Greniers d'Abondance

 Source : https://www.youtube.com/watch?v=QLsCRCLqb9k&list=PLXevgjr3k1ILPEYqQw4YVGjO4U4TvtovA&index=1



Voies de résilience

n°1 – Augmenter la population agricole .................................................................49

n°2 – Préserver les terres agricoles..........................................................................61

n°3 – Favoriser l’autonomie technique et énergétique des fermes ........................71

n°4 – Diversifer les variétés cultivées et développer l’autonomie en semences ....81

n°5 – Adopter une gestion intégrée de la ressource en eau...................................91

n°6 – Évoluer vers une agriculture nourricière.......................................................101

n°7 – Généraliser l’agroécologie ...........................................................................111

n°8 – Développer des outils locaux de stockage et de transformation ................121

n°9 – Simplifer et raccourcir la logistique et l’achat alimentaire ..........................131

n°10 – Manger plus végétal...................................................................................143

n°11 – Recycler massivement les nutriments.........................................................153

 



samedi 21 septembre 2024

Probabilité d'un effondrement de l'AMOC au 21ème siècle

Source : https://arxiv.org/html/2406.11738v1?s=09


On craint de plus en plus que la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique (AMOC) ne s’effondre au cours de ce siècle, avec un impact sociétal perturbateur sur de grandes parties du monde.

Les estimations préliminaires de la probabilité d’un tel effondrement de l’AMOC étaient jusqu’à présent basées sur des modèles conceptuels et des analyses statistiques de données indirectes. Nous fournissons ici des estimations basées sur l’observation de ces probabilités à partir de données de réanalyse. Nous identifions d’abord les régions d’observation optimales d’un effondrement de l’AMOC à partir d’une récente simulation d’un modèle climatique mondial. Les données de salinité près de la limite sud de l'Atlantique s'avèrent optimales pour fournir des estimations du moment de l'effondrement de l'AMOC dans ce modèle. Sur la base des produits de réanalyse, nous déterminons ensuite les fonctions de densité de probabilité du temps d'effondrement de l'AMOC. Le temps d'effondrement est estimé entre 2037 et 2064 (IC 10-90 %) avec une moyenne de 2050 et la probabilité d'un effondrement de l'AMOC avant 2050 est estimée à 59±17%.

[...]

Notre travail conduit donc à deux conclusions majeures. 

  1. Les observations à la limite sud de l'Atlantique semblent cruciales pour l'alerte précoce d'un AMOC effondrement. En conséquence, il est important que les mesures SAMBA se poursuivent au cours des prochaines décennies. 
  2. Deuxièmement, la probabilité d’un effondrement de l’AMOC avant 2100 est très probablement sous-estimée. GIEC-AR6 et doit être reconsidéré dans le GIEC-AR7. 

lundi 31 juillet 2023

Docu : L'anticipation, on verra ça plus tard

Source : https://www.youtube.com/watch?v=GUDXtV-ND8o


Etes-vous prêts pour la prochaine catastrophe majeure ? Et si la gestion collective, Etatique et Citoyenne, de notre sécurité civile était la meilleure façon de faire société ensemble ?

Tout commence par une question : lorsque surviendra la prochaine catastrophe majeure sur notre territoire, sur qui compterez-vous pour la gérer, pour assurer votre survie, répondre à vos besoins essentiels ? Le citoyen est théoriquement sensé être le premier acteur de sa sécurité civile, pour autant, cette question est un point aveugle de notre époque et du débat public. Dès lors qu’on pose le problème comme cela, deux angles d’attaque émergent : notre Etat est-il à la hauteur dans la gestion des catastrophes majeures d’une part, et le citoyen est-il conscient de son rôle dans la sécurité civile de son Etat ?


 



jeudi 9 mars 2023

Méga-bassines : un affrontement entre mondes

Source : https://www.terrestres.org/2023/02/27/mega-bassines-un-affrontement-entre-mondes/ 
Alessandro Pignocchi - 27 février 2023

De nouvelles planches d'Alessandro Pignocchi, suivies d'une tribune de sa plume en soutien aux luttes contre l'accaparement de l'eau : « Les még
a-bassines cristallisent et révèlent un affrontement entre mondes, entre des désirs antagonistes quant à la manière de composer un monde commun. » La prochaine weekend de mobilisation aura lieu entre les 25 et 26 mars, pour toute information voir ici.

 

 

Lire la suite et l'article

 



vendredi 2 septembre 2022

La sobriété ? C'est pas gagné !

 Source : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/c-est-pas-du-vent/20220901-la-sobri%C3%A9t%C3%A9-c-est-pas-gagn%C3%A9


 
Entretiens réalisés à Arles, dans le sud de la France, au festival Agir pour le Vivant qui a réuni du 22 au 28 août 2022, 150 personnalités de tous les horizons (philosophes, auteurs, chercheurs, économistes, chefs d’entreprises, scientifiques, artistes, activistes...) pour repenser nos liens avec le vivant et faire naître une nouvelle façon d’habiter le monde. 

Incendies, inondations, sécheresses, fonte des glaciers... Les conséquences du dérèglement climatique et de la disparition de la biodiversité menacent violemment l'habitabilité de la Terre mais les projets de prospection pétrolière continuent à fleurir et le monde économique peine à se transformer. 

Invités : 

  • Suspens Averti Ifo, enseignant chercheur en écologie forestière et spécialiste des tourbières tropicales à l'université Marien Ngouabi de Brazzaville
  • Hilda Flavia Nakabuye, activiste pour le climat et fondatrice du mouvement Fridays For Future en Ouganda mobilisée contre le projet Eacop
  • Lila-Brune Rémy, 19 ans, coordinatrice de Fridays For Future en France 
  • Eva Sadoun, co-fondatrice et présidente de Lita.co et de Rift et co-présidente Mouvement impact France
  • Jean-Baptiste Bosson, glaciologue au Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie

mercredi 18 novembre 2020

Jiwasa : S’unir et se reconnaître dans le “tout”

 


Avec la permission de nos dieux, de nos frères aînés et de notre Pachamama (Terre-Mère)​ ​, de nos ancêtres, de nos achachilas (Esprits des aïeux qui protègent la communauté)​ ​, avec la permission de notre Patujú (Plante dont la fleur, aux couleurs du drapeau de la Bolivie rouge, jaune et vert, est un symbole national)​ ​, de notre arc-en-ciel, notre feuille de coca sacrée.

Avec la permission de nos peuples, avec la permission de tous ceux qui sont présents et absents dans cet hémicycle.

Aujourd’hui, permettez-moi de prendre quelques minutes afin de partager notre vision avec vous.

La communication, le dialogue est une obligation, c’est un principe du vivre bien.

Les peuples des cultures millénaires, ceux de la culture de la vie, avons conservé nos origines depuis la nuit des temps.

Nous, les enfants, avons hérité d’une ancienne culture qui comprend que tout est lié, sans division ni exclusion.

C’est la raison pour laquelle on nous a dit de nous unir, d’aller ensemble, sans laisser tomber personne, pour que tout le monde ait tout et que personne manque de rien.

Le bien-être collectif est le bien-être individuel, aider nous aide à grandir et à être heureux, renoncer à quelque chose au profit de son prochain nous renforce. S’unir et se reconnaître dans le “tout” est la voie du passé, du présent, de demain et de toujours, cette voie de laquelle nous ne nous sommes jamais éloignés.

L’ayni (principe de ​réciprocité​ et de solidarité générale)​, la minka (tradition du travail collectif à des fins sociales)​​, la tumpa (protocole d’invitation, d’invocation des esprits sacrés et des défunts)​, notre colka (grand entrepôt où sont stockés des aliments principalement)​ et autres codes des cultures millénaires sont l’essence de nos vies, de notre ayllu ​.

Ayllu n’est pas uniquement l’organisation sociétale des être humains, ayllu est un système d’organisation de la vie, de tous les êtres vivants, de tout ce qui existe, de tout ce qui s’écoule, en équilibre avec notre planète ou notre mère, la terre. (Ayllu : communauté composée de plusieurs familles dont les membres considèrent qu’ils ont une origine commune (filiale ou religieuse) qui travaille de façon collective dans un territoire de propriété commune).

Des siècles durant, les modèles de civilisation de l’Abyayala (nom que le peuple Kuna utilise pour se référer aux Amériques)​ ont été déstructurés et beaucoup d’entre eux exterminés, la pensée originelle a systématiquement été soumise à celle des colons.

Malgré tout cela, ils n’ont pas réussi à nous faire disparaître, nous sommes en vie, nous venons de Tiwanacu (désigne le lieu considéré comme berceau de la civilisation pré-inca du même nom)​, nous sommes forts comme la pierre, nous sommes kalawawa (transparent, sans rien à cacher)​, nous sommes Cholke (graine incassable, traditionnellement accrochée autour du cou des nouveaux-nés)​, sinchi (forts, courageux)​, Rumy (durs à cuire)​, nous sommes Jenecherú (Jenecherú : mot d’origine tupiguarani qui signifie « feu qui ne s’éteint jamais »)​, le feu qui ne s’éteint jamais, nous venons de Samaipata (Samaipata : nom du lieu où s’élève le mystique et mystérieux rocher sculpté de Samaipata)​, nous sommes le jaguar, nous sommes Katari (divinité représentée par un serpent ailé, symbolisant la vitalité de l’eau qui irrigue les terres agricoles et permet l’existence des communautés)​, nous sommes les peuples aïnous, maoris, comanches, mayas, nous sommes guaranis, mapuches, mojos, nous sommes aymaras, quechuas, jokis et nous sommes tous les peuples faisant partie de la culture de la vie, qui avons réveillé notre larama (nom donné aux sages, philosophes et scientifiques)​, le même larama qu’autrefois, un rebelle emplit de sagesse.

Aujourd’hui, la Bolivie et le monde vivons une transition qui se répète chaque 2’000 ans, le cycle des temps, nous passons de l’intemporel au temporel, amorçant une ère nouvelle, un autre Pachakuti (« changement de la terre », arrivée d’un temps nouveau, retour à l’équilibre, à l’égalité originelle)​ ​dans notre histoire.

Un soleil nouveau et une nouvelle expression dans le langage de la vie, où l’empathie pour l’autre ou le bien collectif remplace l’individualisme égoïste

Avec des boliviens qui se considèrent tous égaux et conscient qu’ensemble nous sommes plus forts. Le temps est venu de retourner au Jiwasa (un tout, composé de singularités)​, il ne s’agit pas du ‘soi’ mais du ‘nous’. Jiwasa représente la fin de l’égocentrisme, Jiwasa est la mort de l’anthropocentrisme et la fin de l’eurocentrisme.

Il est temps de redevenir Jisambae (communication codée qui aida le peuple Guaraní à se protéger)​, ce code qui a protégé nos frères et soeurs guaranis et également Jambae (individu libre, qui n’a pas de maître)​, un être qui n’a pas de maître, personne dans ce monde doit se sentir maître ou propriétaire de quiconque ou quoi que ce soit.

Depuis l’année 2006, nous avons entamé en Bolivie un travail exigeant dans le but de connecter nos racines individuelles et collectives pour redevenir nous-mêmes, nous recentrer, revenir à notre taypi (noyau ou centre de la terre, point de rencontre des forces positives et négatives, lieu où les opposés, l’antagonisme coexiste)​, a la pacha (terre, cosmos, univers, temps et espace)​, à l’équilibre qui laisse émerger la sagesse des civilisations les plus importantes de notre monde.

Nous sommes en plein processus de récupération de nos connaissances, des codes de la culture de la vie, des schémas de civilisation d’une société qui vivait en intime connexion avec le cosmos, la terre, la nature, la vie individuelle et collective, de construction de notre sumak kamaña (vivir bien : concept du vivre bien)​, de notre sumajakalle (action de garantir le bien individuel et le bien collectif ou communautaire)​, garantissant ainsi le bien-être individuel et commun.

Nous sommes en période de récupération de notre identité, notre racine culturelle, notre sake (racine culturelle)​, nous avons cela, nous avons une philosophie, une histoire, nous avons de tout, nous sommes des êtres humains et nous avons des droits.

Une des références inébranlables de notre civilisation est la sagesse héritée des connaissances liées à la terre, garantir l’équilibre en tous temps et espace. C’est savoir comment gérer toutes les énergies complémentaires, celle cosmique venant du ciel avec celle qui émerge du centre de la terre.

Ces deux forces telluriques interagissent en créant ce qu’on appelle la vie, un ‘tout’ composé de ce qui est visible, Pachamama et spirituel, Pachakama (univers spirituel, en complément à Pachamama)​.

En appréhendant la vie du point de vue des énergies, nous avons la possibilité de modifier notre histoire, la matière et la vie, telle la convergence de la force chachawarmi (complémentarité des opposés, dualité et harmonie)​ lorsque l’on se réfère à la complémentarité des opposés.

Les temps nouveaux que nous commençons seront soutenu par l’énergie de l’ayllu, la communauté, les consensus, l’horizontalité, les équilibres complémentaires et le bien commun.

Historiquement, on entend la révolution comme un acte politique pour changer la structure sociale pour ainsi transformer la vie de l’individu, aucune des révolutions a réussi à modifier la conservation du pouvoir pour maintenir le contrôle sur les personnes.

Il n’a pas été possible de changer la nature du pouvoir, cependant le pouvoir lui a réussi à déformer l’esprit des politiciens, il a pu les corrompre. Il est très difficile de modifier l’influence du pouvoir et de ses institutions mais c’est un défi que nous relèverons avec la sagesse de nos peuples, notre révolution est une révolution des idées, elle est une révolution des équilibres car nous sommes convaincus que pour transformer la société, le gouvernement, la bureaucratie, les lois et le système politique, nous devons nous transformer en tant qu’individu.

Nous allons promouvoir les conjonctions avec l’opposition afin de chercher des solutions entre la gauche et la droite, la jeunesse rebelle et la sagesse des anciens, entre les limites de la science et la nature sans faille, les minorités créatives et les majorités traditionnelles, entre les malades et ceux qui ne le sont pas, les gouvernants et les gouvernés, entre leadership et don de soi pour servir les autres.

Notre vérité est très simple, le condor prend son envol à la seule condition que son aile droite soit en parfait équilibre avec son aile gauche. La tâche de nous former pour devenir des êtres équilibrés a été brutalement interrompue il y a des siècles de cela, nous n’avons pu la mener à bien mais à présent l’heure de l’ère de l’ayllu, la communauté, est arrivée et est avec nous.

Cela implique que nous soyons des individus libres et équilibrés pour construire des relations harmonieuses avec les autres et notre entourage, il est urgent que nous soyons des êtres aptes à maintenir les équilibres pour soi et la communauté.

Nous sommes à l’époque des frères de la apanaka pachakuti (comprenez les frères de l’opposition politique)​, nous ne luttions pas seulement pour nous mais aussi pour eux et surtout pas contre eux, nous luttions pour obtenir un mandat, nous ne cherchions pas l’affrontement, au contraire, nous cherchions la paix. Nous n’appartenons pas à la culture de la guerre, ni de la domination, notre lutte vise toute tentative de soumission et combat la pensée unique coloniale, patriarcale, qu’elle vienne d’où elle vienne.

L’idée de la rencontre entre l’esprit et la matière, le ciel et la terre, Pachamama et Pachakama, nous permet de penser qu’une femme et un homme nouveau puissent guérir l’humanité, la planète et la sublime vie qui la compose, pour rendre la beauté à notre terre-mère.

Nous défendrons les trésors sacrés de notre culture face à toute ingérence, nous défendrons nos peuples, nos ressources naturelles, nos libertés et nos droits.

Nous retournerons à notre Kapak Ñan (Voie véritable, le juste chemin. Aussi employé pour désigner le fameux réseau de routes qui traversait l’empire Inca)​, le noble chemin vers l’unité, la voie du respect envers nos autorités, pour nos sœurs, le chemin du respect pour le feu, la pluie, le respect de nos montagnes, nos rivières, notre mère la terre, le chemin vers le respect de la souveraineté de nos peuples.

Frères et sœur, pour conclure, les boliviens devons surmonter la division, la haine, le racisme, la discrimination entre compatriotes, finissons-en avec la persécution de la liberté d’expression et la judiciarisation de la politique.

Finissons-en avec l’abus de pouvoir, celui-ci doit être employé pour aider, le pouvoir doit circuler, comme l’économie, il doit être redistribué, il doit circuler, s’écouler, comme le sang s’écoule dans notre organisme. Plus d’impunité mais justice, frères et sœurs.

Mais la justice doit véritablement être indépendante, mettons un terme à l’intolérance, à l’humiliation et la violation des droit humains et de la terre-mère.

Le temps nouveau signifie être à l’écoute du message de nos peuples et qui a été emi du fond de leurs cœurs, cela signifie guérir des blessures, nous regarder avec respect, récupérer la patrie, rêver ensemble, construire la fraternité, l’harmonie, l’intégration et l’espoir afin de garantir la paix et le bonheur des générations à venir.

C’est uniquement de cette manière que nous atteindrons le vivre bien et la gouvernance par nous-mêmes.

Jallalla Bolivia ! (Vive la Bolivie !)

 

vendredi 28 août 2020

lundi 10 août 2020

Plancher social et plafond écologique : le donut !

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Limites_plan%C3%A9taires

Les neuf limites écologiques qu’il ne faudrait pas dépasser pour préserver la stabilité de la planète :

  1. le changement climatique,
  2. l’érosion de la biodiversité,
  3. la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore,
  4. les changements d’utilisation des sols,
  5. l’acidification des océans,
  6. l’utilisation mondiale de l’eau,
  7. l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique,
  8. l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère,
  9. l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère

 





Les 12 dimensions de la vie sociale :

  1. Accès à l'eau
  2. Accès à une alimentation saine et nutritive
  3. Accès à des services de santé
  4. Accès à des services éducatifs/culturels
  5. Accès à un logement
  6. Accès à des revenus et de l'activité
  7. Accès à des réseaux d'information et de transports
  8. Accès à l'énergie
  9. Droit à la paix et à la justice
  10. Droit à l'égalité politique / la citoyenneté (démocratie réelle)
  11. Droit à l'équité sociale
  12. Droit à l'égalité de genre

 

 

Version graduée et dynamique :  www.kateraworth.com/doughnut/

 

Appliquer la grille à l'échelle locale : https://www.kateraworth.com/2020/07/16/so-you-want-to-create-a-city-doughnut/

 

 



vendredi 7 août 2020

Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces autochtones dans la plupart des grands biomes terrestres a diminué en moyenne de 20 %

Source : https://www.fondationbiodiversite.fr/evaluation-mondiale-de-la-biodiversite-et-des-services-ecosystemiques-les-principaux-messages-de-levaluation-ipbes/

Le 7 mai 2019, à l’occasion de la 7e plénière de l’Ipbes, 132 États membres ont approuvé le « Résumé pour décideurs » contenant les messages clés de l’Évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques. Celle-ci est la première du genre, par son caractère intergouvernemental et par la très grande quantité de données recueillies (15 000 références).

Cette évaluation sans précédent a permis de rendre compte des changements qui se sont opérés au cours des 50 dernières années et a fourni un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la biodiversité.

L’Ipbes a appelé à des changements systémiques profonds à l’échelle planétaire pour inverser les tendances et assurer l’avenir de l’humanité.

La FRB propose dans la brochure les principaux messages à retenir ainsi qu’une analyse critique de ce travail unique.

Consulter la brochure

La demande de l'humanité dépasse la bio-capacité de la planète depuis plus de 40 ans.

« Depuis 1900, l’abondance moyenne des espèces autochtones dans la plupart des grands biomes terrestres a diminué en moyenne de 20 %. »

Si le chiffre de 1 million d’espèces en voie d’extinction a marqué les esprits, le rapport a alerté sur d’autres messages tout aussi inquiétants. Ainsi, ces menaces pèsent aussi sur les espèces cultivées ou domestiquées dont la diversité génétique s’est fortement érodée.

Dans les zones cultivées, les sols s’appauvrissent rapidement et perdent leur potentiel agronomique ; les zones humides subissent des régressions rapides et les forêts tropicales continuent à disparaître au profit des cultures et des plantations, alors que plus de la moitié des récifs coralliens ont été perdus depuis un siècle. Les pertes de biodiversité locale font que les communautés biologiques se ressemblent de plus en plus tant dans les systèmes exploités que dans ceux qui ne sont pas gérés.


Lire le rapport sur le site de l'IPBES : https://ipbes.net/global-assessment

Consultez les dépliants sur les précédentes évaluations :

samedi 20 avril 2019

Quand habiter est inséparable de lutter

Source : Reporterre


« Habiter en lutte », du Collectif comm’un, réunit de nombreux récits, photographies, croquis et cartes inédites pour raconter l’évolution du territoire de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, qui n’a pas fini de soulever les passions.
      Présentation du livre par Christophe Goby, journaliste à CQFD
On se rappellera longtemps que la lutte a débordé autour de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes lors de l’opération César, en octobre 2012. A partir de cette démonstration policière de démolition, une épopée de résistance s’est écrite dans la boue et les champs. D’abord par la lutte de jour comme de nuit, des zadistes et des paysans unis contre l’intervention et la destruction des lieux de vie, puis par le formidable élan de centaines de comités, ont construit des cabanes sur la Zad. 40.000 personnes sont venus les monter en novembre 2012 créant un nouvel imaginaire. La Zad est devenue le centre de la contestation politique, sociale et écologique en France. Le chant des bâtons en octobre 2016 a confirmé ce statut précaire.

Cet ouvrage revient sur les 40 années de la lutte dans le plus grand squat à ciel ouvert d’Europe qu’est devenu le bocage. Devenu le centre de ralliement de tous les contestataires du monde, il renvoie aux territoires zapatistes libérés. Il ne fait pas l’impasse sur les difficultés à vivre, habiter et lutter ensemble : construire pour mieux se défendre, même si le printemps des embrouilles a laissé des traces. Ce solide ouvrage comprend des cartes éclairantes et des photos. Sa chronologie révèle les temps forts sur ces terres où aucun aéroport ne se fera. Son fil rouge rappelle qu’ici on habite en luttant et inversement.

Habiter en lutte. Zad de Notre-Dame-des-Landes. Quarante ans de résistance, de auteur, éditions Le Passager clandestin, mars 2019, 256 p., 20 €

vendredi 7 décembre 2018

11 technologies alternatives pour vivre en totale autonomie

Bon, dans la case :
je commence le changement par moi-même.
ou par nous-mêmes disons, parce que pour les grincheux, l'autonomie ça n'a rien à voir avec l'autarcie,
l'autonomie c'est plutôt la reconnaissance de l'interdépendance avec la rivière et la colline, avec micheline et jacques, avec l'abeille et la bactérie (lire "Jamais seuls").
C'est le chemin pour libérer les 400 esclaves énergétiques (par personne) qui bossent pour nous jour et nuit (et finissent donc en CO2 dans l'atmosphère et en accélération vertigineuse de la prédation des ressources du monde, et aussi de nos vies - chais pas si vous aviez remarqué le côté accélération ?!).
C'est aussi le chemin pour recroiser ses voisins plus souvent et faire des trucs de la vie ensemble, à proximité, sans passer forcément par l'argent, donc par le travail salarié tout ça tout ça... je dis ça je dis rien
Et ça n'empêche pas de faire de la politique ! Ah mince, c'est déjà politique de créer des modes de vie ?
Non !? Je croyais que politique c'était tout ce qui n'est pas personnel, c'était seulement des longues réunions, des opinions contre d'autres opinions qui s'écoutent pas, des programmes, des tracts, des élections, des assemblées de mecs vieux-blancs-riches qui ont les réponses pour la vie des autres, des grandes institutions compliquées qui ne savent plus pourquoi (pour qui !!!) elles ont été créées au début...
Mais alors si ça se trouve, sortir dans la rue pour dire "merde c'est dur, on sait pas trop mais on sent que ça va pas, on veut se croiser et se tenir chaud... et puis on trouvera peut être un truc...", ça pourrait être politique aussi ?!



https://boutique.kaizen-magazine.com/hors-serie/331-lot-autonomie.html?fbclid=IwAR2zY4ypn1lfFDxZV8Y-Jx-4Pa_Fowo6pDzie0SXFgWI5mkoS1fRKnZWbB8 

vendredi 1 juillet 2016

Film : Ici, ailleurs... la terre qui nous nourrit

Dans le cadre de son partenariat Access to Land, Terre de Liens est co-producteur du film Ici, ailleurs... la terre qui nous nourrit, réalisé par Julio Molina Montenegro. Ce road-movie documentaire suit l’itinéraire de Gavin, jeune maraîcher bio anglais qui travaille dans une ferme du sud de l’Angleterre.
Confronté à la perte de ses terres agricoles, Gavin prend conscience de la difficulté de trouver des terres pour développer des projets d’agriculture de proximité comme le sien. Il part alors à la rencontre d’autres fermiers européens qui ont eux aussi lutté pour trouver des terres et les conserver dans la durée. Gavin découvre ainsi des organisations qui se mobilisent pour préserver les terres nourricières et faciliter l’installation d’une nouvelle génération d’agriculteurs.



 Introduction très concrète à la question de l’accès à la terre en Europe, Ici, ailleurs... la terre qui nous nourrit offre le panorama d’un mouvement en émergence qui voit fermiers, citoyens et organisations de la société civile s’unir pour préserver des terres pour une agriculture et une alimentation de proximité et de qualité.

Informations pratiques :
- Durée : 34 minutes
- Langue originale : Anglais
- Versions sous-titrées : Français - prochainement : Espagnol, Catalan, Italien, Roumain et Allemand
- Distribué sous licence Creative Commons Licence Attribution-Non Commercial-Share Alike 2.0
- Téléchargez la plaquette de présentation

Comment voir et partager le film ?
Regardez et partagez le film autant que vous le voulez !
- Regardez le film en ligne - en français (ci-dessus) ou en anglais. Plus de versions sous-titrées seront prochainement sur le site Access to Land
- Le film sera prochainement disponible en téléchargement, via le site Access to Land
- Partagez vos commentaires sur le film sur twitter : #landforourfood
- Partagez et likez sur Facebook

Documents joints

Plaquette "Ici, ailleurs... la terre qui nous nourrit" (1.2 Mo)

mardi 27 octobre 2015

Obsolescence programmée: le rapport oublié

Source : JDLE
Association HOP

Le gouvernement a tout simplement oublié de présenter les rapports, prévus par la loi Consommation, sur les possibilités d’extension de la durée de vie des produits et sur l’obsolescence programmée, relève ce 26 octobre l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP).


...
Un nouveau délit d’obsolescence programmée depuis cet été
En attendant une réponse de la part de la secrétaire d’État à la Consommation, à qui a été transmise cette question écrite, rappelons qu’un nouveau délit d’obsolescence programmée est entré en vigueur cet été, suite à la promulgation de la loi sur la croissance verte. Tout fabricant qui userait de techniques visant à « réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement » peut dorénavant être traduit devant la justice sur le fondement du nouvel article L.213-4-1 du Code de la consommation. La sanction encourue ? Une peine de deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. L’addition peut même atteindre 5 % du chiffre d’affaires moyen annuel de l’entreprise épinglée, dès lors que les « avantages tirés du manquement » dépassent les 300 000 euros.
Ces dispositions ont toutefois laissé beaucoup d’observateurs dubitatifs, dans la mesure où il risque d’être très compliqué de prouver devant les tribunaux  – notamment via des expertises  – qu’un fabricant a sciemment raboté la durée de vie d’un de ses produits (smartphone, imprimante, tablette…). Peut-être qu’un rapport détaillé sur ce sujet qui prête à de nombreuses controverses aurait été utile aux débats parlementaires ?

mardi 9 décembre 2014

Etats-Unis: quand le Shale Boom fera pschitt

Source : JDLE

Aux Etats-Unis, l’industrie du gaz de schiste pourrait voir son optimisme rapidement douché. Selon une étude de l’université du Texas, les réserves pourraient s’assécher bien avant que ne le prédit l’EIA.


«Pour le gaz naturel, l’EIA [service de statistiques du département américain à l’énergie] n’a aucun doute: la production continuera à augmenter sans interruption jusqu’en 2040», prévoyait en 2013 son directeur Adam Sieminski. Le virus de l’optimisme a contaminé jusqu’à Barack Obama, selon qui les Etats-Unis «disposent de réserves de gaz naturel qui peuvent durer environ 100 ans», déclarait-il en 2012 dans son discours sur l’état de l’Union.
Pas si vite, tempère le journaliste américain Mason Inman dans un article publié par Nature. Menée par une équipe de géologues, d’ingénieurs pétroliers et d’économistes de l’université du Texas à Austin, une nouvelle analyse met sérieusement en doute ces prévisions.
Défaut majeur des travaux de l’EIA, ils reposent sur une évaluation géographique très grossière, avec une évaluation des réserves par comté. Or ceux-ci, dépassant fréquemment les 1.000 km2, peuvent abriter plusieurs milliers de puits. Les chercheurs texans ont quant à eux mené un travail plus fin, avec des mailles de seulement un mile carré (environ 2,5 km2).
«La résolution est une question importante car tout bassin de gaz de schiste possède des points riches, ainsi que de larges zones moins productives. Or les compagnies ciblent d’abord ces ‘sweet spots’, de telle manière que les futurs puits seront bien moins productifs que les actuels. Le modèle de l’EIA repose sur l’idée que les futurs puits seront au moins aussi productifs que ceux du passé dans un même comté», explique Mason Inman.
Une baisse rapide après 2020
Selon l’EIA, les quatre principaux bassins américains de gaz de schiste (Marcellus, Barnett, Fayetteville, Haynesville- devraient voir leur production augmenter jusqu’en 2020, puis connaître un plateau. Ils seraient alors relayés par d’autres bassins, ce qui expliquerait une production américaine en hausse jusqu’en 2040.
Or pour les chercheurs texans, la production des 4 bassins va certes augmenter jusqu’en 2020, mais rapidement décroître après cela, en raison de l’épuisement des points les plus intéressants. Une fois sortie de leur parenthèse Shale Boom, «les Etats-Unis vont connaître un réveil difficile», estime Tad Patzek, qui dirige le département du pétrole et d’ingénierie des géosystèmes à l’université du Texas.
Les prix du gaz repartiront rapidement à la hausse, avec le risque que le pays se retrouve avec plus de véhicules et d’usines fonctionnant au gaz qu’il ne peut en alimenter. Ce qui, à terme, pourrait avoir des effets déplorables sur l’économie américaine.
Avant même d’avoir connu leur Shale Boom, d’autres pays commencent à douter de leurs chances. Mi-novembre, le conseil des académies des sciences européennes (EASAC) mettait en doute le potentiel du Vieux continent en la matière. Et plusieurs pays pourtant bien dotés, dont la Chine, le Mexique et l’Afrique du Sud, pourraient avoir bien du mal à l’extraire, faute de ressources suffisantes en eau.

vendredi 28 mars 2014

Compostage: les meilleures pratiques des collectivités

Source : JDLE

Alors que le compostage des déchets reste marginal en France, comme au sein de l’UE, l’association européenne ACR+ vient de publierune étude décryptant les solutions à la portée de toutes les collectivités, en fonction de leurs coûts et de leurs résultats. Mode d’emploi.
L’enquête d’Eurostat publiée en début de semaine l’a rappelé. Le compostage reste faible dans l’Hexagone, ne touchant que 16% des déchets municipaux. Pour rejoindre ses voisins européens, comme l’Autriche (34% compostés), les Pays-Bas (26%) ou la Belgique (21%), la France a pourtant l’embarras du choix.

L’étude d’ACR+[1] décrypte les 6 formules favorisant ce mode de traitement, depuis le composteur de la cuisine jusqu’à la collecte séparée dans l’agglomération. Un mode d’emploi destiné avant tout aux collectivités, qui ont définitivement les cartes en main pour réduire l’enfouissement des déchets organiques sur leur territoire.

UN EUROPÉEN EN PRODUIT 200 KG PAR AN
Selon les régions, les déchets alimentaires et les déchets verts pèsent de 22 à 49% du poids des poubelles municipales. Dans les régions méditerranéennes, où l’alimentation est plus riche en fruits et légumes, les emballages et les encombrants moins nombreux, cette part peut même atteindre 70% des poubelles.

En moyenne, les déchets organiques représentent 37% des déchets municipaux européens [2]. Un Européen en produit en moyenne 200 kilogrammes chaque année (entre 30 et 90 kg de déchets alimentaires, le reste étant constitué de déchets verts).

Collectée et traitée, cette manne permet pourtant de réduire les émissions de GES (en détournant les volumes enfouis), pour un coût évalué par ACR+ entre 40 et 178 euros la tonne (valeur médiane 82 €/t). A noter que la gestion des déchets alimentaires s’avère plus élevée que celle des déchets (70 €/t contre 31 €/t).

A LA MAISON OU DANS LE QUARTIER?
Facile et rapide à mettre en place, le compostage domestique ou de proximité a déjà été choisi par de nombreuses collectivités. Ici, une collectivité distribue gratuitement des composteurs aux familles et les sensibilise. Ailleurs, un composteur collectif est géré à l’échelle d’un quartier, d’un village, d’un immeuble. Un phénomène en pleine expansion en France, avec au moins 200 collectivités selon le Centre national d’information indépendante sur les déchets (Cniid). Ce déploiement reste encore loin des performances réalisées en Allemagne, en Belgique ou en Autriche.

Le compostage à domicile permet de capter de 50 à 162 kg par habitant et par an de déchets alimentaires et de 22 à 73 kg/hab/an de déchets verts. Une solution particulièrement bon marché, puisque le coût médian s’élève à 32€/t. Plus cher, le compostage partagé revient à environ 93€/t, selon ACR+.

Dans la région des Flandres, par exemple, 42% des foyers sont aujourd’hui équipés d’un composteur à domicile. 67% d’entre eux bénéficient par ailleurs d’une collecte sélective de biodéchets. Résultat: environ 100.000 t de déchets sont détournés, chaque année, des décharges et des usines d’incinération.

LES DÉCHETS VERTS MIS À PART
La collecte et le compostage municipal des déchets verts permettent aussi de réduire l’enfouissement. Pour un coût compris entre 36 €/t et 70 €/t (compostage compris), cette activité permet de détourner de 60 à 90 kg/hab/an de déchets organiques.

A Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, environ 1.650 t de déchets verts provenant de jardins publics et professionnels sont collectés chaque année. Le compost, qui comporte moins d’1% d’impuretés, est ensuite vendu aux jardineries. Cette solution, qui vise des déchets spécifiques, peut être associée au développement du compostage domestique.

LES ÉTABLISSEMENTS SE MOBILISENT
Troisième formule: le compostage institutionnel. Il s’agit des installations déployées au sein des écoles, universités, hôpitaux, hôtels, restaurants, commerces et marchés alimentaires. Les collectes varient fortement selon les acteurs: jusqu’à 3 t par employé et par an pour les restaurants, ou jusqu’à 800 t/an pour les commerces.

Logiquement, les coûts font aussi le yo-yo (entre 55€/t et 237 €/t) avec une valeur médiane de 94€/t. Comme pour le compostage domestique, environ 72% des déchets alimentaires peuvent y être compostés. Les déchets de viandes, de poissons, les graisses et les liquides en sont exclus.

De nombreuses initiatives existent en Europe. L’école suédoise Folkhogschool, servant 400 repas par jour, composte désormais 13,5 t de déchets organiques par an (coût de l’investissement: 13.000 €).

Une formule alternative lui est associée: le compostage hors-site. Dans ce cas, l’établissement recourt aux services d’une entreprise extérieure ou d’une collecte municipale, pour un coût logiquement plus élevé, de 152 €/t. C’est le choix opéré par 4 écoles d’Alban (Tarn), dont les déchets alimentaires sont collectés par le syndicat intercommunal puis sont envoyés dans une installation de compostage.


LA COLLECTE SÉPARÉE GÉNÉRALISÉE AU SEIN D’UNE COLLECTIVITÉ
Comme de nombreuses associations environnementales -dont le Centre d’information indépendante sur les déchets-, ACR+ préconise la collecte séparée de biodéchets. Efficace pour réduire largement l’enfouissement des déchets organiques, elle permet de diminuer les émissions de GES tout en favorisant la production d’un compost de qualité pour les terres agricoles.

Ce dispositif permet de collecter de 25 à 145 kg/hab/an de déchets organiques pour un coût oscillant entre 79 et 272 €/t, et une médiane de 152 €/t. Rarissime en France (elle ne concerne que 3% de la population, dont l’agglomération de Pau), elle a souffert du développement du tri-mécano-biologique (TMB), pourtant générateur de compostats riches en métaux lourds, en verre et en matières plastiques. ACR+ rappelle que le TMB se résume encore trop souvent en «un pré-traitement avant l’enfouissement». Son coût reste d’ailleurs élevé: entre 140 et 197 €/t.

Ailleurs en Europe, la collecte sélective des biodéchets a changé d’échelle. Environ 74% des municipalités espagnoles l’ont adoptée, comme près de 60% des ménages allemands, environ 80% des foyers autrichiens, et 53% des familles britanniques.

Convaincante, ACR+ observe que la mise en place d’une collecte séparée des biodéchets n’augmente pas les dépenses de la collectivité lorsqu’elle réduit la collecte des ordures résiduelles. En résumé: les ménages doivent aussi jouer le jeu, en triant leurs biodéchets à la source.



[1] Association des villes et des régions pour le recyclage et l’utilisation durable des ressources
[2] L’étude est basée sur l’UE à 15